Annales DCG · UE 5

Annales DCG UE5 Économie contemporaine : sujet type corrigé

Un sujet complet de 4 heures sur le programme 2025 de l'UE5, construit comme le sujet zéro de la session 2027 : un contexte commun, un dossier documentaire de trois questions sur 12 points, dont une sur un seul document statistique, puis une question problématisée sur 8 points. Toutes les données viennent de l'INSEE, de la BCE, de la Cour des comptes et du Conseil de l'UE, avec leur date. Le corrigé donne les attendus, une réponse rédigée pour chaque question et un plan détaillé avec auteurs et mécanismes.

  • Épreuve écrite de 4 heures
  • 2 dossiers, 20 points
  • Programme 2025, session 2027

Le sujet

DossierPoints
Dossier 1 : Analyse d'un dossier documentaire12
Dossier 2 : Question problématisée8

UE 5, Économie contemporaine. Durée de l'épreuve : 4 heures. Coefficient : 1.

  • Documents et matériel : le sujet zéro n'en mentionne aucun ; compose sans document. Aucun calcul n'est demandé.
  • Le sujet comporte un contexte commun et deux dossiers indépendants : l'analyse d'un dossier documentaire (12 points) et une question problématisée (8 points), comme dans le sujet zéro. La répartition des 12 points entre les trois questions du dossier 1 est indicative : elle reprend les poids de la grille d'évaluation du sujet zéro.
Attention

Rédige chaque réponse en phrases complètes, avec un paragraphe par idée. Définis les termes économiques de chaque question, cite les données des documents en précisant leur unité (%, points de %), et mobilise tes connaissances (mécanismes, théories, auteurs, faits historiques) au-delà des documents : la paraphrase n'est pas valorisée. La qualité rédactionnelle est prise en compte.

Contexte. La SAS Fonderies Malvérane (entreprise fictive) produit des pièces moulées en aluminium pour des équipementiers de l'automobile et du ferroviaire. Elle emploie 240 salariés dans deux usines en France. L'énergie (gaz des fours de fusion, électricité) est l'un de ses premiers postes de coûts, et la société prépare deux décisions pour 2027 : remplacer un four à gaz par un four électrique à induction, financé par emprunt, et robotiser une partie de son atelier de finition.

Depuis mars 2026, la guerre au Proche-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz ont fait flamber les prix de l'énergie. Mme Tarnaud, directrice générale, te recrute comme chargé ou chargée d'études économiques et te demande de préparer une note de conjoncture pour le comité de direction, puis une réflexion argumentée pour la réunion d'information du personnel sur le projet de robotisation.

Dossier 1 : Analyse d'un dossier documentaire (12 points)

Base documentaire : documents 1 à 5.

Mission 1. Pour éclairer le budget 2027, Mme Tarnaud souhaite comprendre l'évolution des prix, de l'activité et de l'emploi en France, ainsi que la marge de manœuvre de l'État face au ralentissement.

1.1 Analyser l'évolution des prix à la consommation en France de 2024 à septembre 2026, à partir du seul document 1. (3,5 points)

1.2 Expliquer les effets du choc énergétique de 2026 sur l'activité et l'emploi en France, en t'appuyant sur les documents 2 et 3. (4 points)

1.3 Analyser les marges de manœuvre de la politique budgétaire française face au ralentissement de 2026, à partir des documents 2, 4 et 5. (4,5 points)

Dossier 2 : Question problématisée (8 points)

Mission 2. L'annonce du projet de robotisation de l'atelier de finition inquiète une partie du personnel, et plusieurs salariés évoquent aussi le développement de l'intelligence artificielle dans les services administratifs. Mme Tarnaud te demande une réflexion argumentée, sans document, sur la question suivante :

Le progrès technique est-il une menace pour l'emploi ?

Il est attendu une argumentation structurée qui s'appuie sur tes connaissances théoriques et factuelles : une introduction (accroche, définition des termes du sujet, problématique, annonce du plan), un développement en deux ou trois parties comportant chacune deux ou trois sous-parties, avec un argument explicité et illustré par sous-partie, et une conclusion qui répond à la problématique.

