La loi : élaboration, entrée en vigueur, loi impérative et loi supplétive
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 1 « Fondamentaux du droit », partie 1 « Appréhender le contexte juridique en vigueur en droit privé », sous-partie 1.1 « Rechercher les règles applicables à la situation du client ».
Pourquoi c'est central à l'examen : savoir si une loi est en vigueur à la date des faits, et si les parties peuvent l'écarter par contrat, conditionne presque toutes les réponses d'un cas pratique. Le programme demande de comprendre l'utilité pratique de la procédure, non de faire du droit parlementaire détaillé.
01Pourquoi connaître la procédure d'élaboration
Un conseil doit pouvoir répondre à trois questions : le texte est-il définitif (ou encore en discussion) ? Est-il publié ? À partir de quand s'applique-t-il ? La procédure d'élaboration permet de situer un texte dans son cycle de vie et d'éviter de conseiller un client sur la base d'un projet.
02La procédure d'élaboration de la loi
2.1 L'initiative
L'initiative des lois appartient concurremment au Premier ministre et aux membres du Parlement (Constitution, art. 39).
| Projet de loi | Proposition de loi | |
|---|---|---|
| Auteur | Gouvernement (Premier ministre) | Députés ou sénateurs |
| Avis du Conseil d'État | Obligatoire : le projet est délibéré en conseil des ministres après avis du Conseil d'État | Facultatif : le président de l'assemblée peut le demander, avant l'examen en commission, sauf si l'auteur s'y oppose |
| Dépôt | Sur le bureau de l'une des deux assemblées (Assemblée nationale ou Sénat) | Idem |
Les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale sont soumis en premier lieu à l'Assemblée nationale (art. 39).
2.2 L'examen : commissions, navette, commission mixte paritaire
- Le texte est étudié en commission (groupe de parlementaires spécialisés), qui l'amende, puis débattu en séance publique.
- Il est examiné successivement dans les deux assemblées, en vue de l'adoption d'un texte identique : c'est la navette (art. 45). Un amendement est recevable en première lecture s'il présente un lien, même indirect, avec le texte.
- En cas de désaccord après deux lectures par chaque assemblée (ou une seule lecture si le Gouvernement a engagé la procédure accélérée), le Premier ministre peut provoquer la réunion d'une commission mixte paritaire (composée de députés et de sénateurs) chargée de proposer un texte commun sur les points en discussion (art. 45).
- Si la commission mixte échoue, le Gouvernement peut, après une nouvelle lecture dans chaque assemblée, demander à l'Assemblée nationale de statuer définitivement : c'est le « dernier mot » (art. 45).
À retenir
Pour comprendre l'actualité : l'article 49, alinéa 3, permet au Premier ministre d'engager la responsabilité du Gouvernement sur un projet de loi de finances ou de financement de la sécurité sociale, et, en outre, sur un autre texte par session. Le texte est alors considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures, est votée. Le détail de la procédure parlementaire est hors programme UE 1.
2.3 Le contrôle éventuel du Conseil constitutionnel
Avant la promulgation, la loi peut être déférée au Conseil constitutionnel par le Président de la République, le Premier ministre, les présidents des deux assemblées ou soixante députés ou soixante sénateurs (art. 61). La saisine suspend le délai de promulgation. Ce contrôle est repris au cours 03.
2.4 La promulgation
Le Président de la République promulgue la loi dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée (art. 10). Il peut, avant l'expiration de ce délai, demander au Parlement une nouvelle délibération, qui ne peut être refusée. La promulgation est l'acte par lequel le chef de l'État atteste que la loi est définitivement adoptée et ordonne qu'elle soit exécutée. Ne pas la confondre avec la publication.
2.5 La publication et l'entrée en vigueur
La loi est publiée au Journal officiel de la République française. Elle entre en vigueur, selon l'article 1er du code civil :
- à la date qu'elle fixe elle-même ;
- ou, à défaut, le lendemain de sa publication ;
- toutefois, lorsque certaines dispositions nécessitent des mesures d'application (un décret, par exemple), leur entrée en vigueur est reportée à la date d'entrée en vigueur de ces mesures ;
- en cas d'urgence, la loi entre en vigueur dès sa publication si le décret de promulgation le prescrit.
À retenir
Application dans le temps : les règles nouvelles s'appliquent pour l'avenir. Exemple : l'ordonnance du 10 février 2016 sur les contrats est entrée en vigueur le 1er octobre 2016 et la loi de ratification du 20 avril 2018 pour ses modifications de fond le 1er octobre 2018 ; les contrats conclus avant le 1er octobre 2016 restent régis par l'ancien droit.