Annales DCG · UE 11
Annales DCG UE11 Contrôle de gestion : sujet type corrigé
Un sujet complet de 4 heures sur le programme 2025 de l'UE11, construit comme le sujet zéro de la session 2027 : quatre dossiers indépendants notés 6, 5, 5 et 4 points, une base documentaire, des calculs et un écrit argumenté pour conseiller le décideur dans chaque dossier. Le corrigé pose chaque calcul, le vérifie et propose les écrits attendus.
- Épreuve écrite de 4 heures
- 4 dossiers, 20 points
- Programme 2025, session 2027
Le sujet
| Dossier | Points |
|---|---|
| Dossier 1 : Coûts et sous-activité hivernale | 6 |
| Dossier 2 : Écarts sur le coût du bain de soleil Lagon | 5 |
| Dossier 3 : Projet de cabine de laquage automatique | 5 |
| Dossier 4 : Prix et risque d'exploitation | 4 |
UE 11, Contrôle de gestion. Durée de l'épreuve : 4 heures. Coefficient : 1.
- Document autorisé : aucun.
- Matériel autorisé : calculatrice avec mode examen actif, ou calculatrice sans mémoire de « type collège ». Tout autre matériel est interdit.
- Le sujet comporte 4 dossiers indépendants, notés 6, 5, 5 et 4 points, et une base documentaire (documents 1 à 12).
Si le texte du sujet, de ses questions ou de ses documents te conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, mentionne-les explicitement sur ta copie. Toute information calculée doit être justifiée. Les commentaires et analyses comptent autant que les calculs. Sauf indication contraire, arrondis les résultats à deux décimales ; les probabilités lues dans la table sont conservées avec cinq décimales.
Contexte. La SAS Brisane conçoit et fabrique du mobilier de jardin en aluminium laqué (chaises, tables, bains de soleil, salons) qu'elle vend aux jardineries, aux enseignes d'équipement de la maison et aux hôtels et restaurants pour leurs terrasses. L'entreprise emploie 80 salariés sur un site unique, organisé en deux ateliers de production : l'atelier découpe-soudure (sections découpe et soudure des profilés) et l'atelier laquage-assemblage (sections laquage, assemblage et conditionnement). La main-d'œuvre directe coûte 25 € l'heure, charges comprises. L'activité est très saisonnière : les ventes se concentrent entre mars et août, et l'atelier produit pour stock pendant l'hiver.
La présidente, Mme Inès Calmette, veut fiabiliser les coûts, mieux piloter la production et la qualité, et préparer les prix de la saison 2027. Tu as rejoint le service contrôle de gestion de Brisane comme assistant ou assistante de M. Baptiste Ferlay, contrôleur de gestion, qui te confie quatre missions.
Dossier 1 : Coûts et sous-activité hivernale (6 points)
Base documentaire : documents 1 à 3.
Au quatrième trimestre 2026, l'atelier a fabriqué deux produits phares : la chaise empilable Calanque et la table Escale. Comme chaque hiver, l'activité a été inférieure à l'activité normale et une partie de la production a été stockée pour la saison suivante. Mme Calmette s'étonne : le coût unitaire de la chaise calculé par le service est plus élevé en hiver qu'au printemps, et elle hésite à accepter une commande d'une enseigne à un prix qu'elle juge « inférieur au coût ».
1.1 Achever la répartition des charges indirectes du trimestre (document 1) et calculer le coût de l'unité d'œuvre de chaque centre principal.
1.2 Calculer, selon la méthode des coûts complets, le coût de production unitaire de chaque produit, la valeur du stock final de produits finis, le coût de revient et le résultat analytique de chaque produit pour le trimestre.
1.3 Appliquer l'imputation rationnelle des charges fixes aux deux centres de production (document 3) : calculer pour chaque centre le coefficient d'activité, le coût de l'unité d'œuvre et la différence d'imputation rationnelle, puis le coût de production unitaire de chaque produit et le résultat du trimestre.
1.4 Calculer le résultat du trimestre selon la méthode du coût variable. Expliquer, montants à l'appui, pourquoi les résultats obtenus aux questions 1.2, 1.3 et 1.4 diffèrent.
1.5 Mesurer, par un raisonnement marginal, l'incidence sur le résultat de la commande décrite dans le document 3, puis rédiger un écrit d'une page environ pour conseiller Mme Calmette sur :
- le coût à retenir pour préparer les prix de la saison 2027 ;
- l'acceptation de la commande ;
- l'information apportée par la différence d'imputation rationnelle.
Dossier 2 : Écarts sur le coût du bain de soleil Lagon (5 points)
Base documentaire : documents 4 à 6.
Le bain de soleil Lagon est fabriqué en séries au printemps ; ses profilés passent par la section soudure de l'atelier découpe-soudure. En juin 2026, son coût de production a dépassé le coût préétabli, alors que le service achats venait de changer de fournisseur d'aluminium pour un alliage moins cher et plus riche en aluminium recyclé. M. Hugo Lemarchand, directeur industriel, demande une analyse avant de confirmer ce fournisseur pour 2027.
2.1 Calculer l'écart global sur coût de production du mois de juin 2026, puis le décomposer : écarts sur prix et sur quantité de l'aluminium, écarts sur taux et sur temps de la main-d'œuvre directe, écarts sur budget, sur activité et sur rendement de la section soudure. Vérifier la cohérence des calculs.
2.2 Présenter un tableau de bord de suivi de la fabrication du bain de soleil Lagon comprenant au moins cinq indicateurs (prévision, réalisation, écart), dont un indicateur de durabilité.
2.3 Rédiger un écrit d'une page environ à l'attention de M. Lemarchand pour expliquer les écarts, se prononcer sur le maintien du nouveau fournisseur et proposer des pistes d'amélioration, en précisant les limites de l'analyse.
Dossier 3 : Projet de cabine de laquage automatique (5 points)
Base documentaire : documents 7 à 10.
La section laquage de l'atelier laquage-assemblage applique une peinture en poudre polymérisée au four. Une épaisseur insuffisante expose le métal à la corrosion, une épaisseur excessive provoque des défauts d'aspect et gaspille de la poudre : toute pièce hors tolérance est décapée puis relaquée. Mme Calmette envisage de remplacer la cabine manuelle par une cabine à pistolets automatiques. Elle veut une analyse de la qualité, des coûts et des effets environnementaux du projet.
3.1 Calculer la proportion de pièces hors tolérance avec la cabine actuelle, puis avec la cabine automatique selon les paramètres annoncés par le fournisseur. En déduire, dans chaque cas, le nombre annuel de pièces reprises et le coût des reprises.
3.2 À partir de l'essai réalisé chez le fournisseur, estimer par un intervalle de confiance à 95 % l'épaisseur moyenne obtenue avec la cabine automatique. Interpréter ce résultat au regard du réglage annoncé.
