Le PIB, la mesure de la croissance et les indicateurs alternatifs
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 5 « Économie contemporaine », partie 4 « Identifier les enjeux de la croissance économique », sous-partie 4.1 « Mesurer la croissance économique et ses limites ».
Pourquoi c'est central à l'examen : l'écrit de 4 h repose sur un dossier documentaire et une question problématisée. Presque tout dossier contient un taux de croissance, un PIB en volume ou un indicateur de développement : il faut savoir le lire, le comparer et en montrer les limites. La question « le PIB mesure-t-il la richesse ou le bien-être ? » est un grand classique.
À retenir
Règle de ce kit : tout chiffre réel est donné avec sa date et sa source, car l'économie périme par ses chiffres et non par ses mécanismes. Les économies appelées « fictives » servent uniquement à s'entraîner à la méthode.
01Le PIB : notion et trois approches
1.1 Définition
Le produit intérieur brut (PIB) mesure la valeur des biens et des services produits sur un territoire, pendant une période donnée, par les unités résidentes, sans compter deux fois les biens qui servent à produire d'autres biens.
| Mot | Sens |
|---|---|
| Produit | Ce qui est produit dans l'année : un flux, pas un stock de richesse accumulée |
| Intérieur | Produit sur le territoire, quelle que soit la nationalité des propriétaires (le revenu national brut s'intéresse aux revenus des résidents, où qu'ils soient produits) |
| Brut | Avant déduction de l'usure du capital fixe (la consommation de capital fixe) |
Le PIB se calcule de trois façons qui donnent le même résultat : c'est une identité comptable.
1.2 Approche par la production
On part de la valeur ajoutée (VA) de chaque branche (production moins consommations intermédiaires, voir le cours 01), puis on ajoute les impôts liés aux produits et on retire les subventions sur les produits, car ils séparent le prix payé par l'acheteur du prix reçu par le producteur.
PIB = somme des valeurs ajoutées brutes + impôts sur les produits - subventions sur les produits
1.3 Approche par les revenus
Toute valeur ajoutée est distribuée sous forme de revenus (répartition primaire, voir le cours 01) :
PIB = rémunération des salariés + excédent brut d'exploitation et revenu mixte + impôts sur la production et les importations - subventions
1.4 Approche par les dépenses
On additionne les emplois finals de la production nationale :
PIB = consommation finale + formation brute de capital fixe + variation de stocks + exportations - importations
| Approche | Question posée | Agent mis en avant |
|---|---|---|
| Production | Qui produit, dans quelles branches ? | Entreprises, administrations |
| Revenus | Qui perçoit la valeur créée ? | Salariés, entreprises, État |
| Dépenses | Qui achète, pour quel usage ? | Ménages, administrations, entreprises, reste du monde |
À retenir
En pratique : les statisticiens calculent les trois approches et les rapprochent. À l'examen, on attend de savoir reconnaître l'approche à partir des postes cités, puis de retrouver le PIB.
02L'équilibre emplois-ressources
2.1 Écriture
Une économie dispose de ressources (ce qu'elle produit plus ce qu'elle importe) qu'elle affecte à des emplois (ce qu'elle consomme, investit, stocke ou exporte) :
PIB + importations = consommation finale + FBCF + variation de stocks + exportations
Le programme impose de distinguer la consommation finale des ménages de celle des administrations publiques (APU).
| Poste | Contenu |
|---|---|
| Consommation finale des ménages | Achats de biens et services pour satisfaire des besoins : alimentation, logement, transports, loisirs |
| Consommation finale des APU | Services fournis par l'État, les collectivités locales et la Sécurité sociale : une part collective (défense, justice, sécurité) et une part individualisable (éducation, santé) ; ces services non marchands sont évalués à leur coût de production |
| Consommation finale des institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM) | Services des associations, syndicats, fondations |
| FBCF (formation brute de capital fixe) | Achats d'actifs durables par les entreprises, les ménages (logement) et les APU (machines, bâtiments, logiciels, recherche) |
| Variation de stocks | Matières, produits en cours et finis stockés moins déstockés : peut être négative |
| Exportations et importations | Ventes et achats de biens et de services avec le reste du monde ; leur différence est le solde extérieur |
2.2 Lecture
- La demande intérieure regroupe consommation finale, FBCF et stocks ; le solde extérieur (exportations moins importations) s'y ajoute.
- Un solde extérieur négatif signifie que l'économie consomme et investit plus qu'elle ne produit : elle absorbe la production du reste du monde.
- Les contributions à la croissance découpent un taux de croissance en points imputés à chaque poste. Par exemple, l'INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) indique pour le deuxième trimestre 2026 une contribution du commerce extérieur de +0,6 point (Informations rapides n° 212, 28 août 2026).
03PIB en valeur, en volume, taux de croissance
3.1 Valeur et volume
- PIB en valeur (à prix courants) : mesuré aux prix de la période ; il augmente quand les quantités et les prix augmentent.
- PIB en volume (à prix constants, ou « chaînés » en comptabilité nationale) : corrige l'effet des prix pour ne garder que l'évolution des quantités. C'est lui qui sert à parler de croissance économique.
- Déflateur du PIB : indice de prix implicite du PIB.
Déflateur = (PIB en valeur / PIB en volume) x 100
La croissance en valeur se décompose en croissance en volume et hausse des prix :
(1 + taux en valeur) = (1 + taux en volume) x (1 + variation du déflateur)
3.2 Les différents taux de croissance
| Notion | Définition | Usage |
|---|---|---|
| Croissance annuelle (en moyenne annuelle) | Niveau moyen de l'année N rapporté à celui de N-1 | Chiffre « officiel » de l'année |
| Variation trimestrielle | Niveau du trimestre rapporté à celui du trimestre précédent | Suivi de la conjoncture |
| Glissement annuel | Niveau du trimestre rapporté au même trimestre un an avant | Tendance, indépendant de la saison |
| Acquis de croissance | Croissance annuelle qui serait obtenue si le PIB restait, jusqu'à la fin de l'année, au niveau du dernier trimestre connu | Mesure l'héritage des trimestres passés |
À retenir
Le même chiffre peut être révisé : l'INSEE a ainsi publié la croissance de 2024 à +1,5 % dans les comptes de la Nation de mai 2026, alors que des publications antérieures donnaient +1,1 % ou +1,2 %. Il faut donc toujours citer le millésime de publication.
3.3 Pourquoi le volume ne suffit pas
Le PIB en volume ne dit rien du pouvoir d'achat : si les prix importés montent plus vite que les prix exportés, une même production permet d'acheter moins. L'INSEE prévoit ainsi un recul du pouvoir d'achat des ménages de 0,4 % en 2026 (Note de conjoncture, 10 septembre 2026), alors que le PIB devrait progresser de 0,4 %.