DCG UE4 : Imposition des bénéfices (BIC, IS)

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La gestion des déficits : BIC à l'impôt sur le revenu, report en avant et report en arrière à l'IS

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 4 « Droit fiscal », partie 2 « Conduire les obligations fiscales du cycle d'exploitation d'une entreprise », sous-partie 2.4 « Accompagner la prise de décision en matière d'imposition des bénéfices (BIC/IR et IS) ».

Pourquoi c'est central à l'examen : un déficit n'est pas une simple perte : c'est un actif fiscal qu'il faut savoir utiliser. Le programme demande d'expliquer l'imputation d'un déficit BIC à l'impôt sur le revenu, puis de proposer des solutions de gestion à l'impôt sur les sociétés (IS) : report en avant, option pour le report en arrière, imprimé correspondant. L'écrit de 3 h attend un arbitrage argumenté.

01Le déficit BIC d'une entreprise à l'impôt sur le revenu

1.1 Le périmètre

Cette partie vise les déficits de la catégorie des BIC. Les déficits en bénéfices non commerciaux (BNC) et en bénéfices agricoles (BA) sont hors programme. Le déficit concerne l'entrepreneur individuel et, par transparence, l'associé d'une société de personnes pour sa quote-part (cours 17).

1.2 Deux régimes d'imputation

Le traitement dépend du caractère professionnel ou non professionnel de l'activité.

DéficitConditionImputation
BIC professionnelL'exploitant participe à l'activité de manière personnelle, directe et continueImputable sur le revenu global du foyer fiscal de l'année (salaires, autres revenus), ce qui réduit l'impôt sur le revenu du foyer
BIC non professionnel (exemple : location meublée non professionnelle)L'activité est exercée sans cette participation personnelle, directe et continueImputable uniquement sur les bénéfices de même nature (BIC non professionnels) de l'année et des années suivantes, pendant un délai limité fixé par la loi (l'énoncé le précise)

Quand le déficit professionnel excède le revenu global de l'année, l'excédent est reporté sur les revenus globaux des années suivantes, dans un délai limité, fixé par la loi (précisé par l'énoncé).

1.3 L'impact sur le foyer fiscal

L'imputation du déficit diminue le revenu global : l'économie d'impôt est égale à la variation de l'impôt calculé sur le revenu global avant et après imputation. Avec un barème progressif, elle est d'autant plus forte que le revenu du foyer est élevé : le déficit « supprime » les revenus imposés à la tranche la plus haute. Le calcul d'impôt se mène au quotient familial (revenu global divisé par le nombre de parts, impôt par part, multiplié par le nombre de parts) ; on se sert du simulateur de l'administration ou d'un tableur.

À retenir

Hors programme UE 4 : la décote (une réduction d'impôt pour les faibles impôts) n'est pas à calculer. L'énoncé précise ici qu'elle ne joue pas.

02Le déficit d'une société à l'IS

À l'IS, un déficit n'est pas imputable sur un revenu global, car il n'y en a pas : la société n'a que son résultat. Le déficit peut être reporté en avant ou, sur option, reporté en arrière.

2.1 Le report en avant

PointRègle
PrincipeLe déficit est imputé de droit sur les bénéfices des exercices suivants, sans démarche particulière
DuréeSans limitation de durée
Plafond annuel d'imputation1 000 000 € majoré de 50 % de la fraction du bénéfice qui excède 1 000 000 €
ExcédentLe déficit non imputé pour cause de plafond reste reportable

À retenir

Exemple du plafond : un bénéfice de 1 500 000 € permet d'imputer 1 000 000 € + 50 % × (1 500 000 − 1 000 000) = 1 250 000 € ; les 250 000 € restants sont imposables.

