Économie DCG (UE5) : Emploi, inégalités et mondialisation

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La mondialisation, la régionalisation et la balance des transactions courantes

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 5 « Économie contemporaine », partie 7 « Identifier les effets et les enjeux de la mondialisation des économies », sous-partie 7.1 « Apprécier les transformations du commerce mondial ».

Pourquoi c'est central à l'examen : le programme demande d'interpréter les soldes de la balance des transactions courantes et le taux d'ouverture, et d'étudier la régionalisation à partir de l'Union européenne. Un dossier de l'écrit de 4 h contient souvent un tableau de balance des paiements ou de commerce extérieur : il faut savoir lire chaque solde, distinguer les sources et conclure sur la situation extérieure d'un pays.

Les chiffres sont datés et sourcés (état au 1er octobre 2026). Les cas de calcul sont fictifs.

01Les dimensions de la mondialisation

La mondialisation désigne l'intensification de l'intégration des économies, des sociétés et des marchés à l'échelle du monde. Le programme en distingue quatre dimensions.

DimensionDéfinitionExemple
InternationalisationDéveloppement des échanges de biens et de services entre économies nationales, qui restent distinctesHausse du commerce international, exportations et importations
TransnationalisationOrganisation de la production par des firmes dans plusieurs pays, au-delà des frontières nationalesFirmes multinationales, filiales à l'étranger (cours 32)
Globalisation financièreIntégration des marchés de capitaux : libre circulation des capitaux, placements à l'échelle mondialeMarchés des changes, flux de portefeuille
Globalisation de l'informationCirculation instantanée de l'information, des idées, des modes de consommation grâce aux technologies numériquesRéseaux sociaux, médias mondiaux, commerce en ligne

À retenir

Nuance de vocabulaire : l'internationalisation suppose des économies qui échangent, la globalisation une économie de plus en plus unifiée (marchés financiers et information).

02La régionalisation : le cas de l'Union européenne

2.1 Définition

La régionalisation est l'intensification des échanges et de l'intégration entre pays proches ou liés par des accords. Elle coexiste avec la mondialisation : une part importante du commerce de chaque pays se fait avec ses voisins.

2.2 Les degrés d'intégration régionale

DegréContenuCas de l'Union européenne
Zone de libre-échangeSuppression des droits de douane entre les membres, chacun gardant sa politique commercialeÉtape initiale
Union douanièreZone de libre-échange plus un tarif douanier extérieur communPolitique commerciale commune de l'UE
Marché uniqueUnion douanière plus libre circulation des biens, services, capitaux et personnesMarché unique européen
Union économique et monétaire (UEM)Marché unique plus coordination des politiques économiques et monnaie uniqueZone euro

L'Union européenne compte 27 États membres ; la zone euro compte 21 membres depuis l'entrée de la Bulgarie le 1er janvier 2026 (Banque de France).

2.3 Effets de la régionalisation

  • Création de commerce : les échanges entre membres se développent, le pays se spécialise.
  • Détournement de commerce : un partenaire de la zone remplace un fournisseur extérieur plus efficace, mais pénalisé par un droit de douane (cours 35).
  • Taille de marché : économies d'échelle, concurrence accrue.
  • Rôle de l'euro : disparition du risque de change entre membres.

03La polarisation du commerce international

Le commerce mondial est inégalement réparti :

  • Concentration des échanges autour de pôles (Amérique du Nord, Europe, Asie de l'Est) ;
  • forte part des échanges de biens manufacturés et de services entre pays développés et avec les grands pays émergents ;
  • marginalisation des pays les moins avancés, dont les exportations restent concentrées sur quelques matières premières ;
  • échanges intra-régionaux importants (Europe, Asie de l'Est).

À retenir

Pas de données chiffrées ici : si le dossier en fournit, nommer la source, l'année et l'unité (valeur, volume).

04La balance des transactions courantes

4.1 Structure

La balance des paiements retrace les opérations entre les résidents d'un pays et le reste du monde. Sa première partie, la balance (ou compte) des transactions courantes, comprend quatre soldes.

