On classe les biens selon deux critères :
- la : la consommation d'un bien par un agent réduit-elle ce qui reste pour les autres ?
- l' : peut-on empêcher quelqu'un de consommer sans payer ?
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| (pain, vêtement) | (pêcherie, nappe phréatique, pâturage) |
| Bien de club (télévision payante, autoroute non saturée) | (défense nationale, éclairage public, phare) |
4.1 Les biens collectifs et le passager clandestin
Un pur est et . Comme personne ne peut être exclu, chacun a intérêt à ne pas payer en comptant sur les autres : c'est le . Le marché ne produit pas ou trop peu. D'où le et la production par la puissance publique (défense, justice, éclairage public), selon la fonction d'allocation de l'État (cours 17).
4.2 Les biens communs et la tragédie des communs
Un (ressource en libre accès) est mais : chacun peut l'utiliser, mais l'usage de l'un réduit la ressource des autres. (1968) décrit la « » : sur un pâturage ouvert, chaque éleveur a intérêt à ajouter un animal, car il en retire seul le bénéfice alors que la dégradation du pâturage est partagée ; tous le font et la ressource est détruite. Les stocks de poissons et le climat en sont des illustrations.
Solutions classiques : (droits individuels de pêche, par exemple), (quotas, interdictions).
4.3 Ostrom : la gouvernance des communs
(prix Nobel d'économie 2009) montre à partir d'études de terrain que des communautés gèrent durablement des ressources communes, sans privatisation ni État central, grâce à des : limites claires de la ressource et des usagers, règles adaptées aux conditions locales, participation des usagers à l'élaboration des règles, par les usagers, , moyens de régler les conflits. La tragédie n'est donc : tout dépend de l'organisation de l'accès.
Cas 1 : mini-dossier, l'environnement comme défaillance de marché
Selon le Stockholm Resilience Centre (24 septembre 2025), sont franchies. Source : Stockholm Resilience Centre, 24 septembre 2025.
Depuis le , le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières est en phase définitive : les importateurs d'acier, de ciment, d'aluminium, d'engrais azotés, d'hydrogène et d'électricité doivent restituer des certificats couvrant les émissions incorporées (pour les importations de 2026, certificats achetés à partir de février 2027 ; importateurs de moins de 50 tonnes par an exemptés, hors électricité et hydrogène). Source : douane.gouv.fr, 23 décembre 2025, et ecologie.gouv.fr.
La loi européenne sur le climat fixe un objectif de par rapport à 1990 ; l'amendement a été adopté par le Conseil le et publié au Journal officiel de l'Union européenne le . Des crédits internationaux sont autorisés à partir de , dans la limite de . Source : règlement (UE) 2026/667 du 11 mars 2026 modifiant la loi européenne sur le climat (JOUE du 18 mars 2026).
- Pourquoi les émissions de gaz à effet de serre sont-elles une défaillance de marché ?
- Quels outils d'internalisation les documents 2 et 3 illustrent-ils ?
- Quelles limites ces outils présentent-ils ?
- L'atmosphère est un mondial (rival, non exclusif) et chaque émission est une dont le coût n'est pas payé par l'émetteur : le marché sur-produit des émissions. Le franchissement de sept limites planétaires sur neuf traduit des coûts externes accumulés.
- Le document 2 illustre l'approche par le (logique de Pigou et marché de quotas) étendue aux importations pour éviter qu'un pays sans règle ne soit avantagé ; le document 3 illustre la : un plafond d'émissions fixé politiquement, avec une flexibilité (crédits internationaux limités à 5 % à partir de 2036).
- (délocalisation vers des pays moins exigeants), du dommage, acceptabilité sociale, pour certains secteurs, et nécessité d'une coopération internationale puisque les biens communs mondiaux n'ont pas d'autorité unique (cours 36).
Cas 2 : Pigou et Coase sur un cas local (cas fictif)
Cas fictif. Une usine rejette des effluents dans un étang. Pour une dizaine de pêcheurs, le dommage est estimé à par an. L'usine peut installer un dispositif de dépollution coûtant par an. Par ailleurs, une taxe de 20 € par tonne de produit est envisagée : l'usine produit 1 000 tonnes sans taxe et 800 tonnes avec taxe (l'énoncé fournit ces chiffres).
(a) Quelle solution coasienne est possible selon l'attribution du droit ? (b) Quelle recette tire-t-on de la taxe ? (c) Quelle recommandation pour le maire ?
- (a) : les pêcheurs ont intérêt à lui payer la dépollution (coût 30 000 € contre 50 000 € de dommage), pour une somme comprise entre 30 000 et 50 000 € : l'usine dépollue. : l'usine préfère dépolluer (30 000 €) plutôt que verser 50 000 € de dommages. Dans les deux cas, la ; seule la répartition du coût change : c'est l'intuition de Coase.
