Économie DCG (UE5) : Croissance et régulation publique

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L'Union européenne : fonctionnement, compétences, subsidiarité et proportionnalité

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 5 « Économie contemporaine », partie 5 « Analyser la régulation publique », sous-partie 5.1 « Présenter les rôles de l'État et les différents niveaux de l'action publique ».

Pourquoi c'est central à l'examen : la régulation publique se joue désormais à plusieurs niveaux. Un dossier sur la concurrence, le budget, la monnaie ou le climat demande d'identifier l'institution européenne qui décide et la compétence mobilisée. Les principes de subsidiarité et de proportionnalité sont cités nommément au programme.

À retenir

Limite du programme : définition et fonctionnement de l'Union européenne, avec ses institutions et deux principes (subsidiarité, proportionnalité). L'analyse des règles budgétaires est au cours 22, la politique monétaire au cours 23, le budget de l'Union au cours 24.

01L'Union européenne : définition et construction

L'Union européenne (UE) est une union d'États souverains qui ont transféré certaines compétences à des institutions communes, dans le cadre de traités. Elle compte 27 États membres depuis le départ du Royaume-Uni le 31 janvier 2020.

ÉtapeContenu
1957 : traité de RomeCréation de la Communauté économique européenne et d'un marché commun
1992 : traité de MaastrichtUnion européenne, union économique et monétaire, critères de convergence
2009 : traité de LisbonneInstitutions actuelles, fonctionnement de l'Union (traité sur l'Union européenne, traité sur le fonctionnement de l'Union européenne)

Les degrés d'intégration économique

DegréContenuExemple
Zone de libre-échangeSuppression des droits de douane entre membresAccords commerciaux
Union douanièreTarif extérieur communPolitique commerciale de l'Union
Marché uniqueLibre circulation des biens, services, capitaux et personnesMarché intérieur
Union économique et monétaire (UEM)Monnaie unique et coordination des politiques économiquesZone euro

La zone euro compte 21 membres depuis l'entrée de la Bulgarie le 1er janvier 2026 (taux de conversion de 1,95583 lev pour un euro). Sur 27 États membres, 21 partagent la monnaie unique, soit environ 78 %. Source : Banque de France, « La Bulgarie rejoint la zone euro ».

02Les institutions et leur rôle

InstitutionCompositionRôle économique
Conseil européenChefs d'État ou de gouvernementDonne les orientations politiques ; ne légifère pas
Conseil de l'Union européenneMinistres des États membresLégislateur avec le Parlement ; coordonne les politiques économiques ; adopte des recommandations et ouvre les procédures (déficit excessif)
Commission européenneCollège de commissairesPropose les textes (initiative législative), veille au respect des traités, applique le droit de la concurrence, exécute le budget
Parlement européenDéputés élus au suffrage universel directColégislateur et autorité budgétaire avec le Conseil ; contrôle la Commission
Cour de justice de l'Union européenneJugesAssure le respect et l'interprétation uniforme du droit de l'Union
Banque centrale européenne (BCE)Directoire et gouverneurs des banques centrales nationales de la zone euroDéfinit la politique monétaire de la zone euro, indépendante (cours 23)

La procédure législative ordinaire : la Commission propose, le Parlement européen et le Conseil adoptent conjointement. Les actes pris sont des règlements (obligatoires et directement applicables), des directives (fixent un objectif que chaque État transpose dans son droit national) ou des décisions.

À retenir

La Cour des comptes européenne, septième institution de l'Union (article 13 du traité sur l'Union européenne), contrôle l'usage des fonds de l'Union ; elle n'est pas détaillée dans ce cours.

03Les compétences de l'Union

Le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne répartit les compétences entre l'Union et les États membres :

CatégorieRègleDomaines (exemples)
Exclusives (article 3)Seule l'Union peut légiférerUnion douanière, règles de concurrence du marché intérieur, politique monétaire des États de la zone euro, politique commerciale commune
Partagées (article 4)L'Union et les États légifèrent ; les États n'agissent que si l'Union n'a pas agiMarché intérieur, cohésion économique et sociale, agriculture et pêche, environnement, transports, énergie, protection des consommateurs
D'appui, de coordination ou de complément (article 6)L'Union soutient l'action des États sans la remplacerSanté humaine, industrie, culture, tourisme, éducation et formation professionnelle, jeunesse, sport, protection civile

S'y ajoute la coordination des politiques économiques des États (article 5), qui explique les règles budgétaires étudiées au cours 22.