SoldeContenuExemples
BiensExportations moins importations de marchandisesAutomobiles, énergie, produits agricoles
ServicesExportations moins importations de servicesTourisme, transport, services numériques
Revenus primairesRevenus du travail et du capital perçus ou versés à l'étrangerDividendes, intérêts, salaires de frontaliers
Revenus secondairesTransferts courants sans contrepartieEnvois de fonds des migrants, aide internationale, contribution au budget de l'UE

Solde des transactions courantes = solde des biens + solde des services + revenus primaires + revenus secondaires.

4.2 Interprétation

  • Excédent : le pays reçoit du reste du monde plus qu'il ne lui verse ; il prête au reste du monde (capacité de financement vis-à-vis de l'extérieur).
  • Déficit : le pays dépense à l'extérieur plus qu'il ne reçoit ; il doit emprunter ou céder des actifs (besoin de financement).
  • Un déficit n'est pas toujours grave : il dépend de son niveau, de sa durée, de son financement et de ce qui le provoque (investissement productif ou consommation).

4.3 Ne pas confondre

Balance commercialeSolde des transactions courantes
ContenuBiens (parfois biens et services)Biens, services, revenus primaires et secondaires
Source en FranceDouanes (exportations et importations évaluées FAB, franco à bord, c'est-à-dire à la frontière du pays exportateur)Banque de France (balance des paiements)
RemarqueLe solde des biens de la balance des paiements diffère du solde douanier (conventions différentes)Plus large

05Le taux (ou degré) d'ouverture

Le taux d'ouverture mesure l'importance du commerce extérieur dans l'économie. Deux formules usuelles :

FormuleCalcul
Moyenne des exportations et importations rapportée au PIB[(X + M) / 2] / PIB
Somme rapportée au PIB(X + M) / PIB

(X : exportations de biens et services ; M : importations de biens et services.) Préciser la formule utilisée : le résultat double d'une formule à l'autre.

Interprétation : un taux élevé traduit une forte dépendance à la demande et à l'offre extérieures (exposition aux chocs extérieurs), mais aussi l'insertion dans les échanges. Les petits pays sont souvent plus ouverts que les grands, dont le marché intérieur est vaste. Le taux de couverture (X / M) compare exportations et importations : inférieur à 100 %, le pays importe plus qu'il n'exporte.

À retenir

Ouverture ne signifie pas libre-échange : un pays peut commercer beaucoup tout en protégeant certaines activités (cours 34).

Exemples corrigés

Cas 1 : mini-dossier, la situation extérieure de la France en 2025

Document 1. Balance des transactions courantes de la France (Banque de France, rapport annuel 2025 de la balance des paiements, 8 juillet 2026) : déficit de 11,6 milliards d'euros en 2025, soit 0,4 % du PIB (déficit de 9,3 en 2024) ; solde des biens −58,0 ; solde des services +45,4 ; prévision de la Banque de France : −0,6 % du PIB en 2026 (hausse de la contribution au budget de l'UE).

Document 2. Balance commerciale de biens selon les douanes (FAB / FAB) : −69,2 milliards d'euros en 2025, après −79,3 en 2024 et −98,4 en 2023 ; facture énergétique ramenée de 55,4 à 44,2 milliards d'euros (douane.gouv.fr, résultats annuels 2025, février 2026).

Document 3. Contribution du commerce extérieur à la croissance du PIB en 2025 : −0,2 point (INSEE, « Les comptes de la Nation en 2025 », 29 mai 2026, Insee Première n° 2105).

Document 4. Dette publique fin 2025 : 3 460,5 milliards d'euros, 115,7 % du PIB (INSEE, comptes de la Nation, 29 mai 2026).

Questions et réponses

Q1. Quel est le solde des transactions courantes et que contient-il ? −11,6 milliards d'euros en 2025, soit 0,4 % du PIB (document 1). Il comprend les biens (−58,0), les services (+45,4), les revenus primaires et secondaires.

Q2. Que peut-on déduire des revenus primaires et secondaires ? Biens et services donnent −58,0 + 45,4 = −12,6. Le solde courant étant de −11,6, les revenus primaires et secondaires ont ensemble un solde d'environ +1,0 milliard (déduction à partir du document 1, confirmée par la Banque de France, qui publie un solde des revenus de +1,0 milliard). Le dossier ne détaille pas leur composition : on ne peut pas dire lequel des deux est positif. Le document 1 cite seulement la contribution au budget de l'UE (revenus secondaires) comme facteur de la dégradation prévue en 2026.