2.2 L'option pour le report en arrière

PointRègle
PrincipeLe déficit d'un exercice est imputé sur le bénéfice de l'exercice précédent (et de lui seul)
OptionÀ exercer lors du dépôt de la déclaration de résultats qui constate le déficit : dans les trois mois de la clôture, ou le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai pour une clôture au 31 décembre ; case ZL du tableau 2058-A au réel normal (ligne 346 du tableau 2033-B au simplifié)
PlafondLe plus faible de 1 000 000 € et du bénéfice d'imputation : bénéfice de l'exercice précédent soumis à l'IS, diminué de la fraction distribuée (et de celle dont l'impôt a été payé par crédits ou réductions d'impôt, hors programme)
PrioritéSi le bénéfice a été taxé en partie à 25 % et en partie à 15 %, le déficit s'impute d'abord sur la fraction à 25 %, puis sur celle à 15 %
CréanceLa société obtient une créance sur l'État égale à l'IS effectivement acquitté sur le bénéfice sur lequel le déficit est imputé
Utilisation de la créanceImputée sur l'IS dû au titre des exercices suivants, ou remboursée au terme de cinq ans suivant la clôture de l'exercice du déficit
Imprimé2039-SD « report en arrière des déficits », déposé avec le relevé de solde 2572
Déficit restantLa fraction du déficit non imputée sur le bénéfice précédent reste reportable en avant

À retenir

Hors programme UE 4 : les cas où le bénéfice de l'exercice précédent a été payé au moyen de crédits ou de réductions d'impôt ne sont pas étudiés.

2.3 La comptabilisation de la créance

La créance de report en arrière est constatée par le débit du compte 444 « État - Impôts sur les bénéfices », au crédit du compte 699 « Produits - Reports en arrière des déficits ».

03Arbitrer entre report en avant et report en arrière

CritèreReport en avant seulReport en arrière + report en avant du solde
Valeur de l'économieTaux d'IS des exercices futurs (souvent 25 % sur les premiers bénéfices au-delà de 42 500 €)IS réellement payé l'année précédente, souvent à un taux moyen plus faible (15 % sur une partie)
CertitudeDépend des bénéfices futurs, incertainsCertaine : créance sur l'État, remboursable à terme
LiquiditéAucun effet avant le retour à l'IS dûCréance utilisable dès l'exercice suivant, ou remboursable au bout de cinq ans
UtilisationSans limite de duréeLimitée au bénéfice précédent et à 1 000 000 €
RisqueLe déficit peut ne jamais servir (société qui n'est plus bénéficiaire)Aucun, sauf coût de l'option si l'on espérait mieux

La méthode : (1) évaluer le bénéfice de l'exercice précédent et l'IS payé ; (2) évaluer les bénéfices attendus ; (3) comparer la valeur et la sécurité des deux solutions ; (4) conclure.

Exemples corrigés

Cas 1 : l'impact d'un déficit BIC sur l'impôt d'un foyer

Madame et Monsieur Fabre, mariés sans enfant (2 parts), déclarent des salaires de 100 000 €. Après la déduction forfaitaire de 10 % (10 000 €, comprise entre le minimum et le maximum de 2026), leur revenu net imposable est de 90 000 €. Madame exploite en nom propre une activité BIC professionnelle qui a dégagé un déficit de 30 000 €. L'énoncé précise que la décote ne joue dans aucun des deux cas. On applique le barème 2026 des revenus 2025 par part : 0 % jusqu'à 11 600 € ; 11 % de 11 601 € à 29 579 € ; 30 % de 29 580 € à 84 577 €.

Calcul de l'impôtSans déficitAvec déficit
Revenu global90 00060 000
Quotient (2 parts)45 00030 000
Tranche à 11 % : (29 579 − 11 600) × 11 %1 977,691 977,69
Tranche à 30 % : (45 000 − 29 579) × 30 % ; (30 000 − 29 579) × 30 %4 626,30126,30
Impôt par part6 603,992 103,99
Impôt du foyer (× 2)13 207,984 207,98

L'économie d'impôt est de 13 207,98 − 4 207,98 = 9 000 €, soit 30 % du déficit de 30 000 €, taux de la tranche à laquelle le déficit « supprime » les revenus.