3.3 Classer les coûts liés à la qualité de la section laquage, pour 2026 et après l'investissement, en coûts de prévention, de détection, de défaillances internes et de défaillances externes. Calculer le coût d'obtention de la qualité dans les deux situations et conclure sur l'intérêt économique du projet.
3.4 Calculer trois indicateurs environnementaux de la section laquage avant et après le projet (document 9), puis rédiger une synthèse d'une demi-page environ pour conseiller Mme Calmette sur l'investissement, en signalant les limites et les risques liés aux outils de mesure utilisés.
Dossier 4 : Prix et risque d'exploitation (4 points)
Base documentaire : documents 11 et 12.
Pour la saison 2027, le directeur commercial propose de baisser le prix du salon de jardin Riviera pour regagner les volumes perdus en 2026. Mme Calmette veut mesurer l'effet de cette décision et, plus largement, le risque d'exploitation de l'entreprise dans une activité aussi saisonnière.
4.1 Calculer l'élasticité de la demande du salon Riviera par rapport à son prix entre 2025 et 2026, et l'interpréter. Évaluer ensuite l'effet sur la marge sur coût variable des deux options de prix envisagées pour 2027.
4.2 À partir du budget 2027, calculer le seuil de profitabilité, la marge de sécurité, l'indice de sécurité et le levier opérationnel. Déterminer la date à laquelle le seuil de profitabilité serait atteint compte tenu de la saisonnalité des ventes, et la comparer à celle d'une activité régulière.
4.3 Rédiger un écrit d'une demi-page à une page pour conseiller Mme Calmette sur le prix du salon Riviera et sur le risque d'exploitation de Brisane, en proposant des solutions de gestion adaptées.
Base documentaire
Document 1 : charges indirectes du quatrième trimestre 2026
Répartition primaire (en euros)
| Centres | Maintenance | Gestion du personnel | Découpe-soudure | Laquage-assemblage | Distribution | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Total après répartition primaire | 26 000 | 17 000 | 59 000 | 75 000 | 26 000 | 203 000 |
Prestations des centres auxiliaires (répartition secondaire)
| Maintenance | Gestion du personnel | Découpe-soudure | Laquage-assemblage | Distribution | |
|---|---|---|---|---|---|
| Maintenance | 10 % | 50 % | 30 % | 10 % | |
| Gestion du personnel | 20 % | 30 % | 30 % | 20 % |
Unités d'œuvre
| Centre | Unité d'œuvre |
|---|---|
| Découpe-soudure | Heure-machine |
| Laquage-assemblage | Heure de main-d'œuvre directe |
| Distribution | 100 € de chiffre d'affaires |
Document 2 : production et ventes du quatrième trimestre 2026
| Chaise Calanque | Table Escale | |
|---|---|---|
| Quantités produites | 3 000 | 800 |
| Quantités vendues | 1 800 | 500 |
| Prix de vente unitaire HT | 100 € | 300 € |
| Aluminium consommé par unité (5 € le kg) | 3 kg | 9 kg |
| Autres composants par unité (toile, plateau, visserie) | 9 € | 40 € |
| Main-d'œuvre directe par unité (25 € l'heure) | 0,6 h | 1,5 h |
| Heures-machine de découpe-soudure par unité | 0,4 h | 0,5 h |
- Il n'y avait aucun stock de produits finis au 1er octobre 2026 ; il n'y a pas d'en-cours.
- Les matières et composants sont valorisés aux prix indiqués (aucun écart d'achat, aucun stock à analyser).
- Les stocks de produits finis sont évalués au coût de production de la méthode utilisée.
Document 3 : comportement des charges, capacité et commande
Charges fixes du trimestre après répartition secondaire
| Centre | Charges fixes | Activité normale du trimestre |
|---|---|---|
| Découpe-soudure | 48 000 € | 2 000 heures-machine |
| Laquage-assemblage | 60 000 € | 4 000 heures de main-d'œuvre directe |
| Distribution | 19 800 € | non utilisée |
- Le reste des charges de chaque centre est proportionnel à son unité d'œuvre. La main-d'œuvre directe est considérée comme une charge variable.
- L'imputation rationnelle ne s'applique qu'aux deux centres de production ; les charges de distribution sont imputées pour leur montant réel.
- Capacité maximale du trimestre (une seule équipe en hiver) : 2 200 heures-machine en découpe-soudure, 4 400 heures en laquage-assemblage.
Commande proposée (décembre 2026). Une enseigne propose d'acheter 400 chaises Calanque à 70 € HT l'unité, livrables avant le 31 décembre 2026, pour une opération promotionnelle d'hiver sous sa propre marque. Ces chaises seraient fabriquées en plus du programme du trimestre, sans autre charge que les charges variables habituelles.
Document 4 : fiche de coût préétabli du bain de soleil Lagon et budget de la section soudure
| Élément | Quantité préétablie par unité | Coût unitaire préétabli | Montant (€) |
|---|---|---|---|
| Aluminium | 6 kg | 5,00 € le kg | 30,00 |
| Main-d'œuvre directe | 1,2 h | 25,00 € l'heure | 30,00 |
| Section soudure | 0,5 heure-machine | à calculer | à calculer |
Budget mensuel de printemps de la section soudure (de mars à juillet, la section travaille en deux équipes) : charges fixes 10 000 €, charges variables 22 € par heure-machine, activité normale 1 000 heures-machine, correspondant à la production budgétée de 2 000 bains de soleil par mois.
Document 5 : réalisations de juin 2026 (bain de soleil Lagon)
| Élément | Réalisation |
|---|---|
| Production | 1 800 bains de soleil |
| Aluminium acheté et consommé | 11 160 kg à 4,80 € le kg |
| Main-d'œuvre directe | 2 250 heures pour 58 500 €, heures supplémentaires majorées comprises |
| Section soudure | 960 heures-machine ; charges réelles 32 100 € |
Document 6 : notes internes sur le mois de juin
- Service achats : le nouvel alliage contient 85 % d'aluminium recyclé (40 % pour l'ancien). Selon les déclarations des deux fournisseurs, l'empreinte carbone de l'alliage est de 3,0 kg équivalent CO2 par kg pour le nouveau, contre 9,0 kg pour l'ancien (données fictives, à visée pédagogique).
- Chef d'atelier : le nouvel alliage est plus délicat à souder ; les soudeurs ont dû reprendre des réglages et les chutes ont augmenté. Pour tenir les délais, une partie des heures a été effectuée en heures supplémentaires.
- Direction commerciale : une commande d'une jardinerie, prévue en juin, a été reportée en septembre, ce qui explique une production inférieure au budget.
Document 7 : contrôle de l'épaisseur du laquage
- Tolérance d'épaisseur de la couche de poudre : de 60 µm à 90 µm. La section laque 60 000 pièces par an ; chaque pièce hors tolérance est reprise (décapage et nouveau laquage) pour un coût de 20 €.
