Économie DCG (UE5) : Emploi, inégalités et mondialisation

Tout le programme DCG, déjà prêt à réviser

Fiches, quiz, flashcards et infographies déjà créés, avec un tuteur IA. Paiement unique, dès 29 €.

Voir les packs DCG

Les causes du chômage : conjoncturel et structurel, classique et keynésien

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 5 « Économie contemporaine », partie 6 « Analyser les déséquilibres sociaux et leur régulation », sous-partie 6.1 « Analyser le marché du travail et ses déséquilibres ».

Pourquoi c'est central à l'examen : « analyser les causes structurelles et conjoncturelles du chômage » est une compétence explicite. À l'écrit de 4 h, un dossier chiffré sur le chômage appelle presque toujours une lecture à deux grilles (néoclassique et keynésienne) et une question problématisée sur les remèdes. Ce cours donne ces deux grilles.

Les chiffres sont datés et sourcés (état au 1er octobre 2026) et servent d'illustration des mécanismes.

À retenir

Le programme précise que le chômage conjoncturel ou structurel, classique ou keynésien, est présenté à partir des analyses néoclassique et keynésienne. Hors programme UE 5 : modèles formalisés, courbe de Phillips développée.

01Deux classements du chômage

1.1 Conjoncturel et structurel

Chômage conjoncturelChômage structurel
OrigineFluctuation de l'activité : ralentissement ou récessionFonctionnement durable du marché du travail et de l'économie
DuréeIl recule quand l'activité reprendIl persiste même quand l'activité est bonne
Exemples de causesBaisse de la demande, des commandes, des investissementsInadéquation des qualifications, frictions d'appariement, coût du travail, institutions, mutations technologiques
Remède dominantSoutien de la demandeFormation, réformes du marché du travail, mobilité

Le chômage frictionnel est le plus souvent rattaché au chômage structurel (certaines présentations en font une catégorie distincte) : il tient au temps nécessaire pour qu'une personne trouve un emploi et qu'une entreprise trouve un candidat (information imparfaite, déménagements, délais de recrutement). Un peu de frictions est normal, même en bonne conjoncture.

1.2 Classique et keynésien

Chômage classiqueChômage keynésien
AnalyseNéoclassiqueKeynésienne
CauseUn salaire réel trop élevé par rapport à la productivité : les entreprises demandent moins de travail que les ménages n'en offrentUne insuffisance de la demande effective : les entreprises produisent moins faute de débouchés et embauchent moins
Nature du chômageLié au niveau du salaire réel : il disparaîtrait si le salaire pouvait baisser jusqu'à l'équilibre ; Keynes (1936) range dans le chômage « volontaire » des classiques celui qui naît des règles collectives (salaire minimum, négociation)Involontaire : des personnes voudraient travailler au salaire en vigueur, et même à un salaire réel plus bas, et ne trouvent pas d'emploi
RemèdeBaisser le coût du travail, assouplir les rigidités (salaire minimum, indemnisation, protection de l'emploi)Relancer la demande (dépense publique, investissement, soutien du revenu)

À retenir

Les deux classements ne se recouvrent pas parfaitement, mais se rapprochent : le chômage classique est le plus souvent présenté comme structurel, le chômage keynésien comme conjoncturel. À énoncer comme une tendance, pas comme une équivalence.

02L'analyse néoclassique du chômage

2.1 Le mécanisme

Dans le cadre néoclassique, le salaire réel s'ajuste pour égaliser offre et demande de travail. Il n'y a pas de chômage involontaire durable si les prix et les salaires sont flexibles. Le chômage apparaît quand quelque chose empêche l'ajustement :

  • un salaire minimum supérieur au salaire d'équilibre ;
  • une négociation collective qui maintient les salaires au-dessus de l'équilibre ;
  • une indemnisation qui relève le salaire à partir duquel un chômeur accepte un emploi ;
  • des charges et des contraintes qui augmentent le coût du travail ;
  • des coûts d'embauche et de licenciement qui freinent les recrutements.

2.2 Les causes structurelles dans cette lecture

  • Inadéquation des qualifications : les compétences offertes ne correspondent pas à celles demandées (le chômage coexiste avec des emplois vacants).
  • Frictions : information imparfaite, mobilité géographique limitée.
  • Institutions : plancher de salaire, règles de licenciement, protection sociale.

