DCG UE4 : Imposition des bénéfices (BIC, IS)

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Les plus-values et moins-values professionnelles des entreprises à l'impôt sur le revenu

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 4 « Droit fiscal », partie 2 « Conduire les obligations fiscales du cycle d'exploitation d'une entreprise », sous-partie 2.2 « Déterminer le résultat imposable dans le cadre des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et mesurer les impacts sur l'entité et les personnes physiques liées ».

Pourquoi c'est central à l'examen : un énoncé de 3 h contient presque toujours une cession d'immobilisation. Il faut calculer la plus-value sur la valeur nette fiscale, la qualifier (court ou long terme), la compenser avec les autres plus-values et moins-values, puis dire comment elle est imposée. Les tableaux de plus-values de la liasse (série 2059) se lisent et s'exploitent.

01Qu'est-ce qu'une plus-value professionnelle ?

1.1 Définition et calcul

Une plus-value professionnelle est le gain réalisé lorsqu'un élément d'actif de l'entreprise sort du patrimoine professionnel pour un prix supérieur à sa valeur nette. La sortie peut résulter d'une cession, d'une destruction avec indemnité ou d'une expropriation.

À retenir

Plus-value (ou moins-value) = prix de cession (ou indemnité) − valeur nette fiscale du bien.

La valeur nette fiscale est la valeur d'origine diminuée des amortissements pratiqués, appréciés selon les règles fiscales :

  • les amortissements comptables et, le cas échéant, les amortissements dérogatoires (cours 15) ;
  • la fraction d'amortissement exclue des charges déductibles pour un véhicule de tourisme, qui reste retenue dans le calcul.

1.2 Lien avec la comptabilité

Comptablement, la plus-value de cession est portée au résultat (compte 757 pour le produit de cession d'une immobilisation corporelle ou incorporelle, 657 pour la valeur comptable). Si l'entreprise a constaté des amortissements dérogatoires, leur solde est repris au résultat à la sortie du bien : le résultat comptable inclut alors déjà l'écart entre valeur nette comptable et valeur nette fiscale.

À retenir

Exemple : un matériel de 60 000 € amorti comptablement en linéaire (30 000 € cumulés) et fiscalement en dégressif (39 086,25 € cumulés), cédé 30 000 €, donne une plus-value comptable de 0 € et une plus-value fiscale de 30 000 − (60 000 − 39 086,25) = 9 086,25 €, soit le solde des amortissements dérogatoires repris au résultat.

02La qualification : court terme ou long terme

La loi distingue deux catégories, qui obéissent à des règles d'imposition très différentes. Le critère est la durée de détention du bien, avec un seuil de deux ans.

2.1 Les règles pour les plus-values

Bien cédéDétention inférieure à 2 ansDétention d'au moins 2 ans
Bien amortissable (matériel, bâtiment...)Plus-value entièrement à court termeCourt terme à concurrence des amortissements pratiqués, long terme pour le surplus
Bien non amortissable (terrain, fonds de commerce, titres)Court termeLong terme

La partie à court terme d'un bien amortissable correspond à la restitution fiscale des amortissements déjà déduits : l'entreprise a déduit des charges, elle reprend ce qui s'avère excessif.

2.2 Les règles pour les moins-values

Une moins-value sur un bien amortissable est toujours à court terme, quelle que soit la durée de détention : elle traduit un amortissement déduit insuffisant (CGI, art. 39 duodecies, 4). Une moins-value sur un bien non amortissable est à long terme s'il est détenu depuis au moins deux ans, à court terme sinon.

2.3 Méthode en quatre temps

  1. Calculer la plus-value ou la moins-value (§ 1).
  2. Vérifier la durée de détention (deux ans) et la nature du bien.
  3. Pour un bien amortissable détenu au moins deux ans : plus-value à court terme = min (plus-value ; amortissements pratiqués) ; long terme = le surplus.
  4. Passer à la compensation (§ 3).