- Cabine actuelle : l'épaisseur suit une loi normale de moyenne 78 µm et d'écart-type 6 µm ; toutes les pièces sont mesurées en fin de ligne.
- Cabine automatique (paramètres annoncés par le fournisseur) : loi normale de moyenne 75 µm et d'écart-type 4 µm. Investissement de 180 000 €, amorti sur 8 ans ; contrat de maintenance de 4 500 € par an.
- Essai sur la cabine de démonstration du fournisseur : 64 pièces de Brisane prélevées au hasard ; épaisseur moyenne 75,6 µm ; écart-type estimé de la population (calculé avec n - 1) : 4,2 µm.
Document 8 : coûts liés à la qualité de la section laquage
| Élément | 2026 (€) | Après investissement (estimation) |
|---|---|---|
| Formation des opérateurs de laquage | 6 000 | inchangé |
| Maintenance préventive de la cabine et du four | 9 000 | inchangé |
| Amortissement et maintenance de la cabine automatique | 0 | 22 500 + 4 500 |
| Mesure de l'épaisseur de toutes les pièces en fin de ligne | 32 000 | remplacée par un contrôle par échantillon : 10 000 € |
| Contrôle des lots de poudre à réception | 4 000 | inchangé |
| Reprises des pièces hors tolérance | à calculer (question 3.1) | à calculer (question 3.1) |
| Arrêts de ligne non planifiés (nettoyage, coulures) | 11 000 | baisse de 60 % |
| Remplacements sous garantie (défauts d'aspect du laquage) | 36 000 | baisse de 40 % |
| Traitement des réclamations clients | 5 000 | baisse de 40 % |
| Pénalités de retard d'une enseigne (livraisons retardées par les reprises) | 3 000 | supprimées |
Chiffre d'affaires 2026 de Brisane : 4 200 000 €.
Document 9 : données environnementales de la section laquage
| Donnée annuelle (pour 60 000 pièces) | 2026 | Après investissement (estimation du fournisseur) |
|---|---|---|
| Électricité et gaz consommés (cabine et four) | 312 000 kWh | 276 000 kWh |
| Poudre consommée | 39 000 kg | 36 000 kg |
| Poudre non récupérée, éliminée comme déchet | 7 800 kg | 2 880 kg |
Document 10 : extrait de la table de la loi normale centrée réduite
Π(t) = P(T ≤ t), pour T suivant la loi normale centrée réduite. Pour t positif, Π(- t) = 1 - Π(t).
| t | 1,645 | 1,96 | 2,00 | 2,50 | 2,576 | 3,00 | 3,50 | 3,75 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Π(t) | 0,95002 | 0,97500 | 0,97725 | 0,99379 | 0,99500 | 0,99865 | 0,99977 | 0,99991 |
Document 11 : salon de jardin Riviera
| 2025 | 2026 | |
|---|---|---|
| Prix de vente unitaire HT | 600 € | 630 € |
| Quantités vendues | 1 200 | 1 080 |
| Coût variable unitaire | 360 € | 360 € |
Options pour 2027 :
- Option A (proposée par le directeur commercial) : baisse du prix de 10 % ;
- Option B : hausse du prix de 5 %.
On suppose que l'élasticité observée entre 2025 et 2026 reste valable, que le coût variable unitaire et les charges fixes sont inchangés et que la capacité de production est suffisante.
Document 12 : budget 2027 de Brisane (établi avec le prix 2026 du salon Riviera)
| Élément | Montant (€) |
|---|---|
| Chiffre d'affaires | 4 500 000 |
| Charges variables | 2 700 000 |
| Charges fixes | 1 440 000 |
Répartition prévisionnelle du chiffre d'affaires 2027 par mois (en % du total annuel) :
| Janv. | Févr. | Mars | Avril | Mai | Juin | Juil. | Août | Sept. | Oct. | Nov. | Déc. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 | 4 | 9 | 13 | 15 | 15 | 12 | 8 | 7 | 5 | 4 | 5 |
Le taux de marge sur coût variable est supposé constant tout au long de l'année. Pour les calculs de date, retiens des mois de 30 jours (année de 360 jours).
Le corrigé détaillé
Traite le sujet d'abord : chaque dossier se déplie quand tu es prêt.
CorrigéDossier 1 : Coûts et sous-activité hivernale
1.1 Répartition secondaire et coût des unités d'œuvre
Prestations réciproques. Les deux centres auxiliaires se rendent des services l'un à l'autre : on calcule d'abord le total à répartir de chacun, prestations reçues comprises. Soit M le total de la maintenance et G celui de la gestion du personnel :
- M = 26 000 + 0,20 G
- G = 17 000 + 0,10 M
Par substitution : M = 26 000 + 0,20 × (17 000 + 0,10 M) = 29 400 + 0,02 M, d'où 0,98 M = 29 400 et M = 30 000 € ; G = 17 000 + 3 000 = 20 000 €.
| Maintenance | Gestion du personnel | Découpe-soudure | Laquage-assemblage | Distribution | |
|---|---|---|---|---|---|
| Répartition primaire | 26 000 | 17 000 | 59 000 | 75 000 | 26 000 |
| Maintenance (30 000) | - 30 000 | 3 000 | 15 000 | 9 000 | 3 000 |
| Gestion du personnel (20 000) | 4 000 | - 20 000 | 6 000 | 6 000 | 4 000 |
| Répartition secondaire | 0 | 0 | 80 000 | 90 000 | 33 000 |
| Nature de l'unité d'œuvre | Heure-machine | Heure de MOD | 100 € de CA | ||
| Nombre d'unités d'œuvre | 1 600 | 3 000 | 3 300 | ||
| Coût de l'unité d'œuvre | 50,00 € | 30,00 € | 10,00 € |
Calcul des unités d'œuvre :
- heures-machine : 3 000 × 0,4 + 800 × 0,5 = 1 200 + 400 = 1 600 h ;
- heures de MOD : 3 000 × 0,6 + 800 × 1,5 = 1 800 + 1 200 = 3 000 h ;
- chiffre d'affaires : 1 800 × 100 + 500 × 300 = 180 000 + 150 000 = 330 000 €, soit 3 300 unités de 100 €.
Contrôle : 80 000 + 90 000 + 33 000 = 203 000 €, total des charges indirectes ; les centres auxiliaires sont soldés.