04Subsidiarité et proportionnalité

Ces deux principes figurent à l'article 5 du traité sur l'Union européenne.

PrincipeDéfinitionQuestion à se poser
SubsidiaritéDans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, l'Union n'intervient que si les objectifs ne peuvent pas être atteints de manière suffisante par les États (aux niveaux central, régional ou local) et peuvent l'être mieux au niveau de l'UnionLe problème dépasse-t-il le niveau national ? L'action commune apporte-t-elle une valeur ajoutée ?
ProportionnalitéL'action de l'Union ne doit pas excéder ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs des traitésLa mesure est-elle la moins contraignante possible pour atteindre le but ?

Les parlements nationaux veillent au respect de la subsidiarité et la Cour de justice contrôle le respect des deux principes.

À retenir

Ces principes servent d'argument : on les mobilise pour justifier qu'une règle soit européenne (dimension transfrontalière) ou, à l'inverse, nationale (adaptation aux réalités locales).

05L'Union économique et monétaire : une construction asymétrique

La zone euro réunit une politique monétaire unique (BCE) et des politiques budgétaires nationales coordonnées par des règles européennes (cours 22). Cette asymétrie explique la place des règles : sans possibilité de dévaluer, les États doivent coordonner leurs budgets pour éviter qu'un endettement excessif d'un membre ne fragilise les autres.

Exemples corrigés

Cas 1 (cas fictifs) : subsidiarité et proportionnalité

On soumet trois projets hypothétiques au test européen.

ProjetCompétenceSubsidiaritéProportionnalitéConclusion
Normes de sécurité communes pour les jouets vendus dans tous les États membresPartagée (marché intérieur)Les États, seuls, créeraient des règles divergentes qui entravent la circulation des produits : l'action européenne est plus efficaceUne directive fixant des exigences essentielles est suffisanteEuropéen
Contenu des programmes de l'école primaireD'appui (éducation)Les besoins sont locaux et culturels : les États sont mieux placésNon pertinentNational
Plafond d'émissions de gaz à effet de serre applicable à l'industriePartagée (environnement)Les émissions franchissent les frontières : une action isolée est insuffisanteUn plafond avec échange de quotas est moins contraignant qu'une interdictionEuropéen

À retenir

Le test porte d'abord sur la compétence (qui peut agir), puis sur la subsidiarité (qui doit agir), enfin sur la proportionnalité (avec quelle intensité).

Cas 2 : mini-dossier documentaire sur les institutions à l'œuvre

Document 1. Contrôle juridictionnel. Le 10 septembre 2024, la Cour de justice de l'Union européenne confirme l'amende de 2,42 milliards d'euros infligée en 2017 par la Commission à un moteur de recherche pour avoir favorisé son comparateur de prix (abus de position dominante). Le même jour, elle confirme la décision de la Commission de 2016 qualifiant d'aides d'État des avantages fiscaux accordés par l'Irlande à un groupe informatique (13 milliards d'euros), annulée par le Tribunal en 2020 (affaire C-465/20 P). Sources : actu-juridique.fr, concurrences.com, curia.europa.eu.

Document 2. Régulation des marchés numériques. Le 23 avril 2025, la Commission adopte ses premières décisions de non-conformité au règlement (UE) 2022/1925 (règlement sur les marchés numériques) : amendes de 500 millions d'euros pour Apple et de 200 millions d'euros pour Meta. Source : concurrences.com (n° 9-2025).

Document 3. Un accord commercial devant le Parlement. Le 21 janvier 2026, le Parlement européen vote par 334 voix contre 324, avec 11 abstentions, la saisine de la Cour de justice pour avis sur l'accord avec le Mercosur ; le Parlement doit attendre l'avis de la Cour avant de se prononcer sur l'accord. La saisine ne bloque pas l'application provisoire de l'accord commercial intérimaire, en vigueur depuis le 1er mai 2026 avec l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. Sources : presse (Le Club des juristes, La Libre, L'Avenir) ; Commission européenne, représentation en France, 27 avril 2026.