03La compensation et l'imposition

3.1 Compensation à l'intérieur de chaque catégorie

On compense plus-values et moins-values de même nature :

  • net à court terme = plus-values à court terme − moins-values à court terme ;
  • net à long terme = plus-values à long terme − moins-values à long terme.
Résultat de la compensationCourt termeLong terme
Plus-value netteAjoutée au résultat ordinaire de l'entreprise (BIC), au barème de l'IRImposée à un taux proportionnel (12,8 % d'IR en 2026), auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux (taux fourni par l'énoncé)
Moins-value netteDéductible du résultat ordinaireNon imputable sur le résultat ordinaire ni sur les plus-values à court terme ; elle ne s'impute que sur des plus-values à long terme, de l'exercice ou des exercices suivants (délai fourni par l'énoncé)

3.2 L'étalement de la plus-value à court terme

L'entreprise individuelle peut demander l'étalement de sa plus-value nette à court terme : elle est répartie par tiers sur l'exercice de réalisation et les deux exercices suivants. L'objectif est d'adoucir l'effet de la progressivité du barème de l'IR.

3.3 Le suivi : tableaux de la série 2059

Les plus-values et moins-values à court terme et à long terme sont déterminées et suivies dans la série de tableaux 2059 de la liasse du régime réel normal. Le candidat doit pouvoir les lire pour vérifier un résultat ; il n'a pas à les remplir ligne à ligne.

04Les régimes particuliers au programme

Le programme limite l'étude à trois régimes particuliers.

4.1 Les titres

Les titres inscrits à l'actif d'une entreprise à l'IR suivent la règle générale de deux ans : court terme en dessous, long terme au-dessus. Les moins-values à long terme sur titres ne s'imputent que sur des plus-values à long terme. Le régime d'exonération partielle des titres de participation est propre à l'impôt sur les sociétés (cours 20).

4.2 Les produits de la propriété industrielle (brevets)

Les produits de cession ou de concession de brevets et d'actifs de propriété industrielle assimilés peuvent, sur option, être imposés séparément à un taux réduit de 10 % (régime « nexus », applicable depuis 2019 à l'IR comme à l'IS). On impose le résultat net de l'opération : produits moins charges directement liées. Le programme précise que le ratio nexus n'a pas à être calculé : l'énoncé précise la fraction éligible.

À retenir

Exemple : produits de concession de 120 000 €, charges directement liées de 30 000 € : résultat net imposable à 10 % = 90 000 € × 10 % = 9 000 € d'IR (hors prélèvements sociaux, dont le taux est fourni). Il est déduit du résultat ordinaire.

4.3 Les indemnités de sinistre

Lorsqu'un bien est détruit et que l'assureur verse une indemnité supérieure à sa valeur nette fiscale, l'excédent est une plus-value.

Plus-valueRégime de faveur
À court termeÉtalement, sur option, par fractions égales sur la durée moyenne d'amortissement déjà pratiquée sur les biens détruits (arrondie à l'année supérieure, 15 ans au plus), à compter de l'exercice suivant celui du sinistre (article 39 quaterdecies, 1 ter du CGI)
À long termeImposition différée de deux ans, sur option (article 39 quindecies, I-1, 4e alinéa du CGI) : simple décalage, sans condition de remploi, remis en cause en cas de cessation d'activité

4.4 Hors programme UE 4

La cession d'un contrat de crédit-bail mobilier et les régimes d'exonération des plus-values des petites et moyennes entreprises (cession ou transmission d'entreprise) sont exclus.

Exemples corrigés

Cas 1 : qualification et imposition de quatre cessions

Une entreprise individuelle, imposée au réel, réalise quatre cessions au cours de l'exercice. Elle a un résultat ordinaire (hors cessions) de 52 000 €.