2.3 Les remèdes

Flexibilité des salaires, baisse du coût du travail, formation, simplification des règles : l'objectif est de rapprocher le salaire de l'équilibre et d'améliorer l'appariement.

03L'analyse keynésienne du chômage

3.1 La demande effective

Pour Keynes (Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie, 1936), le niveau d'emploi dépend de la demande effective, c'est-à-dire de la demande que les entreprises anticipent pour leurs produits. Si cette demande est insuffisante, elles produisent moins, embauchent moins et il existe un chômage involontaire : le salaire n'est pas en cause.

3.2 Pourquoi une baisse des salaires ne suffit pas

  • Les salaires sont rigides à la baisse (contrats, négociation).
  • Surtout, un salaire est aussi un revenu : baisser les salaires partout diminue la consommation, donc les débouchés, donc l'emploi. Ce qui est vrai pour une entreprise isolée (baisser son coût) ne l'est pas pour l'ensemble de l'économie.

3.3 Le multiplicateur

Une variation de la dépense autonome (investissement, dépense publique) provoque une variation plus que proportionnelle de la production : chaque euro dépensé devient un revenu, dont une partie est de nouveau dépensée. Plus la part du revenu consommée est forte, plus l'effet multiplicateur est grand.

3.4 Les remèdes

Relance par la dépense publique, l'investissement, le soutien des revenus. Limite à signaler : la relance a un coût budgétaire et son efficacité dépend du contexte (ouverture de l'économie, niveau de la dette, chocs d'offre). Voir le cours 22 sur la soutenabilité de la dette.

04Lire une situation datée : chômage et chocs

Un même épisode peut mêler plusieurs causes. Méthode : repérer la nature du choc (de demande, d'offre, institutionnel), rapprocher l'évolution de l'activité et celle du chômage, conclure avec prudence (aucun document seul ne prouve une cause).

Type de chocEffet sur l'emploiLecture dominante
Baisse de la demande (ralentissement)Chômage conjoncturelKeynésienne
Hausse du coût du travail non compensée par la productivitéChômage classiqueNéoclassique
Choc d'offre (coût de l'énergie, rupture d'approvisionnement)Hausse des coûts, baisse de la production, effet mixteLes deux grilles
Changement technologique, mutation sectorielleChômage structurel (qualifications)Néoclassique et structurelle

Exemples corrigés

Cas 1 : mini-dossier, la France entre ralentissement et choc énergétique

Document 1. Croissance du PIB en volume : +1,5 % en 2024 (révisée), +0,8 % en 2025 (INSEE, « Les comptes de la Nation en 2025 », 29 mai 2026). En 2026 : −0,2 % au 1er trimestre, +0,0 % au 2e trimestre (INSEE, Informations rapides n° 212, 28 août 2026). Prévision de l'INSEE : +0,4 % en 2026 (Note de conjoncture, 10 septembre 2026).

Document 2. Chômage au sens du BIT : 8,3 % au 2e trimestre 2026 (+0,7 point sur un an), prévision de l'INSEE de 8,6 % fin 2026 (INSEE, Informations rapides n° 192, 7 août 2026, et Note de conjoncture du 10 septembre 2026).

Document 3. Choc énergétique : guerre au Proche-Orient déclenchée en mars 2026, blocage du détroit d'Ormuz (environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux) ; Brent à 63,1 ∗∗enmoyenneau4etrimestre2025et∗∗96,6** en moyenne au 4e trimestre 2025 et **96,6 au 2e trimestre 2026 (INSEE, Note de conjoncture, 10 septembre 2026). Situation évolutive : donnée datée.

Document 4. Inflation (INSEE) : +0,9 % en moyenne annuelle en 2025 ; +3,0 % sur un an en septembre 2026 (estimation provisoire), tirée par l'énergie. Smic revalorisé de 2,41 % au 1er juin 2026.

Questions et réponses

Q1. Quelles données soutiennent une lecture keynésienne ? Le ralentissement de l'activité (documents 1) accompagne une hausse du chômage (document 2) : la production croît peu ou diminue, les entreprises recrutent moins. C'est le signe d'un chômage conjoncturel, compatible avec une insuffisance de demande. Un taux de croissance de +0,0 % au 2e trimestre 2026 (INSEE) est un indice, non une preuve.