1.2 Coûts complets et résultats analytiques
Coût de production unitaire
| Élément | Chaise Calanque | Table Escale |
|---|---|---|
| Aluminium | 3 × 5 = 15,00 | 9 × 5 = 45,00 |
| Autres composants | 9,00 | 40,00 |
| Main-d'œuvre directe | 0,6 × 25 = 15,00 | 1,5 × 25 = 37,50 |
| Découpe-soudure | 0,4 × 50 = 20,00 | 0,5 × 50 = 25,00 |
| Laquage-assemblage | 0,6 × 30 = 18,00 | 1,5 × 30 = 45,00 |
| Coût de production unitaire | 77,00 € | 192,50 € |
Stocks, coûts de revient et résultats du trimestre
| Élément | Chaise Calanque | Table Escale | Total |
|---|---|---|---|
| Coût de production de la période | 3 000 × 77 = 231 000 | 800 × 192,50 = 154 000 | 385 000 |
| Stock final (quantités) | 1 200 | 300 | |
| Stock final (valeur) | 92 400 | 57 750 | 150 150 |
| Coût de production des produits vendus | 1 800 × 77 = 138 600 | 500 × 192,50 = 96 250 | 234 850 |
| Distribution (10 € par 100 € de CA) | 18 000 | 15 000 | 33 000 |
| Coût de revient | 156 600 | 111 250 | 267 850 |
| Chiffre d'affaires | 180 000 | 150 000 | 330 000 |
| Résultat analytique | 23 400 | 38 750 | 62 150 |
Coût de revient unitaire : 87,00 € pour la chaise (résultat de 13 € par chaise vendue), 222,50 € pour la table (77,50 € par table).
1.3 Imputation rationnelle
La présentation du tableau des charges indirectes avec imputation rationnelle n'est pas demandée : les calculs sont posés centre par centre.
Règle. Seule la part des charges fixes correspondant à l'activité réelle, rapportée à l'activité normale, est incorporée aux coûts : charges fixes imputées = charges fixes × coefficient d'activité (activité réelle / activité normale). La différence d'imputation rationnelle (charges imputées - charges réelles) est un coût de chômage lorsqu'elle est négative, un boni de suractivité lorsqu'elle est positive ; elle est portée directement au résultat de la période.
| Élément | Découpe-soudure | Laquage-assemblage |
|---|---|---|
| Charges du centre | 80 000 | 90 000 |
| dont fixes | 48 000 | 60 000 |
| dont variables | 32 000, soit 32 000 / 1 600 = 20 € par heure-machine | 30 000, soit 30 000 / 3 000 = 10 € par heure |
| Coefficient d'activité | 1 600 / 2 000 = 0,80 | 3 000 / 4 000 = 0,75 |
| Charges fixes par unité d'œuvre à l'activité normale | 48 000 / 2 000 = 24 € | 60 000 / 4 000 = 15 € |
| Coût de l'unité d'œuvre | 20 + 24 = 44,00 € | 10 + 15 = 25,00 € |
| Charges imputées aux produits | 1 600 × 44 = 70 400 | 3 000 × 25 = 75 000 |
| Différence d'imputation rationnelle | 70 400 - 80 000 = - 9 600 | 75 000 - 90 000 = - 15 000 |
| Vérification : charges fixes × (coefficient - 1) | 48 000 × (- 0,20) = - 9 600 | 60 000 × (- 0,25) = - 15 000 |
Les deux centres sont en sous-activité : le coût de chômage du trimestre s'élève à 9 600 + 15 000 = 24 600 €.
Coûts de production unitaires avec imputation rationnelle
| Élément | Chaise Calanque | Table Escale |
|---|---|---|
| Charges directes (aluminium, composants, MOD) | 39,00 | 122,50 |
| Découpe-soudure | 0,4 × 44 = 17,60 | 0,5 × 44 = 22,00 |
| Laquage-assemblage | 0,6 × 25 = 15,00 | 1,5 × 25 = 37,50 |
| Coût de production unitaire | 71,60 € | 182,00 € |
Résultat du trimestre
| Élément | Chaise Calanque | Table Escale | Total |
|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 180 000 | 150 000 | 330 000 |
| Coût de production des produits vendus | 1 800 × 71,60 = 128 880 | 500 × 182 = 91 000 | 219 880 |
| Distribution | 18 000 | 15 000 | 33 000 |
| Résultat sur coûts rationnels | 33 120 | 44 000 | 77 120 |
| Différence d'imputation rationnelle (coût de chômage) | - 24 600 | ||
| Résultat du trimestre | 52 520 |
Le stock final vaut désormais 1 200 × 71,60 + 300 × 182 = 85 920 + 54 600 = 140 520 €.
1.4 Coût variable et rapprochement des trois résultats
Coûts variables unitaires. Production : charges directes + charges variables des centres. Distribution : charges variables 33 000 - 19 800 = 13 200 €, soit 13 200 / 330 000 = 4 % du chiffre d'affaires.
| Élément | Chaise Calanque | Table Escale | Total |
|---|---|---|---|
| Coût variable de production unitaire | 39 + 0,4 × 20 + 0,6 × 10 = 53,00 | 122,50 + 0,5 × 20 + 1,5 × 10 = 147,50 | |
| Coût variable de distribution unitaire (4 % du prix) | 4,00 | 12,00 | |
| Marge sur coût variable unitaire | 100 - 53 - 4 = 43,00 | 300 - 147,50 - 12 = 140,50 | |
| Taux de marge sur coût variable | 43 % | 46,83 % | |
| Marge sur coût variable du trimestre | 1 800 × 43 = 77 400 | 500 × 140,50 = 70 250 | 147 650 |
| Charges fixes du trimestre | 48 000 + 60 000 + 19 800 = 127 800 | ||
| Résultat | 19 850 |
Pourquoi trois résultats différents ? Toutes les charges du trimestre sont identiques dans les trois calculs ; seule change la part des charges fixes de production qui reste dans le stock final (1 200 chaises et 300 tables) au lieu de peser sur le résultat du trimestre.
| Méthode | Charges fixes de production par unité stockée | Charges fixes portées par le stock final | Résultat |
|---|---|---|---|
| Coûts complets | Chaise : 77 - 53 = 24 € ; table : 192,50 - 147,50 = 45 € | 1 200 × 24 + 300 × 45 = 42 300 | 62 150 |
| Imputation rationnelle | Chaise : 71,60 - 53 = 18,60 € ; table : 182 - 147,50 = 34,50 € | 1 200 × 18,60 + 300 × 34,50 = 32 670 | 52 520 |
| Coût variable | Aucune | 0 | 19 850 |
- Coûts complets - coût variable : 62 150 - 19 850 = 42 300 €, les charges fixes stockées.
- Coûts complets - imputation rationnelle : 62 150 - 52 520 = 9 630 € = 42 300 - 32 670 : c'est la part du coût de la sous-activité incorporée au stock par les coûts complets (1 200 × 5,40 + 300 × 10,50 = 6 480 + 3 150).
Les trois méthodes donnent le même résultat seulement lorsqu'il n'y a pas de variation de stocks (production égale aux ventes). Ici, la production d'hiver est stockée pour la saison : plus une méthode incorpore de charges fixes aux stocks, plus le résultat du trimestre est élevé, au détriment du trimestre où ces produits seront vendus. Sur la durée, les écarts s'annulent quand les stocks reviennent à leur niveau initial. En comptabilité financière, l'affectation des frais généraux fixes de production est également fondée sur la capacité normale (PCG, article 213-32) : la valeur obtenue avec l'imputation rationnelle est cohérente avec cette règle.