Q3. Pourquoi les chiffres −58,0 (document 1) et −69,2 (document 2) diffèrent-ils pour les biens ? Les deux concernent les biens, mais selon des conventions différentes (douanes d'un côté, balance des paiements de l'autre). On nomme toujours la source : on ne les mélange pas.

Q4. Dans quelle proportion l'excédent des services compense-t-il le déficit des biens ? Les services (+45,4) compensent 78 % du déficit des biens (45,4 / 58,0 ≈ 0,78) : l'excédent de services ne suffit pas à équilibrer les biens.

Q5. Quelle part du PIB représentent ces soldes ? Le PIB de 2025 en valeur est de 2 991,1 milliards d'euros (INSEE, Insee Première n° 2105, 29 mai 2026) ; on le retrouve à partir du document 4 (3 460,5 / 1,157 ≈ 2 991). Le déficit courant représente −11,6 / 2 991 ≈ −0,39 % (cohérent avec les −0,4 % publiés) et le déficit commercial douanier −69,2 / 2 991 ≈ −2,3 %. Valeurs calculées pour illustration : le dossier fournit les pourcentages officiels.

Q6. Comment interpréter le document 3 ? En 2025, les échanges extérieurs ont freiné la croissance (−0,2 point) : les importations ont progressé alors que certaines exportations reculaient (INSEE). Le commerce extérieur peut soutenir ou freiner la croissance selon l'année : il était favorable en 2023 et 2024 (INSEE).

Cas 2 : calcul des soldes et du taux d'ouverture (pays fictif)

Pays fictif « Béta », en milliards d'euros. Exportations de biens : 400 ; importations de biens : 440 ; exportations de services : 120 ; importations de services : 100 ; solde des revenus primaires : +30 ; solde des revenus secondaires : −22 ; PIB : 1 800.

SoldeCalculRésultat
Biens400 − 440−40
Services120 − 100+20
Revenus primaires
+30
Revenus secondaires
−22
Transactions courantes−40 + 20 + 30 − 22−12
Solde courant en % du PIB−12 / 1 800−0,67 %
IndicateurCalculRésultat
Exportations de biens et services (X)400 + 120520
Importations de biens et services (M)440 + 100540
Taux d'ouverture [(X + M) / 2] / PIB530 / 1 80029,4 %
Taux d'ouverture (X + M) / PIB1 060 / 1 80058,9 %
Taux de couverture des biens400 / 44090,9 %
Taux de couverture biens et services520 / 54096,3 %

Lecture : Béta a un déficit courant modéré (0,67 % du PIB) ; il est surtout dû aux biens et aux transferts, partiellement compensés par les services et les revenus du capital. Un taux d'ouverture de 29,4 % (première formule) indique une économie assez ouverte. Données fictives.

Cas 3 : plan détaillé d'une question problématisée

Sujet : « Mondialisation et régionalisation : deux mouvements contradictoires ? »

Problématique : l'intégration régionale freine-t-elle ou prolonge-t-elle la mondialisation des échanges ?

I. Une mondialisation à plusieurs dimensions

  • Internationalisation, transnationalisation, globalisation financière et de l'information.
  • Polarisation du commerce autour de grands pôles.

II. La régionalisation, un approfondissement de l'intégration

  • Degrés d'intégration, illustrés par l'UE : zone de libre-échange, union douanière, marché unique, UEM (zone euro à 21 membres depuis le 1er janvier 2026).
  • Création et détournement de commerce.

III. Lire la situation extérieure d'un pays dans ce contexte

  • Transactions courantes : soldes, déficit de 11,6 milliards d'euros (0,4 % du PIB) de la France en 2025 (Banque de France).
  • Taux d'ouverture et dépendance extérieure.
  • Interprétation prudente : un déficit se juge par son niveau, son financement et sa cause.

Conclusion : régionalisation et mondialisation s'articulent ; la lecture des soldes extérieurs en montre les effets.