- (b) Recette de la taxe : 20 × 800 = ; la production baisse de 200 tonnes. La taxe incite à réduire l'activité polluante mais ne compense pas directement les pêcheurs.
- (c) Objet : régler la pollution de l'étang. Constat : le dommage (50 000 €) dépasse le coût de dépollution (30 000 €). Analyse : les parties sont peu nombreuses, la négociation est donc praticable (coûts de transaction faibles). Recommandation : faciliter une négociation encadrée par un droit clairement défini, avec un contrôle public du résultat ; réserver la taxe ou la norme aux cas où la négociation échoue ou où les pollueurs sont nombreux.
Cas 3 : plan détaillé d'une question problématisée
Le marché peut-il répondre aux enjeux environnementaux ?
L'environnement est un bien commun dont le marché ignore les coûts : quels instruments permettent d'intégrer ces coûts, et avec quelles limites ?
| Partie | Arguments | Illustrations |
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| Externalités négatives, biens communs, passager clandestin, tragédie des communs (Hardin) | Sept limites planétaires sur neuf franchies (Stockholm Resilience Centre, 24 septembre 2025) |
| Taxe (Pigou), droits de propriété et négociation (Coase), marché de quotas, norme | SEQE-UE depuis 2005 ; MACF en phase définitive depuis le 1er janvier 2026 ; objectif de −90 % en 2040 |
| Fuite de carbone, acceptabilité, coût de transition ; gouvernance des communs (Ostrom) à plusieurs échelles | Crédits internationaux limités à 5 % dès 2036 ; besoin de coopération mondiale |
Le marché ne peut répondre seul : il faut des règles qui fixent un prix ou un plafond aux émissions. Aucun instrument n'est suffisant : la taxe fixe un prix sans garantir la quantité, le quota fixe la quantité sans garantir le prix, la gouvernance locale ne suffit pas pour un bien commun mondial. La combinaison et la coopération sont indispensables.
| Terme | Définition |
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| Situation où le marché n'aboutit pas à l'allocation efficace |
| Effet d'une activité sur un tiers non pris en compte par le marché |
| Intégration du coût ou de l'avantage externe dans les décisions de l'agent |
| Coût privé plus coût externe |
| Bien non rival et non exclusif |
| Ressource rivale et d'accès non exclusif |
| Agent qui profite d'un bien sans contribuer |
| Surexploitation d'une ressource commune libre d'accès (Hardin) |
| Droit d'émission que l'on peut vendre ou acheter |
- Les retenues au programme sont les externalités, les biens collectifs et communs, les asymétries d'information.
- Une est un effet sur un tiers non pris en compte par le marché ; elle peut être ou .
- : taxe ou subvention égale au dommage ou à l'avantage externe.
- : droits de propriété clairs et négociation lorsque les coûts de transaction sont faibles.
- Le (SEQE-UE) fixe un plafond et laisse s'échanger les droits ; le étend le prix du carbone aux importations.
- Un est non rival et non exclusif : problème du passager clandestin, d'où le financement public.
- Un est rival et non exclusif : (Hardin) ; montre des modes de gouvernance collective durable.
- Aucun outil n'est parfait : évaluation du dommage, fuites, acceptabilité, coopération internationale.
- : un bien produit par l'État n'est pas forcément non rival et non exclusif.
- : le premier est rival, le second non.
- : il suppose des droits de propriété garantis et des coûts de transaction faibles.
- : Ostrom montre des cas de gestion durable.
- : la taxe fixe le prix, le quota fixe la quantité.
- (vaccination, recherche), qui sont sous-produites.
- .
- : elles font l'objet du cours 09.
R : C'est l'effet d'une activité sur un tiers, non pris en compte par le marché. Négatif : la pollution d'une rivière. Positif : la vaccination, qui protège aussi les non-vaccinés.
R : Pigou propose une intervention publique par une taxe (ou subvention) égale au dommage. Coase propose de définir des droits de propriété et de laisser les parties négocier, ce qui suppose des coûts de transaction faibles.
R : Parce qu'on ne peut exclure personne de son usage : chacun a intérêt à être passager clandestin, donc personne ne paie assez. Il est financé par l'impôt.
R : C'est la surexploitation d'une ressource libre d'accès (Hardin, 1968). On peut l'éviter par la privatisation, la régulation publique (quotas) ou une gouvernance collective (Ostrom).
R : L'Union fixe un plafond global d'émissions et distribue ou vend des quotas échangeables. Les entreprises qui réduisent à moindre coût vendent des quotas à celles pour lesquelles la réduction est plus coûteuse.
R : À éviter que les produits importés échappent au prix du carbone appliqué aux producteurs européens (fuite de carbone) : depuis le 1er janvier 2026, les importateurs de certains produits doivent acquérir des certificats.