1.5 Commande de l'enseigne et écrit au décideur
Capacité. La commande demande 400 × 0,4 = 160 heures-machine et 400 × 0,6 = 240 heures de MOD. L'activité passerait à 1 760 heures-machine (capacité maximale 2 200) et à 3 240 heures (capacité 4 400) : la commande est réalisable sans investissement ni charge fixe supplémentaire.
Incidence sur le résultat (raisonnement marginal) :
| Élément | Par chaise (€) | Pour 400 chaises (€) |
|---|---|---|
| Prix de vente | 70,00 | 28 000 |
| Coût variable de production | - 53,00 | - 21 200 |
| Coût variable de distribution (4 % de 70) | - 2,80 | - 1 120 |
| Marge sur coût variable supplémentaire | 14,20 | 5 680 |
La commande augmente la marge sur coût variable de 5 680 €, alors que son prix est inférieur au coût de revient complet de la chaise (77 + 10 % × 70 = 84 €) : les charges fixes, engagées de toute façon, ne changent pas avec la commande. Cet effet de 5 680 € se lit directement dans le résultat du trimestre calculé en coût variable (19 850 + 5 680 = 25 530 €) et avec l'imputation rationnelle (52 520 + 5 680 = 58 200 €) : dans ce cas, la commande réduit le coût de chômage de 160 × 24 + 240 × 15 = 7 440 €, qui compense sa perte apparente sur coût rationnel.
En coûts complets, le résultat du trimestre n'augmente que d'environ 2 228 € : les charges fixes se répartissent sur davantage d'unités, les coûts d'unité d'œuvre baissent (47,27 € l'heure-machine, 28,52 € l'heure de MOD, 9,53 € pour 100 € de chiffre d'affaires), le coût de production de la chaise passe à 75,02 € et celui de la table à 188,91 €. Le stock final, qui garde les mêmes quantités, vaut alors 146 698,48 € au lieu de 150 150 € : 3 451,52 € de charges fixes quittent le stock pour peser sur le trimestre (64 378,48 - 62 150 = 2 228,48 €). Sur la durée, quand ce stock sera vendu, l'effet réel de la commande est bien de 5 680 € : la différence n'est qu'un décalage entre périodes.
Proposition d'écrit
Objet : coûts du quatrième trimestre 2026 et commande d'hiver de l'enseigne.
1. Le coût à retenir pour les prix 2027. Le coût complet de la chaise Calanque (77 € en production) est gonflé par la sous-activité d'hiver : les deux ateliers n'ont tourné qu'à 80 % et 75 % de leur activité normale, et les charges fixes ont été réparties sur moins d'unités. Ce coût change avec le volume du trimestre ; il ne mesure pas l'efficacité de l'atelier. Pour préparer les prix de la saison, je recommande le coût avec imputation rationnelle : 71,60 € pour la chaise et 182 € pour la table en production, soit des coûts de revient voisins de 81,60 € et 212 € avec la distribution. Ces coûts sont stables d'un trimestre à l'autre et comprennent la part normale des charges fixes, que les prix doivent couvrir sur l'année.
2. La commande de l'enseigne. Le prix de 70 € est inférieur au coût complet, mais la question est de savoir ce que la commande ajoute au résultat. Elle utilise une capacité aujourd'hui inemployée et n'entraîne que des charges variables (55,80 € par chaise) : elle rapporte 14,20 € de marge par chaise, soit 5 680 € de résultat supplémentaire sur la durée (le résultat du trimestre en coûts complets n'en montrera qu'environ 2 228 €, le reste apparaissant à la vente du stock d'hiver). Je recommande de l'accepter, sous trois conditions : vendre sous la marque de l'enseigne et avec une référence de coloris distincte, pour ne pas créer un prix de référence de 70 € face à nos jardineries qui achètent la chaise 100 € ; limiter l'opération à l'hiver ; vérifier que la fabrication ne retarde pas le stock nécessaire au printemps. Un prix de ce niveau ne serait pas soutenable en saison, quand la capacité est pleinement utilisée.
3. Ce que dit la différence d'imputation rationnelle. Le coût de chômage de 24 600 € est le coût de la capacité inutilisée cet hiver. Il n'est pas imputable aux produits : c'est une charge de la période, liée au niveau des commandes et non à la performance de l'atelier. Il doit être suivi dans le tableau de bord, trimestre par trimestre, et rapproché des bonis attendus au printemps. S'il ne se compense pas sur l'année, l'activité normale retenue est trop élevée ou la structure est surdimensionnée : il faudra alors développer des ventes d'hiver (hôtellerie de l'hémisphère sud, commandes à marque d'enseigne) ou adapter la capacité (annualisation du temps de travail, maintenance programmée l'hiver).
Limites : les résultats dépendent de l'activité normale retenue, des clés de répartition et du classement des charges en fixes et variables ; la main-d'œuvre directe est supposée variable, ce qui n'est pas toujours vrai à court terme.
CorrigéDossier 2 : Écarts sur le coût du bain de soleil Lagon
2.1 Calcul et décomposition des écarts
Coût préétabli. Coût standard de l'heure-machine de la section soudure : 22 + 10 000 / 1 000 = 22 + 10 = 32 €. Coût préétabli unitaire : 30,00 + 30,00 + 0,5 × 32 = 76,00 €.
Pour une production réelle de 1 800 unités, les quantités préétablies sont : aluminium 1 800 × 6 = 10 800 kg ; MOD 1 800 × 1,2 = 2 160 h ; soudure 1 800 × 0,5 = 900 heures-machine (activité préétablie).
Convention : écart = réel - préétabli ; un écart positif est défavorable (D), un écart négatif favorable (F).
Écart global
| Élément | Coût réel (€) | Coût préétabli de la production réelle (€) | Écart global (€) |
|---|---|---|---|
| Aluminium | 11 160 × 4,80 = 53 568 | 10 800 × 5 = 54 000 | - 432 F |
| Main-d'œuvre directe | 58 500 | 2 160 × 25 = 54 000 | + 4 500 D |
| Section soudure | 32 100 | 900 × 32 = 28 800 | + 3 300 D |
| Total | 144 168 | 1 800 × 76 = 136 800 | + 7 368 D |
Le coût réel unitaire est de 144 168 / 1 800 = 80,09 €, soit 5,39 % de plus que le préétabli.
