L'épargne, l'investissement et les agents à capacité ou à besoin de financement
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 5 « Économie contemporaine », partie 3 « Identifier les opérations de financement de l'activité économique », sous-partie 3.1 « Identifier les agents du système financier et leurs comportements ».
Pourquoi c'est central à l'examen : les dossiers sur la conjoncture, la politique monétaire ou la croissance mobilisent le taux d'épargne et l'investissement. Il faut savoir qui finance qui, pourquoi les ménages épargnent plus ou moins, et pourquoi les entreprises investissent ou renoncent. Le détail des marchés et des modalités de financement relève des cours 11 et 12 et de l'UE 6.
01Agents à capacité et agents à besoin de financement
Un agent dépense en consommation et en investissement, et reçoit des revenus. Selon que son épargne couvre ou non son investissement, il est :
- à capacité de financement si son épargne est supérieure à son investissement : il dégage un excédent qu'il peut prêter ou placer ;
- à besoin de financement si son épargne est inférieure à son investissement : il doit emprunter ou émettre des titres.
À retenir
Capacité ou besoin de financement = épargne − investissement
| Agent | Position habituelle | Explication |
|---|---|---|
| Ménages | Capacité | Une partie du revenu est épargnée, l'investissement (surtout logement) est plus faible |
| Sociétés non financières | Besoin (souvent) | Elles investissent davantage que leur autofinancement |
| Administrations publiques | Besoin (en cas de déficit) | Les dépenses dépassent les recettes (cours 19) |
| Sociétés financières | Proche de l'équilibre | Elles intermédient entre capacité et besoin (cours 11 et 12) |
| Reste du monde | Variable | Le besoin de financement de la nation est le miroir du déficit extérieur courant (cours 31) |
La somme des capacités et des besoins de tous les secteurs est nulle : ce qu'un secteur prête, un autre l'emprunte.
02L'épargne des ménages
2.1 Définition et mesure
L'épargne est la part du revenu disponible qui n'est pas consommée. Le taux d'épargne est le rapport entre l'épargne et le revenu disponible brut des ménages.
À retenir
Taux d'épargne = épargne / revenu disponible brut
Exemple de données datées : le taux d'épargne des ménages français est de 18,5 % en 2024, 17,9 % en 2025 et 17,2 % au deuxième trimestre 2026 (INSEE, comptes de la Nation 2025 du 29 mai 2026, et Informations rapides n° 212 du 28 août 2026).
2.2 Les formes d'épargne
| Forme | Exemples | Remarque |
|---|---|---|
| Épargne financière | Dépôts et livrets, assurance-vie, actions, obligations, parts de fonds, plans d'épargne retraite | Place l'argent dans le système financier |
| Épargne non financière | Immobilier locatif, or, œuvres d'art, terres | Détient un actif réel ; l'achat d'un logement neuf par un ménage compte en comptabilité nationale comme un investissement (l'achat d'un logement ancien est un transfert entre agents, seuls les frais de transaction étant de l'investissement) |
2.3 Les motifs de l'épargne
- Précaution : se prémunir contre un aléa (perte d'emploi, maladie) ;
- Prévoyance et retraite : constituer un capital pour l'âge où les revenus baissent ;
- Projets : acheter un logement, financer des études ;
- Transmission : léguer un patrimoine ;
- Rendement : valoriser un capital disponible.
2.4 Les déterminants retenus au programme
Seuls six déterminants sont attendus : revenu, âge, inflation, taux d'intérêt, fiscalité, incertitude.
| Déterminant | Effet principal | Commentaire |
|---|---|---|
| Revenu | Le taux d'épargne augmente avec le revenu | Les ménages aisés épargnent une part plus grande, car les besoins essentiels sont couverts |
| Âge | Selon le cycle de vie : les jeunes empruntent ou épargnent peu, les actifs épargnent, les retraités puisent dans leur capital | L'épargne varie sur la vie pour lisser la consommation |
| Inflation | Effet ambigu | Elle érode la valeur de l'épargne : on peut épargner plus pour la reconstituer ; mais on peut aussi avancer ses achats avant les hausses de prix |
| Taux d'intérêt | Effet ambigu | Un taux plus élevé rend l'épargne plus rémunératrice (effet de substitution : on épargne davantage) mais permet d'atteindre un capital avec moins d'épargne (effet de revenu) |
| Fiscalité | Les produits d'épargne avantagés attirent les fonds | L'effet porte surtout sur le choix du placement plus que sur le niveau d'épargne |
| Incertitude | Augmente l'épargne de précaution | Chômage menaçant, crise, risque sur les retraites |
Pour juger l'effet d'un taux d'intérêt, on utilise le taux réel, soit le taux nominal corrigé de l'inflation :
À retenir
Taux réel ≈ taux nominal − taux d'inflation (précisément (1 + taux nominal) / (1 + inflation) − 1)
03L'investissement : définition et formes
Le programme demande de définir l'investissement rapidement. L'investissement désigne l'acquisition de biens durables qui accroissent ou maintiennent la capacité de production. En comptabilité nationale, il est mesuré par la formation brute de capital fixe (FBCF) : les acquisitions, nettes des cessions, d'actifs durables utilisés pendant plus d'un an dans la production. La variation des stocks est comptée à part.
| Critère | Formes |
|---|---|
| Nature | Matériel (machines, bâtiments, véhicules) ; immatériel (logiciels, recherche et développement, bases de données) |
| Objectif | De capacité (produire plus) ; de productivité (produire à moindre coût, moderniser) ; de remplacement (renouveler l'existant usé) |
À retenir
Rapprochement utile : la FBCF correspond, en gros, aux acquisitions d'immobilisations corporelles et incorporelles de la comptabilité d'entreprise (UE 9 et 10).