Du résultat comptable au résultat fiscal d'une entreprise individuelle au réel
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 4 « Droit fiscal », partie 2 « Conduire les obligations fiscales du cycle d'exploitation d'une entreprise », sous-partie 2.2 « Déterminer le résultat imposable dans le cadre des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et mesurer les impacts sur l'entité et les personnes physiques liées ».
Pourquoi c'est central à l'examen : le tableau de passage du résultat comptable au résultat fiscal est la figure imposée de l'épreuve de 3 h. Le candidat doit lister des réintégrations et des déductions, les justifier en une phrase, calculer le résultat fiscal, puis en tirer une conséquence pour le dirigeant.
01Le principe du passage
Le résultat fiscal n'est pas le résultat comptable. La comptabilité mesure la performance de l'entreprise selon le plan comptable général (PCG) ; le droit fiscal détermine l'assiette de l'impôt selon ses propres règles. Les deux s'écartent dès qu'une règle fiscale refuse la déduction d'une charge, exonère un produit, ou décale dans le temps une prise en compte.
Le passage s'effectue hors comptabilité, par des retraitements extra-comptables :
| Étape | Mouvement | Sens |
|---|---|---|
| Point de départ | Résultat comptable de l'exercice (bénéfice ou perte) | |
| Réintégrations | Charges comptabilisées mais non déductibles ; produits imposables non comptabilisés | On ajoute |
| Déductions | Produits comptabilisés mais non imposables ; charges déductibles non comptabilisées | On retranche |
| Résultat | Résultat fiscal (bénéfice ou déficit) |
La liasse du régime réel normal présente ce tableau dans l'imprimé 2058-A ; au régime simplifié, il figure dans l'imprimé 2033-B. On les lit et on les exploite, on ne les remplit pas ligne à ligne de mémoire.
À retenir
Formule à retenir : résultat fiscal = résultat comptable + réintégrations − déductions.
02Les produits imposables et non imposables
2.1 La règle générale
Tout ce que l'entreprise gagne à l'occasion de son activité est en principe imposable : ventes, prestations, produits accessoires, produits financiers, produits exceptionnels. Le résultat comptable de l'exercice contient donc l'essentiel de la base.
2.2 Les déductions pour produits non imposables
Un produit comptabilisé peut ne pas être imposable pour deux raisons :
- Il a déjà été imposé : la reprise d'une provision qui n'avait pas été déduite lors de sa constitution est un produit comptable, mais il serait absurde de le taxer une seconde fois. On la déduit extra-comptablement.
- Un régime de faveur ou un décalage le prévoit : certaines plus-values (cours 16), l'étalement d'un produit, etc.
Le raisonnement est symétrique pour la charge : une charge n'est déductible que si elle n'a pas déjà été refusée.
03Les charges déductibles et non déductibles
3.1 Les conditions de déductibilité d'une charge
Pour être déductible, une charge doit remplir toutes les conditions suivantes :
- être engagée dans l'intérêt de l'exploitation (ou se rattacher à la gestion normale de l'entreprise) ;
- correspondre à une charge effective et être appuyée de justificatifs ;
- se rattacher à l'exercice au cours duquel elle est comptabilisée (principe d'indépendance des exercices) ;
- ne pas être exclue par un texte.
3.2 La spécificité de l'entreprise individuelle : confusion entre l'homme et l'entreprise
Dans l'entreprise individuelle, l'exploitant n'est pas un salarié et l'entreprise n'a pas de personnalité distincte. Les règles suivantes en découlent.
| Élément | Traitement fiscal | Justification |
|---|---|---|
| Prélèvements de l'exploitant | Non déductibles (jamais une charge) | Ils sont un partage du bénéfice, pas un coût d'exploitation ; comptabilisés au compte 108 « Compte de l'exploitant » |
| Rémunération du travail de l'exploitant (compte 644) | Non déductible : à réintégrer si elle a été comptabilisée en charge | L'exploitant se rémunère par le bénéfice lui-même |
| Cotisations sociales personnelles obligatoires de l'exploitant (compte 646) | Déductibles du résultat | Elles sont la contrepartie obligatoire de son activité |
| CSG et CRDS de l'exploitant | Régime propre : la CSG est déductible du bénéfice imposable à hauteur de 6,8 points (CGI, art. 154 quinquies, taux 2026) ; la fraction non déductible (reste de la CSG et CRDS) est réintégrée si elle a été comptabilisée en charge. L'énoncé indique le montant à réintégrer | Seule une partie de la contribution est admise en déduction |
| Impôt sur le revenu de l'exploitant | Non déductible : si l'entreprise l'a payé, il est à imputer sur le compte de l'exploitant (108), ou à réintégrer s'il est en charge | C'est l'impôt de la personne, pas de l'entreprise |
| Dépenses personnelles de l'exploitant | Non déductibles | Elles ne sont pas engagées dans l'intérêt de l'exploitation |
3.3 Les charges exclues par la loi, quel que soit le type d'entreprise
| Charge | Traitement | Compte du PCG |
|---|---|---|
| Amendes, pénalités fiscales et pénales | Non déductibles | 6582 « Pénalités, amendes fiscales et pénales » |
| Dépenses somptuaires (chasse, pêche, yachts, résidences d'agrément...) | Non déductibles | Charges externes selon la nature |
| Impôts non déductibles (impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés) | Non déductibles | |
| Charges excessives par rapport au service rendu | La fraction excessive est réintégrée |
À retenir
Hors programme UE 4 : les abandons de créances ne sont pas étudiés en BIC (le programme les exclut).
3.4 Les taxes annuelles sur l'affectation des véhicules
Ces taxes frappent les sociétés ; les entrepreneurs individuels en sont exonérés. Elles ne produisent donc pas de retraitement dans ce cours : on les retrouve au cours 19, parmi les charges réintégrées à l'impôt sur les sociétés (le barème est fourni par l'énoncé).