Aluminium
| Écart | Calcul | Montant (€) |
|---|---|---|
| Sur prix | (4,80 - 5,00) × 11 160 | - 2 232 F |
| Sur quantité | (11 160 - 10 800) × 5,00 | + 1 800 D |
| Total | - 432 F |
Main-d'œuvre directe (taux réel : 58 500 / 2 250 = 26 € l'heure)
| Écart | Calcul | Montant (€) |
|---|---|---|
| Sur taux | (26 - 25) × 2 250 | + 2 250 D |
| Sur temps | (2 250 - 2 160) × 25 | + 2 250 D |
| Total | + 4 500 D |
Section soudure. Budget flexible pour l'activité réelle : 10 000 + 22 × 960 = 31 120 €.
| Écart | Calcul | Montant (€) |
|---|---|---|
| Sur budget | 32 100 - 31 120 | + 980 D |
| Sur activité | 31 120 - 960 × 32 = 31 120 - 30 720 | + 400 D |
| Sur rendement | (960 - 900) × 32 | + 1 920 D |
| Total | + 3 300 D |
Vérification de l'écart sur activité : (1 000 - 960) × 10 = 400 €, part des charges fixes non absorbée par l'activité réelle.
Synthèse : - 2 232 + 1 800 + 2 250 + 2 250 + 980 + 400 + 1 920 = + 7 368 €, égal à l'écart global.
2.2 Tableau de bord de suivi de la fabrication
| Indicateur | Prévision | Réalisation | Écart | Lecture |
|---|---|---|---|---|
| Aluminium par bain de soleil (kg) | 6,00 | 11 160 / 1 800 = 6,20 | + 3,33 % | Alerte : chutes |
| Prix de l'aluminium (€ le kg) | 5,00 | 4,80 | - 4,00 % | Favorable |
| Heures de MOD par bain de soleil | 1,20 | 2 250 / 1 800 = 1,25 | + 4,17 % | Alerte |
| Taux horaire de la MOD (€) | 25,00 | 26,00 | + 4,00 % | À surveiller : heures supplémentaires |
| Heures-machine de soudure par bain de soleil | 0,50 | 960 / 1 800 = 0,53 | + 6,67 % | Alerte : rendement |
| Taux d'activité de la section soudure | 100 % | 960 / 1 000 = 96 % | - 4 points | Cause commerciale |
| Coût de production unitaire (€) | 76,00 | 80,09 | + 5,39 % | Alerte |
| Empreinte carbone de l'aluminium par bain de soleil (kg éq. CO2) | 6 × 9,0 = 54,0 (ancien alliage) | 6,20 × 3,0 = 18,6 | - 65,56 % | Favorable |
D'autres indicateurs sont acceptés s'ils sont justifiés : taux de chutes d'aluminium, part des heures supplémentaires, taux de reprise des soudures, part d'aluminium recyclé (85 % contre 40 %).
2.3 Écrit au directeur industriel
Proposition d'écrit
Objet : analyse du coût de production du bain de soleil Lagon, juin 2026.
Constat. Le coût de production de juin dépasse de 7 368 € (+ 5,39 %) le coût préétabli des 1 800 bains de soleil fabriqués. Le seul écart favorable est le prix de l'aluminium (- 2 232 €), lié au nouveau fournisseur.
Explication. Les écarts défavorables se concentrent sur la fabrication : surconsommation d'aluminium (6,20 kg au lieu de 6 par unité, + 1 800 €), temps de main-d'œuvre (+ 90 heures, + 2 250 €), rendement de la soudure (+ 60 heures-machine, + 1 920 €). Selon le chef d'atelier, ces trois écarts ont une cause commune probable : le nouvel alliage, plus délicat à souder, a augmenté les chutes et les réglages. Le surcoût du taux horaire (+ 2 250 €, 26 € l'heure au lieu de 25 €) vient des heures supplémentaires majorées faites pour tenir les délais, donc en partie de la même cause. L'écart sur activité (400 €) ne relève pas de l'atelier : la production a été inférieure au budget à cause du report d'une commande. L'écart sur budget (980 €, 3,15 % du budget flexible) est à expliquer avec le responsable de la section (énergie, gaz de soudage consommés par les reprises de réglage ?).
Le nouveau fournisseur. Si l'on attribue au nouvel alliage les écarts sur quantité, sur temps et sur rendement, son coût d'usage dépasse son gain de prix : 1 800 + 2 250 + 1 920 = 5 970 € contre 2 232 € d'économie. Mais l'alliage divise par près de trois l'empreinte carbone de l'aluminium de chaque bain de soleil (18,6 kg éq. CO2 contre 54), ce qui répond aux attentes des enseignes et des hôtels sur les achats responsables. Je recommande de ne pas revenir à l'ancien fournisseur sur la base d'un seul mois, mais de confirmer le nouvel alliage sous condition : adapter les paramètres de soudure avec le fournisseur, former les soudeurs, et suivre pendant trois mois la consommation d'aluminium et les heures-machine par unité. Si les rendements standards ne sont pas retrouvés, il faudra soit renégocier le prix (le gain de prix devrait couvrir le surcoût de fabrication), soit réviser les standards en intégrant le gain environnemental dans la décision.
Pistes d'amélioration : planifier la production pour éviter les heures supplémentaires ; mesurer les chutes par série ; valoriser les chutes d'aluminium, recyclables ; fixer des seuils d'alerte hebdomadaires sur les indicateurs du tableau de bord.
Limites : un seul mois analysé, période d'apprentissage d'un nouvel alliage ; l'attribution des écarts à l'alliage reste une hypothèse à vérifier ; les données carbone sont déclaratives (fournisseurs) ; les écarts sont interdépendants et ne doivent pas être lus séparément.
CorrigéDossier 3 : Projet de cabine de laquage automatique
3.1 Pièces hors tolérance
On centre et on réduit chaque borne de tolérance : t = (borne - moyenne) / écart-type.
Cabine actuelle (moyenne 78 µm, écart-type 6 µm)
- P(X < 60) = Π((60 - 78) / 6) = Π(- 3) = 1 - 0,99865 = 0,00135
- P(X > 90) = 1 - Π((90 - 78) / 6) = 1 - Π(2) = 1 - 0,97725 = 0,02275
- Proportion hors tolérance : 0,00135 + 0,02275 = 0,0241, soit 2,41 %
Cabine automatique (moyenne 75 µm, écart-type 4 µm)
- P(X < 60) = Π((60 - 75) / 4) = Π(- 3,75) = 1 - 0,99991 = 0,00009
- P(X > 90) = 1 - Π((90 - 75) / 4) = 1 - Π(3,75) = 0,00009
- Proportion hors tolérance : 0,00018, soit 0,018 %
| Cabine actuelle | Cabine automatique | |
|---|---|---|
| Proportion hors tolérance | 2,41 % | 0,018 % |
| Pièces reprises par an (sur 60 000) | 60 000 × 0,0241 = 1 446 | 60 000 × 0,00018 = 10,8, soit 11 |
| Coût des reprises (20 € par pièce) | 28 920 € | 220 € |
La cabine actuelle est décentrée vers le haut (78 µm pour un milieu de tolérance de 75 µm) : 94 % des pièces reprises le sont pour excès d'épaisseur (0,02275 / 0,0241). La cabine automatique est centrée et moins dispersée.