Document 4. Procédure de déficit excessif. Le 26 juillet 2024, le Conseil de l'Union européenne ouvre une procédure de déficit excessif contre la France (article 126, paragraphe 6, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne). Source : Conseil de l'Union européenne (ST 5033/25).

Questions et réponses rédigées

1. Associez chaque document à une institution et à une compétence.

DocumentInstitutionCompétence
1Commission (décision), Cour de justice (contrôle)Exclusive (règles de concurrence du marché intérieur)
2CommissionMarché intérieur, concurrence
3Parlement européen, Cour de justiceCommerciale commune (exclusive)
4ConseilCoordination des politiques économiques (article 5)

2. Que montre le Document 1 sur l'équilibre des pouvoirs ? La Commission décide, mais ses décisions sont soumises au contrôle du juge : le Tribunal avait annulé la décision sur les aides d'État irlandaises en 2020 ; la Cour l'a finalement confirmée en 2024. Le droit de l'Union s'impose aux États comme aux entreprises.

3. Quel est le poids du vote du Document 3 ? 334 voix contre 324 : un écart de 10 voix sur 669 votants (abstentions incluses), soit 50,8 % des suffrages exprimés hors abstentions. Une majorité étroite a suffi à saisir la Cour, ce qui retarde le vote final sur l'accord.

4. Pourquoi la procédure de déficit excessif est-elle ouverte par le Conseil et non par la Commission ? La Commission propose et surveille, mais la décision d'ouvrir la procédure appartient au Conseil, qui représente les États (l'article 126, paragraphe 6, lui en donne le pouvoir). C'est un exemple de coordination budgétaire entre États (cours 22).

Cas 3 : plan détaillé de question problématisée

Sujet : « Comment l'Union européenne répartit-elle l'action publique entre ses institutions et les États membres ? »

Introduction

  • Accroche : le 21 janvier 2026, une majorité de 10 voix suffit au Parlement européen pour saisir la Cour de justice sur un accord commercial majeur.
  • Définitions : Union européenne, compétences exclusives, partagées, d'appui ; subsidiarité, proportionnalité.
  • Problématique : comment se répartissent les pouvoirs entre institutions européennes et États membres, et selon quels principes ?
  • Annonce : un système institutionnel à pouvoirs partagés (I), une répartition encadrée par des principes (II).

I. Des institutions aux rôles complémentaires

  • A. Orientations et législation : Conseil européen, Commission (initiative), Parlement et Conseil (procédure législative ordinaire). Illustration : règlement (UE) 2024/1263 sur la coordination des politiques économiques.
  • B. Exécution et contrôle : Commission (concurrence, amendes du 23 avril 2025), Cour de justice (arrêts du 10 septembre 2024), BCE (monnaie).

II. Une répartition des compétences encadrée par des principes

  • A. Trois catégories de compétences (articles 3, 4 et 6) et coordination des politiques économiques (article 5).
  • B. Subsidiarité et proportionnalité (article 5 du traité sur l'Union européenne) : l'Union n'agit que si elle est plus efficace et sans excès ; limites : zones de flou, conflits d'interprétation, nécessité de la coordination dans la zone euro (21 membres au 1er janvier 2026).

Conclusion : l'Union fonctionne par partage de compétences encadré par des principes qui visent l'efficacité sans dépossession des États. Ouverture : cette organisation conditionne l'encadrement des budgets nationaux (cours 22).

Cas 4 : note à un décideur

Situation. Le dirigeant d'une PME agroalimentaire exportatrice souhaite comprendre l'état de l'accord avec le Mercosur avant d'investir.