Q2. Peut-on expliquer ce chômage par un salaire trop élevé (lecture classique) ? Les documents ne le montrent pas : aucun ne compare les salaires à la productivité. On sait seulement que le Smic a été revalorisé par indexation (document 4), ce qui protège le pouvoir d'achat mais peut aussi accroître le coût des emplois peu qualifiés. Pour conclure, il faudrait comparer l'évolution des coûts salariaux à celle de la productivité. La lecture classique est possible mais non établie par le dossier.

Q3. Quel rôle joue le choc énergétique ? Il agit par l'offre : hausse des coûts de production et des prix (document 4), pression sur les marges et le pouvoir d'achat. Il peut freiner l'activité et relancer l'inflation à la fois : aucune grille unique ne suffit. Une politique de relance de la demande aggraverait l'inflation, une politique de rigueur aggraverait le chômage : c'est le dilemme du dossier.

Q4. Le chômage de 8,3 % est-il conjoncturel ou structurel ? On ne peut pas le décider avec ce dossier. Un chômage est conjoncturel s'il recule avec la reprise, structurel s'il persiste en reprise. Un indice : la part des chômeurs depuis au moins un an (671 000 au 2e trimestre 2026, INSEE) signale un risque de chômage de longue durée, que la reprise absorbe plus difficilement.

Cas 2 : deux lectures d'un même chômage (cas fictif)

Cas entièrement fictif, en milliers de personnes, pour montrer la logique des deux analyses. Les équations ne servent qu'à fabriquer les chiffres : aucun calcul d'équilibre n'est attendu à l'examen (hors programme UE 5).

Lecture classique. Demande de travail : D = 100 − 2w ; offre de travail : O = 20 + 4w (w : salaire horaire en euros).

SituationSalaire wDemandeOffreChômage (O − D)
Équilibre13,3373,373,30
Plancher fixé à 1616,0068,084,016,0

Un plancher de 16 € au-dessus de l'équilibre (13,33 €) supprime 5,3 milliers d'emplois en demande et attire 10,7 milliers de personnes de plus : le chômage classique est de 16 milliers.

Lecture keynésienne. Les ménages consomment 80 % de leur revenu supplémentaire : le multiplicateur vaut 1 / (1 − 0,8) = 5. Une baisse de l'investissement de 10 millions d'euros réduit la production de 10 × 5 = 50 millions d'euros. Si chaque emploi correspond à 0,5 million d'euros de production, la perte est de 100 emplois. Ici, ce n'est pas le salaire qui est en cause, mais le niveau de la demande.

Cas 3 : plan détaillé d'une question problématisée

Sujet : « Faut-il relancer la demande ou réduire le coût du travail pour lutter contre le chômage ? »

Problématique : les remèdes dépendent de la nature du chômage ; comment savoir lequel s'applique et peut-on les combiner ?

I. Deux diagnostics, deux remèdes

  • Chômage classique : salaire réel trop élevé, rigidités ; remèdes de flexibilité et de baisse du coût du travail (analyse néoclassique).
  • Chômage keynésien : demande effective insuffisante ; relance par la dépense publique et le multiplicateur (Keynes, 1936).
  • Illustration datée : ralentissement et hausse du chômage en France en 2025 et 2026 (INSEE).

II. Des limites propres à chaque remède

  • Baisser les salaires partout réduit aussi la demande ; la relance a un coût budgétaire (dette de 119,0 % du PIB à la fin du 2e trimestre 2026, INSEE) et ne règle pas l'inadéquation des qualifications.
  • Un choc d'offre (énergie, 2026) rend les deux grilles insuffisantes.

III. Combiner selon la nature et la durée du chômage

  • Conjoncturel : soutien de la demande, de façon temporaire.
  • Structurel : formation, accompagnement, mobilité (cours 28).
  • Un diagnostic précis (comparaison des coûts salariaux et de la productivité, durée du chômage) conditionne la politique.

Conclusion : aucun remède unique ; la nature du chômage commande l'instrument.

Note au décideur

À l'attention du directeur général d'un groupe de distribution : « L'INSEE prévoit une croissance de 0,4 % en 2026 et un chômage de 8,6 % en fin d'année (note du 10 septembre 2026) : un contexte de demande atone. Prévoyez des recrutements prudents, étalés, sur les fonctions critiques, et investissez dans la formation interne pour ne pas subir un retournement. Les prévisions se révisent : actualisez-les à chaque publication. »

Vocabulaire essentiel

  • Chômage conjoncturel : lié aux fluctuations de l'activité.
  • Chômage structurel : persistant, lié au fonctionnement du marché du travail.
  • Chômage frictionnel : temps de recherche et d'appariement.
  • Chômage classique : dû à un salaire réel trop élevé.
  • Chômage keynésien : dû à une insuffisance de la demande effective.
  • Chômage involontaire : personnes disposées à travailler au salaire en vigueur sans emploi.
  • Demande effective : demande anticipée par les entreprises, qui détermine la production et l'emploi.
  • Multiplicateur : effet amplifié d'une variation de la dépense autonome sur la production.
  • Inadéquation des qualifications : écart entre compétences offertes et demandées.
  • Choc d'offre : variation des coûts de production touchant l'ensemble de l'économie.