Un arrondi de la proportion à 0,02 % conduit à 12 pièces et 240 € : le résultat est accepté si le calcul est justifié.
3.2 Intervalle de confiance de l'épaisseur moyenne
L'écart-type de la population est estimé à 4,2 µm (calculé avec n - 1) ; l'échantillon comprend 64 pièces (n ≥ 30) : on utilise la loi normale.
- Écart-type de la moyenne d'un échantillon de 64 pièces : 4,2 / √64 = 4,2 / 8 = 0,525 µm, valeur exacte conservée pour le calcul suivant.
- Demi-amplitude à 95 % (z = 1,96, document 10) : 1,96 × 0,525 = 1,029, arrondie à 1,03 µm.
- Intervalle de confiance à 95 % : [75,6 - 1,03 ; 75,6 + 1,03] = [74,57 µm ; 76,63 µm].
Si l'écart-type de la moyenne est arrondi à 0,53 µm, la demi-amplitude vaut 1,04 µm et l'intervalle [74,56 ; 76,64] : le résultat est accepté.
Interprétation. La méthode utilisée produit, dans 95 % des échantillons possibles, un intervalle qui contient la vraie moyenne. Le réglage annoncé de 75 µm appartient à l'intervalle : l'essai est compatible avec un procédé centré au milieu de la tolérance. Cette lecture reste descriptive : elle ne prouve pas que la moyenne est exactement 75 µm. L'écart-type estimé (4,2 µm) est légèrement supérieur à celui annoncé (4 µm) : la proportion hors tolérance resterait très faible, mais un peu supérieure à 0,018 %. Enfin, l'essai a été fait sur la cabine de démonstration, et non dans les conditions de production de Brisane : une mesure de réception sur site s'impose.
3.3 Coûts liés à la qualité
Classement selon les catégories du guide AFNOR FD X50-126 : les coûts de prévention et de détection sont des coûts d'investissement dans la qualité ; les défaillances internes (constatées avant livraison) et externes (constatées chez le client) sont des coûts de non-qualité ; la somme des quatre forme le coût d'obtention de la qualité.
| Catégorie | Éléments | 2026 (€) | Après investissement (€) |
|---|---|---|---|
| Prévention | Formation (6 000), maintenance préventive (9 000), cabine automatique (22 500 + 4 500 après) | 15 000 | 42 000 |
| Détection | Mesure de l'épaisseur (32 000, puis 10 000), contrôle des lots de poudre (4 000) | 36 000 | 14 000 |
| Coûts d'investissement dans la qualité | 51 000 | 56 000 | |
| Défaillances internes | Reprises (28 920, puis 220), arrêts de ligne (11 000, puis 11 000 × 0,4 = 4 400) | 39 920 | 4 620 |
| Défaillances externes | Garanties (36 000, puis 21 600), réclamations (5 000, puis 3 000), pénalités (3 000, puis 0) | 44 000 | 24 600 |
| Coûts de non-qualité | 83 920 | 29 220 | |
| Coût d'obtention de la qualité | 134 920 | 85 220 | |
| En % du chiffre d'affaires 2026 (4 200 000 €) | 3,21 % | 2,03 % |
Structure du coût en 2026 : prévention 11,12 %, détection 26,68 %, défaillances internes 29,59 %, défaillances externes 32,61 %. Après investissement : 49,28 %, 16,43 %, 5,42 % et 28,87 %.
Conclusion. Les coûts d'investissement dans la qualité augmentent de 5 000 € (la hausse de la prévention est presque entièrement financée par l'allégement du contrôle), et les coûts de non-qualité baissent de 54 700 € : le coût d'obtention de la qualité diminue de 49 700 € par an, amortissement de la cabine compris. Le projet est économiquement intéressant ; il remplace une qualité obtenue par le tri (mesure de toutes les pièces) par une qualité obtenue par la maîtrise du procédé.
Deux classements sont discutables et acceptés s'ils sont justifiés : l'amortissement de la cabine en prévention (équipement qui évite l'apparition des défauts) et les pénalités de retard en défaillance externe (elles sont subies chez le client, même si leur cause est interne). Les baisses de garanties et de réclamations sont des estimations : avec une baisse limitée à 20 %, le gain annuel serait encore de 49 700 - 7 200 - 1 000 = 41 500 €.
3.4 Indicateurs environnementaux et synthèse
| Indicateur | 2026 | Après investissement | Variation |
|---|---|---|---|
| Énergie par pièce laquée (kWh) | 312 000 / 60 000 = 5,20 | 276 000 / 60 000 = 4,60 | - 11,54 % |
| Poudre consommée par pièce (kg) | 39 000 / 60 000 = 0,65 | 36 000 / 60 000 = 0,60 | - 7,69 % |
| Taux de poudre éliminée comme déchet | 7 800 / 39 000 = 20,00 % | 2 880 / 36 000 = 8,00 % | - 12 points |
D'autres indicateurs sont acceptés : déchets de poudre par pièce (0,13 kg puis 0,05 kg), quantité de déchets évitée (4 920 kg par an), nombre de pièces relaquées (1 446 puis 11), qui consomment chacune un second passage au four.
Proposition de synthèse
Objet : projet de cabine de laquage automatique.
Le projet améliore à la fois la qualité, le coût et l'impact environnemental de la section laquage. La cabine actuelle, mal centrée, produit 2,41 % de pièces hors tolérance, surtout par excès de poudre ; la cabine automatique ramènerait ce taux à environ 0,02 %, et l'essai réalisé confirme que le réglage annoncé est plausible (moyenne estimée entre 74,57 et 76,63 µm). Le coût d'obtention de la qualité baisserait de 49 700 € par an, amortissement compris, et la consommation d'énergie par pièce de 11,5 %, la poudre par pièce de 7,7 % et les déchets de poudre de 63 %. Ces économies de poudre et d'énergie s'ajoutent au gain de qualité, sans être chiffrées ici faute de prix. Je recommande l'investissement, sous réserve d'une réception sur site : mesure d'un échantillon d'au moins 30 pièces dès l'installation, puis suivi par carte de contrôle des moyennes de l'épaisseur.
Limites et risques : les paramètres de la cabine et les gains environnementaux sont annoncés par le fournisseur ; l'essai porte sur une seule série, sur une cabine de démonstration ; la loi normale est une hypothèse à vérifier sur les mesures de production ; l'abandon de la mesure de toutes les pièces suppose un procédé stable, faute de quoi des pièces trop fines pourraient être livrées (risque de corrosion, donc de garanties) ; l'instrument de mesure de l'épaisseur doit être étalonné régulièrement, une jauge déréglée fausserait toutes les conclusions ; enfin, les baisses de garanties et de réclamations sont des estimations, à suivre dans le tableau de bord qualité (taux de reprise, garanties par pièce vendue, kWh et kg de poudre par pièce).
