L'impôt sur les sociétés : plus-values, titres de participation, brevets, OPCVM et sinistres
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 4 « Droit fiscal », partie 2 « Conduire les obligations fiscales du cycle d'exploitation d'une entreprise », sous-partie 2.3 « Déterminer le résultat imposable dans le cadre de l'impôt sur les sociétés (IS) et mesurer les impacts sur l'entité et les personnes physiques liées ».
Pourquoi c'est central à l'examen : les opérations annexes (cession de titres, concession de brevet, placement en OPCVM, indemnité d'assurance) sont des classiques du tableau de passage à l'IS. Le programme les énumère : plus-values à court et long terme, titres de participation, brevets, OPCVM, sinistre et expropriation.
01Les plus-values et moins-values à l'IS : vue d'ensemble
Le calcul est le même qu'à l'impôt sur le revenu (cours 16) : plus-value = prix de cession − valeur nette fiscale du bien. La qualification (court ou long terme) reprend le seuil de deux ans de détention.
La différence tient à l'imposition :
| Catégorie | Traitement à l'IS |
|---|---|
| Court terme | Comprise dans le résultat ordinaire, imposée aux taux normal (25 %) ou réduit (cours 21). Les moins-values à court terme sont déductibles |
| Long terme | Le programme limite les régimes de faveur à deux cas : les titres de participation (exonération sous réserve d'une quote-part) et les produits de cession ou de concession de brevets (taux réduit). Toute autre plus-value, même détenue plus de deux ans, suit le régime ordinaire |
À retenir
Hors programme UE 4 : le ratio « nexus » n'est pas calculé ; les exonérations de plus-values des petites entreprises ne sont pas étudiées.
02Les titres de participation
2.1 Définition
Sont des titres de participation, pour l'application du régime, les titres qui permettent d'exercer une influence sur la société émettrice. On y range notamment les titres ouvrant droit au régime mère-filles (au moins 5 % du capital, cours 19) et ceux inscrits en comptabilité au compte 261 « Titres de participation ». Ils doivent être détenus depuis au moins deux ans pour que le régime s'applique.
2.2 Le régime de la plus-value à long terme
| Étape | Traitement |
|---|---|
| Plus-value à long terme sur titres de participation | Exonérée (déduite du résultat fiscal) |
| Quote-part de frais et charges | Mais 12 % du montant brut de la plus-value est réintégré : la plus-value est donc imposée sur 12 % de son montant |
| Moins-values à long terme sur ces titres | Non déductibles ; elles n'entraînent pas de réintégration de quote-part quand la compensation fait apparaître une moins-value nette |
Les dépréciations de ces titres (provisions) suivent le même régime : elles ne sont pas déductibles.
Pour des titres de participation détenus depuis moins de deux ans, la plus-value est à court terme : elle est imposée normalement.
2.3 Les écritures
La cession est enregistrée au compte 7671 (produits des cessions d'immobilisations financières) pour le prix, et au compte 6671 (valeurs comptables des immobilisations financières cédées) pour la valeur d'entrée des titres, au compte 261.
03Les produits de la propriété industrielle : brevets
3.1 Le régime
Les produits de cession ou de concession de brevets et d'actifs de propriété industrielle assimilés relèvent, sur option, d'une imposition séparée au taux réduit de 10 % (régime « nexus », exercices ouverts depuis 2019). On impose le résultat net de l'opération : produits moins charges directement liées.
3.2 La mise en œuvre dans le tableau de passage
- Les produits et les charges liés sont comptabilisés dans le résultat comptable.
- Le résultat net de la cession ou de la concession est déduit extra-comptablement du résultat ordinaire.
- Il est imposé séparément à 10 %.
- Le programme ne demande pas de calculer le ratio nexus : l'énoncé précise la fraction du résultat qui est éligible au taux réduit.
04Les titres d'OPCVM
4.1 Le problème
Un organisme de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) (société d'investissement à capital variable ou fonds commun de placement) a une valeur liquidative qui change tous les jours. La comptabilité n'enregistre pas la plus-value latente : elle n'inscrit que les dépréciations et le résultat réel à la cession.
4.2 Le principe fiscal
Pour les OPCVM relevant de ce régime (l'énoncé l'indique), la fiscalité prend en compte les écarts d'évaluation à la clôture : à chaque inventaire, la variation de la valeur liquidative est comprise dans le résultat fiscal, que la plus-value soit réalisée ou non.
| Moment | Traitement comptable | Retraitement fiscal |
|---|---|---|
| À la clôture : valeur liquidative supérieure au prix de revient | Aucune écriture de plus-value | Réintégration de la plus-value latente |
| À la clôture : valeur liquidative inférieure | Dépréciation comptabilisée | Réintégration de la dotation et déduction de la moins-value latente |
| À la cession | Plus-value ou moins-value mesurée par rapport au prix de revient (comptes 7673 ou 6673) | Déduction des écarts déjà imposés les exercices précédents, car la plus-value fiscale se calcule par rapport à la dernière valeur liquidative retenue |
Le but est de ne pas imposer deux fois la même plus-value : l'écart taxé à l'inventaire est neutralisé au moment de la cession.