Note au décideur

À l'attention d'un directeur général d'une entreprise exportatrice française : « Le déficit courant de la France a été de 11,6 milliards d'euros en 2025 (0,4 % du PIB, Banque de France), avec un excédent des services (+45,4) et un déficit des biens (−58,0). Votre secteur de biens est donc exposé à la concurrence importée, alors que les services résistent. Diversifiez vos débouchés et sécurisez vos approvisionnements. Ne tirez pas de ces chiffres un pronostic : suivez les publications trimestrielles. »

Vocabulaire essentiel

  • Internationalisation : développement des échanges entre économies nationales.
  • Transnationalisation : organisation de la production par des firmes à l'échelle de plusieurs pays.
  • Globalisation financière : intégration des marchés de capitaux.
  • Régionalisation : intégration accrue entre pays proches ou liés par des accords.
  • Union douanière : libre-échange entre membres et tarif extérieur commun.
  • Union économique et monétaire (UEM) : marché unique, coordination des politiques économiques et monnaie unique.
  • Balance des transactions courantes : biens, services, revenus primaires et secondaires.
  • Revenu primaire / secondaire : revenus du travail et du capital / transferts courants.
  • Taux d'ouverture : poids du commerce extérieur dans le PIB.
  • Taux de couverture : rapport entre exportations et importations.
  • Polarisation du commerce : concentration des échanges autour de quelques pôles.

Points clés à retenir

  1. Quatre dimensions de la mondialisation : internationalisation, transnationalisation, globalisation financière, globalisation de l'information.
  2. La régionalisation s'étudie à partir de l'Union européenne : libre-échange, union douanière, marché unique, UEM.
  3. L'UE compte 27 membres ; la zone euro 21 depuis le 1er janvier 2026 (Banque de France).
  4. Le solde des transactions courantes = biens + services + revenus primaires + revenus secondaires.
  5. Un déficit courant se juge par son niveau, son financement et sa cause.
  6. Le taux d'ouverture se calcule avec une formule à préciser ; il mesure la dépendance extérieure.
  7. En France en 2025 : transactions courantes −11,6 milliards d'euros (−0,4 % du PIB), biens −58,0, services +45,4 (Banque de France).
  8. Le solde commercial douanier (−69,2) et le solde des biens de la balance des paiements (−58,0) diffèrent : citer la source.

Pièges fréquents

  1. Confondre balance commerciale et balance des transactions courantes.
  2. Mélanger douanes et Banque de France pour les biens.
  3. Oublier de préciser la formule du taux d'ouverture : elle change le résultat.
  4. Considérer tout déficit courant comme alarmant.
  5. Confondre internationalisation et globalisation.
  6. Confondre union douanière et marché unique : la première fixe un tarif extérieur commun, le second ajoute la libre circulation des facteurs.
  7. Écrire « 20 membres » pour la zone euro : 21 depuis le 1er janvier 2026.
  8. Traiter un solde de revenus secondaires comme du commerce : ce sont des transferts sans contrepartie.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Quelles sont les dimensions de la mondialisation ? R : L'internationalisation (échanges), la transnationalisation (firmes multinationales), la globalisation financière (marchés de capitaux) et la globalisation de l'information.

Q : Pourquoi étudie-t-on la régionalisation à partir de l'Union européenne ? R : Parce que le programme la retient comme cas : l'UE illustre les degrés d'intégration (zone de libre-échange, union douanière, marché unique, union économique et monétaire).

Q : Que contient la balance des transactions courantes ? R : Le solde des biens, des services, des revenus primaires (travail et capital) et des revenus secondaires (transferts courants).

Q : Que signifie un déficit courant de 0,4 % du PIB ? R : Le pays a dépensé à l'extérieur un peu plus qu'il n'a reçu, pour 0,4 % de son PIB (cas de la France en 2025, Banque de France). Il le finance par l'emprunt ou la cession d'actifs. Ce niveau est modéré.

Q : Comment calcule-t-on le taux d'ouverture ? R : Par [(exportations + importations) / 2] / PIB, ou par (exportations + importations) / PIB selon la formule retenue, qu'il faut préciser. Il mesure la dépendance de l'économie au commerce extérieur.

Q : Pourquoi les soldes des biens des douanes et de la Banque de France diffèrent-ils ? R : Les conventions de mesure ne sont pas les mêmes : en 2025, −69,2 milliards d'euros pour les douanes et −58,0 pour la balance des paiements. On cite toujours la source.

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