BienPrix de cessionValeur nette fiscaleDétentionPlus-value ou moins-value
Machine A (prix d'origine 60 000, amortissements 33 000)40 00027 0002 ans et demi+ 13 000
Bâtiment (prix d'origine 200 000, amortissements 40 000)260 000160 0005 ans+ 100 000
Titres (acquis 20 000)24 00020 00010 mois+ 4 000
Machine C (prix d'origine 40 000, amortissements 24 000)9 00016 0004 ans− 7 000

Qualification

BienRaisonnementCourt termeLong terme
Machine ABien amortissable, 2 ans et demi : court terme = min (13 000 ; 33 000)13 0000
BâtimentAmortissable, 5 ans : court terme = min (100 000 ; 40 000) = 40 000 ; surplus 60 00040 00060 000
TitresNon amortissables, moins de 2 ans : court terme4 0000
Machine CBien amortissable : moins-value toujours à court terme, quelle que soit la durée de détention− 7 0000

Compensation et imposition

Court termeLong terme
Plus-values13 000 + 40 000 + 4 000 = 57 00060 000
Moins-values7 0000
Net50 00060 000
ImpositionAjouté au résultat ordinaire : 52 000 + 50 000 = 102 000 au barème de l'IR60 000 × 12,8 % = 7 680 d'IR (2026), plus prélèvements sociaux au taux fourni

Avec l'option d'étalement, la plus-value nette à court terme de 50 000 € est répartie par tiers : 16 666,67 € par exercice sur trois exercices.

À retenir

Écrit au dirigeant : « Vos cessions génèrent 110 000 € de plus-values nettes, dont 50 000 € à court terme (après imputation de la moins-value de 7 000 € sur la machine C, toujours à court terme), qui s'ajoutent à votre résultat habituel et sont taxées au barème progressif, et 60 000 € à long terme, taxés à 12,8 % d'IR. Pour éviter que le court terme ne vous fasse changer de tranche d'imposition, étalez-le sur trois ans : vous réduisez le pic d'imposition sans rien perdre sur le fond. »

Cas 2 : moins-values et report

Au cours de l'exercice, une entreprise réalise : plus-values à court terme 15 000 € ; moins-values à court terme 6 000 € ; plus-values à long terme 20 000 € ; moins-values à long terme 35 000 €.

CatégorieCompensationRésultatConséquence
Court terme15 000 − 6 000+ 9 000Ajouté au résultat ordinaire
Long terme20 000 − 35 000− 15 000Non déductible du résultat ordinaire ; reportable sur des plus-values à long terme futures

À retenir

Conclusion argumentée : « La moins-value nette à long terme de 15 000 € ne diminue pas votre résultat de cette année : elle ne vous servira que si vous réalisez ensuite des plus-values à long terme, par exemple en cédant un terrain ou un fonds. Conservez-en donc le suivi sur le tableau des moins-values, sans compter sur elle pour réduire votre impôt courant. »

Cas 3 : une indemnité de sinistre

Un bâtiment (prix d'origine 300 000 €, amortissements pratiqués 150 000 €, détenu et amorti depuis 10 ans) est détruit par un incendie. L'assureur verse une indemnité de 240 000 €. La durée d'amortissement déjà pratiquée sur ce bien est donc de 10 ans.

CalculMontant
Valeur nette fiscale300 000 − 150 000 = 150 000
Plus-value240 000 − 150 000 = 90 000
Court terme (min [90 000 ; 150 000])90 000
Long terme0
Étalement sur 10 ans, à compter de l'exercice suivant le sinistre90 000 / 10 = 9 000 par exercice

Au résultat comptable, l'indemnité est enregistrée en produit (compte 757) pour la destruction totale du bien. Fiscalement, la plus-value de 90 000 € est entièrement déduite extra-comptablement l'exercice du sinistre, puis réintégrée par fractions de 9 000 € sur les dix exercices suivants.