Si l'activité avait été non professionnelle, le déficit n'aurait pas été imputable sur les salaires : aucune économie cette année, mais un report sur les futurs bénéfices BIC non professionnels.

À retenir

Écrit au dirigeant : « Votre déficit professionnel de 30 000 € réduit l'impôt de votre foyer de 9 000 €, car il vient en déduction de revenus imposés à 30 %. Cela suppose que votre participation à l'activité soit personnelle, directe et continue : conservez les éléments qui l'attestent. Une activité exercée de façon passive, comme certaines locations meublées, n'aurait pas ouvert cette possibilité. »

Cas 2 : report en arrière ou report en avant ?

La société Horizon remplit les conditions du taux réduit. Au titre de l'exercice N-1, son bénéfice imposable était de 150 000 € (IS acquitté : 42 500 × 15 % + 107 500 × 25 % = 33 250 €, sans réduction ni crédit d'impôt, et sans distribution de ce bénéfice). Au titre de N, elle subit un déficit de 180 000 €. Deux options : conserver le déficit en avant seul (A), ou opter pour le report en arrière puis reporter le solde en avant (B).

Option B : le report en arrière

CalculMontant
Bénéfice d'imputation de N-1150 000
Plafond1 000 000
Déficit imputé : min (180 000 ; 150 000 ; 1 000 000)150 000
Déficit restant, reportable en avant180 000 − 150 000 = 30 000
Créance : IS acquitté sur les 150 000 imputés (107 500 × 25 % + 42 500 × 15 %)33 250
Écriture de la créanceCompteDébitCrédit
444 État - Impôts sur les bénéfices33 250,00
699 Produits - Reports en arrière des déficits
33 250,00
Totaux33 250,0033 250,00

Comparaison selon le bénéfice de N+1

Option A : report en avant seulOption B : report en arrière, puis solde en avant
Si N+1 = 200 000 € de bénéficeDéficit imputé 180 000 ; imposable 20 000 ; IS 3 000 €Déficit imputé 30 000 ; imposable 170 000 ; IS 38 250 € ; créance de 33 250 € imputée ; IS à payer 5 000 €
IS sans déficit45 75045 750
Économie d'impôt42 75040 750
Si N+1 = 20 000 € de bénéficeDéficit imputé 20 000 ; IS 0 ; 160 000 € de déficit encore à reporterDéficit imputé 20 000 sur 30 000 ; IS 0 ; créance de 33 250 € intacte, plus 10 000 € de déficit à reporter

À retenir

Écrit au dirigeant : « Si votre bénéfice de l'an prochain est élevé (200 000 €), le report en avant seul rapporte 2 000 € de plus : le déficit s'impute à 25 %, alors que le report en arrière récupère l'impôt de l'an dernier à un taux moyen plus faible. Mais si votre bénéfice reste modeste (20 000 €), le report en arrière vous garantit 33 250 € d'impôt déjà payé, quoi qu'il arrive, utilisables dès que vous aurez de l'impôt à payer ou remboursables à l'issue de cinq ans. Comme la visibilité sur vos bénéfices futurs est limitée, je vous recommande l'option pour le report en arrière : vous échangez un écart de 2 000 € contre la certitude de 33 250 €. »

Cas 3 : le plafond du report en avant

La société Titan, hors taux réduit, dispose d'un déficit reportable de 2 600 000 €. Son bénéfice de l'exercice est de 1 500 000 €.

CalculMontant
Plafond d'imputation : 1 000 000 + 50 % × (1 500 000 − 1 000 000)1 250 000
Déficit imputé1 250 000
Bénéfice imposable : 1 500 000 − 1 250 000250 000
IS à 25 %62 500
Déficit restant à reporter : 2 600 000 − 1 250 0001 350 000

À retenir

Conclusion argumentée : « Même avec un déficit supérieur au bénéfice, le plafond de 1 250 000 € vous oblige à payer 62 500 € d'IS cette année. Les 1 350 000 € restants ne sont pas perdus : ils restent reportables sans limite de durée. Anticipez cet impôt dans votre plan de trésorerie. »