CorrigéDossier 4 : Prix et risque d'exploitation
4.1 Élasticité et options de prix
Élasticité prix de la demande = variation relative des quantités / variation relative du prix.
- Variation du prix : (630 - 600) / 600 = + 5 %.
- Variation des quantités : (1 080 - 1 200) / 1 200 = - 10 %.
- Élasticité : - 10 % / + 5 % = - 2.
La demande du salon Riviera est élastique (valeur absolue supérieure à 1) : une variation du prix entraîne une variation deux fois plus forte, et de sens contraire, des quantités. Le chiffre d'affaires a donc baissé en 2026 (680 400 € contre 720 000 €), mais la marge sur coût variable a augmenté : 270 × 1 080 = 291 600 € contre 240 × 1 200 = 288 000 €. Le bon critère de décision est la marge, pas le chiffre d'affaires.
Options 2027 (élasticité supposée constante, base 2026) :
| 2026 (prix actuel) | Option A : - 10 % | Option B : + 5 % | |
|---|---|---|---|
| Prix unitaire (€) | 630,00 | 567,00 | 661,50 |
| Variation des quantités | - 2 × (- 10 %) = + 20 % | - 2 × 5 % = - 10 % | |
| Quantités | 1 080 | 1 296 | 972 |
| Chiffre d'affaires (€) | 680 400 | 734 832 | 642 978 |
| Marge sur coût variable unitaire (€) | 270,00 | 207,00 | 301,50 |
| Marge sur coût variable (€) | 291 600 | 268 272 | 293 058 |
| Écart avec 2026 (€) | - 23 328 | + 1 458 |
L'option A augmente le chiffre d'affaires de 8 % mais réduit la marge de 23 328 € : la marge unitaire perdue sur 1 080 salons (63 × 1 080 = 68 040 €) dépasse la marge gagnée sur les 216 salons supplémentaires (207 × 216 = 44 712 €). L'option B améliore la marge de 1 458 € seulement (+ 0,5 %).
4.2 Seuil de profitabilité et risque d'exploitation
| Indicateur | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Marge sur coût variable | 4 500 000 - 2 700 000 | 1 800 000 € |
| Taux de marge sur coût variable | 1 800 000 / 4 500 000 | 40 % |
| Résultat prévisionnel | 1 800 000 - 1 440 000 | 360 000 € |
| Seuil de profitabilité | 1 440 000 / 0,40 | 3 600 000 € |
| Marge de sécurité | 4 500 000 - 3 600 000 | 900 000 € |
| Indice de sécurité | 900 000 / 4 500 000 | 20 % |
| Levier opérationnel | 1 800 000 / 360 000 | 5 |
Vérification : le levier est l'inverse de l'indice de sécurité (1 / 0,20 = 5). Une baisse de 10 % du chiffre d'affaires ferait baisser le résultat de 50 % : 0,40 × 4 050 000 - 1 440 000 = 180 000 €.
Date du point mort. Le seuil représente 3 600 000 / 4 500 000 = 80 % du chiffre d'affaires annuel.
| Fin de mois | Janv. | Févr. | Mars | Avril | Mai | Juin | Juil. | Août | Sept. |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Chiffre d'affaires cumulé (%) | 3 | 7 | 16 | 29 | 44 | 59 | 71 | 79 | 86 |
Le seuil est franchi en septembre. Fin août, le chiffre d'affaires cumulé atteint 79 % × 4 500 000 = 3 555 000 € ; il manque 45 000 €, alors que septembre apporte 7 % × 4 500 000 = 315 000 €. Le seuil est atteint après 45 000 / 315 000 × 30 = 4,29 jours de septembre, soit le 5 septembre.
Pour une activité régulière, le point mort serait atteint après 0,80 × 360 = 288 jours, soit le 18 octobre (9 mois de 30 jours et 18 jours). La saisonnalité avance le point mort de six semaines environ, parce que le chiffre d'affaires est concentré au printemps et en été ; mais elle concentre aussi le risque sur quelques mois : un printemps pluvieux, ou une livraison manquée en avril ou en mai, pèse beaucoup plus qu'un mois d'hiver.
4.3 Écrit au décideur
Proposition d'écrit
Objet : prix du salon Riviera en 2027 et risque d'exploitation.
Prix du salon Riviera. La demande est élastique : l'élasticité observée est de - 2. La hausse de prix de 2026 a fait baisser les volumes de 10 %, mais elle a amélioré la marge de 3 600 €. La baisse de 10 % proposée pour 2027 regagnerait des volumes (+ 20 %, soit 1 296 salons) et du chiffre d'affaires, mais elle réduirait la marge de 23 328 €, soit 6,5 % du résultat prévu : je déconseille cette option. Une nouvelle hausse de 5 % n'apporterait que 1 458 € de marge, pour un risque commercial réel (perte de clients au profit de la concurrence, image de prix). Je recommande de maintenir le prix de 630 € et de travailler les volumes par d'autres moyens : offre groupée avec les chaises, présence en jardinerie dès février. Ces conclusions reposent sur une élasticité calculée à partir de deux années seulement, supposée constante, qui ignore la réaction des concurrents et l'effet de la météo sur les ventes de 2026.
Risque d'exploitation. Avec un indice de sécurité de 20 % et un levier opérationnel de 5, Brisane est exposée : une baisse de 10 % de l'activité diviserait le résultat par deux, une baisse de 20 % l'annulerait. La saisonnalité aggrave ce risque : le seuil n'est atteint que le 5 septembre, et les mois d'hiver sont structurellement déficitaires. Pour réduire ce risque, je propose : 1) de rendre une partie des charges fixes plus flexibles (annualisation du temps de travail, intérim en saison plutôt qu'embauches permanentes, sous-traitance d'une partie du conditionnement) ; 2) de développer des ventes à contre-saison (hôtels et restaurants, commandes d'enseignes à leur marque l'hiver, export vers des marchés à saison décalée) ; 3) d'améliorer le taux de marge en orientant les ventes vers les produits les plus rentables plutôt qu'en baissant les prix ; 4) de suivre chaque mois l'avance ou le retard sur le chiffre d'affaires cumulé nécessaire pour atteindre le seuil. Ces indicateurs supposent une structure de charges et un taux de marge constants sur l'année : ils doivent être recalculés si l'une des décisions ci-dessus est prise.
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- 19Les écarts sur coûts de productionCours gratuit
- 20Tableaux de bord et indicateurs de pilotageCours gratuit
- 24Coûts de la qualité et de la non-qualitéCours gratuit
- 05Risque d'exploitation, levier opérationnel et élasticitéCours gratuit
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