À retenir

Écrit au dirigeant : « L'indemnité dégage une plus-value de 90 000 €, entièrement à court terme parce que le bâtiment avait été amorti. Vous pouvez en étaler l'imposition sur 10 ans, à raison de 9 000 € par an à partir de l'exercice suivant, ce qui évite tout impôt sur cette plus-value l'année du sinistre. Vérifiez les conditions de l'étalement avant de l'appliquer, puis conservez le suivi sur le tableau des plus-values. »

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
Plus-value professionnelleGain réalisé à la sortie d'un élément de l'actif professionnel
Valeur nette fiscaleValeur d'origine moins amortissements admis fiscalement (y compris dérogatoires)
Court termePlus-value sur bien détenu moins de deux ans, ou, pour un bien amortissable détenu plus longtemps, à concurrence des amortissements
Long termePlus-value sur bien détenu au moins deux ans, pour la part qui excède les amortissements
CompensationImputation des moins-values sur les plus-values de même nature
ÉtalementRépartition de la plus-value à court terme sur plusieurs exercices
Régime nexusTaux réduit de 10 % sur le résultat net de cession ou de concession de brevets

Points clés à retenir

  1. Plus-value = prix − valeur nette fiscale, et non valeur nette comptable.
  2. Seuil de deux ans : en dessous, tout est à court terme.
  3. Bien amortissable détenu au moins deux ans : court terme à concurrence des amortissements, long terme pour le surplus.
  4. Bien non amortissable détenu au moins deux ans : long terme.
  5. Compensation par catégorie : court terme avec court terme, long terme avec long terme.
  6. Court terme : résultat ordinaire (barème), avec étalement par tiers possible pour l'entreprise individuelle.
  7. Long terme : taux proportionnel (12,8 % d'IR en 2026) ; moins-value nette à long terme imputable seulement sur des plus-values à long terme.
  8. Trois régimes particuliers au programme : titres, brevets (10 %, sans ratio nexus), indemnités de sinistre.

Pièges fréquents

  1. Partir de la valeur nette comptable au lieu de la valeur nette fiscale.
  2. Classer toute la plus-value d'un bâtiment en long terme : la part égale aux amortissements est à court terme.
  3. Oublier que la fraction d'amortissement d'un véhicule exclue des charges reste retenue.
  4. Imputer une moins-value à long terme sur le résultat ordinaire : c'est interdit.
  5. Compenser le court terme avec le long terme.
  6. Calculer le ratio nexus : il n'est pas demandé.
  7. Traiter le crédit-bail mobilier ou les exonérations des PME : hors programme.
  8. Oublier les prélèvements sociaux sur la plus-value à long terme : ils s'ajoutent à l'IR, au taux fourni par l'énoncé.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Comment qualifie-t-on la plus-value sur un matériel détenu depuis quatre ans et amorti pour 33 000 €, cédé avec un gain de 13 000 € ? R : Le bien est amortissable et détenu depuis au moins deux ans : le court terme est égal au plus petit de la plus-value (13 000 €) et des amortissements (33 000 €). La plus-value est donc entièrement à court terme.

Q : Que devient une moins-value nette à long terme ? R : Elle ne s'impute ni sur le résultat ordinaire, ni sur les plus-values à court terme. Elle ne peut être imputée que sur des plus-values à long terme, de l'exercice ou des exercices suivants, dans le délai fixé par la loi (précisé par l'énoncé).

Q : Comment l'étalement de la plus-value à court terme fonctionne-t-il ? R : L'entreprise individuelle peut répartir sa plus-value nette à court terme par tiers sur l'exercice de réalisation et les deux suivants. Une plus-value nette à court terme de 60 000 € donne 20 000 € par exercice.

Q : À quel taux sont imposés les produits de cession de brevets ? R : À 10 % sur le résultat net, sur option, selon le régime « nexus » applicable depuis 2019 ; le programme ne demande pas de calculer le ratio nexus, l'énoncé fournit la fraction éligible.

Q : Pourquoi une indemnité d'assurance peut-elle faire naître une plus-value ? R : Parce que l'indemnité est assimilée à un prix de cession : si elle dépasse la valeur nette fiscale du bien détruit, la différence est une plus-value, qualifiée à court ou long terme et soumise à un régime d'étalement ou de report d'imposition.

Q : La plus-value fiscale peut-elle différer de la plus-value comptable ? R : Oui, notamment quand il existe des amortissements dérogatoires ou des fractions d'amortissement exclues des charges déductibles : la valeur nette fiscale diffère alors de la valeur nette comptable.

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