Points clés à retenir

  1. Le chômage conjoncturel suit le cycle d'activité ; le chômage structurel persiste en reprise.
  2. Le chômage classique vient d'un salaire réel trop élevé (analyse néoclassique), le chômage keynésien d'une insuffisance de demande effective (Keynes, 1936).
  3. Le chômage frictionnel est le plus souvent rattaché au chômage structurel (convention, certaines présentations en font une catégorie distincte).
  4. Remèdes néoclassiques : flexibilité, coût du travail, formation ; remèdes keynésiens : dépense publique, soutien de la demande.
  5. Baisser les salaires est efficace pour une entreprise isolée, pas nécessairement pour l'économie entière : les salaires sont aussi des revenus.
  6. Un choc d'offre, comme celui de l'énergie en 2026, mêle ralentissement et inflation.
  7. Aucun chiffre isolé ne prouve une cause : croiser croissance, coûts salariaux, durée du chômage.
  8. En France, 8,3 % de chômage au 2e trimestre 2026 pour une croissance de +0,0 % (INSEE).

Pièges fréquents

  1. Faire coïncider mécaniquement « classique et structurel », « keynésien et conjoncturel » : c'est une tendance.
  2. Prêter à Keynes une citation inventée : s'en tenir aux idées (demande effective, multiplicateur) et à l'œuvre de 1936.
  3. Attribuer le chômage au Smic sans comparer salaires et productivité.
  4. Confondre chômage involontaire et chômage « volontaire » : le premier est un concept keynésien précis.
  5. Oublier le coût budgétaire de la relance.
  6. Utiliser une prévision comme un fait : écrire « l'INSEE prévoit ... (note du 10 septembre 2026) ».
  7. Ignorer les chocs d'offre : ils ne se lisent pas avec la seule grille de la demande.
  8. Développer la courbe de Phillips ou des modèles mathématiques : hors programme UE 5.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Quelle est la différence entre chômage conjoncturel et structurel ? R : Le premier suit le cycle d'activité et recule avec la reprise ; le second persiste même en bonne conjoncture, à cause des qualifications, des frictions ou des institutions.

Q : Qu'est-ce que le chômage classique ? R : Un chômage dû à un salaire réel supérieur à celui qui égaliserait offre et demande de travail : les entreprises demandent moins de travail que les ménages n'en offrent. Les remèdes visent à rapprocher le salaire de l'équilibre.

Q : Qu'est-ce que le chômage keynésien ? R : Un chômage involontaire dû à une demande effective insuffisante : faute de débouchés, les entreprises produisent et embauchent moins. Il se traite par la relance de la demande.

Q : Pourquoi baisser tous les salaires ne règle-t-il pas le chômage selon Keynes ? R : Parce que les salaires sont aussi des revenus : une baisse généralisée réduit la consommation, donc les débouchés et l'emploi.

Q : Comment lire le dossier de 2026 sur le chômage ? R : Un ralentissement (+0,0 % au 2e trimestre 2026) et un chômage en hausse (8,3 %, INSEE) appuient une lecture conjoncturelle et keynésienne, mais le choc énergétique est un choc d'offre. On conclut avec prudence en rappelant que les données ne comparent pas salaires et productivité.

Q : Que signifie « multiplicateur » ? R : L'effet amplifié d'une variation de la dépense autonome sur la production : chaque dépense devient un revenu, dont une partie est de nouveau dépensée. Plus la propension à consommer est forte, plus il est élevé.

Tu as lu le cours. Passe maintenant à la pratique :

Économie DCG (UE5) : Emploi, inégalités et mondialisation

Ajoute gratuitement le Kit à ton espace, puis utilise tes jetons pour générer un quiz, créer des flashcards ou poser tes questions au Tuteur IA.

Quiz, flashcards et fiches déjà prêts

Voir les packs DCG