Note rédigée. « La politique commerciale est une compétence exclusive de l'Union : ce sont les institutions européennes et non la France seule qui décident. Le 21 janvier 2026, le Parlement européen a voté, par 334 voix contre 324, la saisine de la Cour de justice pour avis. Le vote final du Parlement doit attendre cet avis, qui peut prendre un à deux ans. Mais la saisine ne suspend pas l'application provisoire : l'accord commercial intérimaire s'applique depuis le 1er mai 2026 avec l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay (Commission européenne, 27 avril 2026). Je recommande d'intégrer dès maintenant dans votre budget les baisses de droits de douane déjà applicables à vos produits et la concurrence accrue sur le marché européen, tout en prévoyant un scénario de remise en cause si l'avis de la Cour était négatif. »

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
Union européenneUnion de 27 États membres fondée sur des traités
Zone euroÉtats ayant adopté l'euro : 21 membres depuis le 1er janvier 2026
Conseil européenChefs d'État ou de gouvernement, orientations politiques
Conseil de l'Union européenneMinistres des États, législateur avec le Parlement
Compétence exclusive / partagée / d'appuiTrois catégories de répartition des pouvoirs
SubsidiaritéL'Union n'agit que si elle est plus efficace que les États
ProportionnalitéL'action de l'Union ne dépasse pas ce qui est nécessaire
Règlement / directiveActe directement applicable / acte fixant un objectif à transposer

Points clés à retenir

  1. L'Union compte 27 États membres ; la zone euro, 21 depuis le 1er janvier 2026.
  2. Six institutions utiles à l'analyse économique, sur les sept que compte l'Union (article 13 du traité sur l'Union européenne) : Conseil européen, Conseil de l'Union, Commission, Parlement, Cour de justice, BCE ; la septième est la Cour des comptes européenne.
  3. La Commission propose, le Parlement et le Conseil décident, la Cour contrôle.
  4. Trois catégories de compétences : exclusives, partagées, d'appui.
  5. Subsidiarité (agir au bon niveau) et proportionnalité (agir sans excès) : article 5 du traité sur l'Union européenne.
  6. La zone euro combine une monnaie unique et des budgets nationaux coordonnés.

Pièges fréquents

  1. Écrire « zone euro à 20 membres » : elle en compte 21 depuis le 1er janvier 2026.
  2. Confondre Conseil européen et Conseil de l'Union européenne : le premier ne légifère pas.
  3. Dire que la Commission « vote » les lois : elle propose et exécute.
  4. Confondre règlement et directive : un règlement s'applique directement, une directive doit être transposée.
  5. Inverser subsidiarité et proportionnalité : la première concerne le niveau d'action, la seconde l'intensité.
  6. Attribuer à l'Union une compétence exclusive en matière de santé ou d'éducation : elle n'a qu'une compétence d'appui.
  7. Citer l'annulation de 2020 comme état du droit dans l'affaire irlandaise : la Cour l'a annulée et a confirmé la décision de la Commission le 10 septembre 2024.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Combien d'États compte l'Union européenne et la zone euro ? R : 27 États membres depuis le départ du Royaume-Uni (31 janvier 2020) et 21 membres de la zone euro depuis l'entrée de la Bulgarie le 1er janvier 2026.

Q : Quel est le rôle de la Commission européenne ? R : Elle propose les textes législatifs, veille au respect des traités, applique notamment le droit de la concurrence et exécute le budget.

Q : Quelle différence entre compétence exclusive, partagée et d'appui ? R : Dans une compétence exclusive, seule l'Union légifère (union douanière, concurrence du marché intérieur, politique monétaire de la zone euro, politique commerciale). Dans une compétence partagée, l'Union et les États agissent (marché intérieur, environnement, agriculture). Dans une compétence d'appui, l'Union soutient les États sans les remplacer (santé, éducation, industrie).

Q : Que signifie le principe de subsidiarité ? R : Dans les domaines non exclusifs, l'Union n'intervient que si les objectifs ne peuvent pas être atteints de façon suffisante par les États et peuvent l'être mieux au niveau européen (article 5 du traité sur l'Union européenne).

Q : Et la proportionnalité ? R : L'action de l'Union ne doit pas excéder ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs des traités.

Q : Pourquoi les États de la zone euro coordonnent-ils leurs budgets ? R : Parce qu'ils partagent une monnaie unique : un endettement excessif d'un État peut fragiliser l'ensemble. La coordination des politiques économiques relève de l'article 5 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (règles étudiées au cours 22).

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