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
Déficit fiscalRésultat fiscal négatif d'un exercice
BIC professionnelActivité à laquelle l'exploitant participe de manière personnelle, directe et continue
Report en avantImputation du déficit sur les bénéfices futurs, de droit et sans limite de durée
Report en arrièreOption d'imputer le déficit sur le bénéfice de l'exercice précédent
Bénéfice d'imputationBénéfice de l'exercice précédent sur lequel le déficit peut être reporté en arrière
Créance de report en arrièreCréance sur l'État égale à l'IS acquitté sur le bénéfice imputé
2039-SDImprimé « report en arrière des déficits »

Points clés à retenir

  1. BIC professionnel : le déficit s'impute sur le revenu global du foyer et réduit l'IR ; non professionnel : seulement sur des BIC de même nature.
  2. Le déficit BNC ou BA est hors programme.
  3. L'économie d'IR liée à un déficit se calcule par différence d'impôt avec et sans imputation.
  4. Report en avant à l'IS : de droit, sans limite de durée, plafonné à 1 M€ + 50 % de la fraction du bénéfice au-delà.
  5. Report en arrière : sur option, sur le bénéfice de l'exercice précédent, plafonné à 1 M€ et au bénéfice d'imputation.
  6. Créance = IS acquitté sur le bénéfice imputé ; imputable sur l'IS des exercices suivants ou remboursée à l'issue de cinq ans.
  7. Imprimés : 2039-SD avec le relevé de solde 2572.
  8. Arbitrer : valeur et certitude du report en arrière contre valeur potentielle du report en avant.

Pièges fréquents

  1. Imputer un déficit non professionnel sur le revenu global.
  2. Étudier un déficit BNC ou BA : hors programme.
  3. Oublier le plafond de 1 M€ majoré de 50 % du report en avant.
  4. Croire que le report en arrière est automatique : il faut opter lors du dépôt de la déclaration.
  5. Reporter en arrière sur plus d'un exercice : seul l'exercice précédent est visé.
  6. Calculer la créance au taux normal de 25 % sans regarder l'IS réellement acquitté.
  7. Imputer d'abord sur la tranche à 15 % : l'imputation commence par la tranche à 25 %.
  8. Perdre le solde du déficit non imputé en arrière : il reste reportable en avant.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Un déficit BIC peut-il réduire l'impôt sur le revenu d'un foyer ? R : Oui s'il est professionnel (participation personnelle, directe et continue de l'exploitant) : il s'impute sur le revenu global et réduit l'impôt. S'il est non professionnel, il ne s'impute que sur des BIC de même nature.

Q : Combien de temps un déficit d'IS peut-il être reporté en avant ? R : Sans limitation de durée, mais chaque année l'imputation est plafonnée à 1 000 000 € majorés de 50 % de la fraction du bénéfice qui dépasse 1 000 000 €.

Q : Comment fonctionne le report en arrière ? R : La société opte lors du dépôt de sa déclaration de résultats pour imputer le déficit sur le bénéfice de l'exercice précédent, dans la limite du plus faible de 1 000 000 € et de ce bénéfice. Elle obtient une créance égale à l'IS acquitté sur le bénéfice imputé, imputable sur l'IS des exercices suivants ou remboursable à l'issue de cinq ans.

Q : Quel imprimé faut-il déposer pour le report en arrière ? R : La déclaration 2039-SD, qui accompagne le relevé de solde 2572. L'option se formalise sur la case ZL du tableau 2058-A au réel normal.

Q : Quelle écriture constate la créance du report en arrière ? R : Un débit du compte 444 « État - Impôts sur les bénéfices » et un crédit du compte 699 « Produits - Reports en arrière des déficits ».

Q : Quand préférer le report en arrière au report en avant ? R : Quand les bénéfices futurs sont incertains, ou quand on veut transformer le déficit en trésorerie. Le report en avant seul peut rapporter plus en cas de forts bénéfices futurs, mais il est incertain.

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