Base documentaire

Document 1 : les prix à la consommation en France (IPC)

Évolution, en %Moyenne annuelle 2024Moyenne annuelle 2025Glissement annuel, août 2026Glissement annuel, septembre 2026
Ensemble (IPC)2,00,92,43,1
Énergie2,3-5,616,721,3
dont produits pétroliers-4,7-4,428,736,2
Alimentation1,41,21,11,4
Produits manufacturés0,0-0,3-0,4-0,3
Services2,72,31,92,4
Inflation sous-jacente1,81,21,11,5
IPCH (indice harmonisé européen)2,30,92,63,4
  • Pour mémoire, l'IPC a augmenté de 5,2 % en 2022 et de 4,9 % en 2023, en moyenne annuelle.
  • Moyenne annuelle : compare les prix moyens d'une année à ceux de l'année précédente. Glissement annuel : compare les prix d'un mois à ceux du même mois de l'année précédente. Les deux concepts sont différents.
  • Inflation sous-jacente : évolution de l'indice hors prix soumis à l'intervention de l'État et hors produits à prix volatils, comme l'énergie et les produits frais.

Sources : INSEE, Informations rapides n° 8, « Prix à la consommation, moyennes annuelles, année 2025 », 15 janvier 2026 (insee.fr/fr/statistiques/8726461) ; INSEE, Informations rapides n° 247, « Indice des prix à la consommation, résultats définitifs, septembre 2026 », 15 octobre 2026 (insee.fr/fr/statistiques/9080209). Champ : France.

Document 2 : le choc énergétique de 2026 et l'économie française

Synthèse rédigée pour le sujet à partir de la Note de conjoncture de l'INSEE du 10 septembre 2026 et des décisions de la BCE.

Un choc sur les prix de l'énergie. En mars 2026, la guerre qui éclate au Proche-Orient entraîne le blocage du détroit d'Ormuz, un passage maritime emprunté par près d'un cinquième (environ 20 %) des échanges mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié. En moyenne trimestrielle, le baril de Brent coûtait 63,1 dollars fin 2025 (quatrième trimestre) ; il en coûte 78,1 au premier trimestre 2026 et 96,6 au deuxième, un prix qu'aucun trimestre n'avait atteint depuis 2022. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes réduisent en outre les capacités mondiales de raffinage, ce qui renchérit encore le gazole et l'essence.

Une économie française qui décroche. Le PIB a reculé de 0,2 % au premier trimestre 2026 et stagné au deuxième (+0,0 %). L'INSEE prévoit une croissance de 0,4 % sur l'ensemble de 2026 (contre +0,9 % en 2025, données corrigées des jours ouvrables), un rythme environ trois fois plus faible que celui des voisins de la zone euro. Il cite d'autres freins que l'énergie : la chute des travaux publics liée au cycle des élections municipales ; les vagues de chaleur de l'été, qui semblent avoir touché la France plus fortement que ses voisins (coût estimé à 0,1 point de croissance) ; un soutien budgétaire moins favorable que dans les pays voisins.

Ménages et entreprises. Le pouvoir d'achat du revenu disponible des ménages baisserait de 0,4 % en 2026. Pour consommer malgré tout un peu plus (+0,3 %), les ménages réduiraient leur épargne. Les entreprises, qui avaient accru leurs investissements de 0,7 % en 2025, les diminueraient de 0,3 % en 2026 : elles anticipent une demande faible et paient plus cher leurs financements. L'investissement des ménages reculerait de 1,3 %. Les échanges extérieurs seraient le seul moteur nettement positif de l'activité.

Emploi et prix. En 2026, l'emploi salarié perdrait 52 000 postes (après -48 000 en 2025) et l'emploi non salarié en gagnerait 95 000 (après +90 000). Au total, l'emploi progresserait trop peu pour suivre la population active, et le taux de chômage monterait à 8,6 % à la fin de l'année. Les prix à la consommation augmenteraient de 2,9 % sur un an en fin d'année, et les hausses de salaires négociées couvriraient à peine cette inflation.

Politique monétaire. Le taux de la facilité de dépôt de la BCE, ramené à 2,00 % le 11 juin 2025, a été relevé à 2,25 % le 17 juin 2026, puis à 2,50 % le 16 septembre 2026.

Sources : INSEE, Note de conjoncture « Vigilance orange sur la croissance », 10 septembre 2026 (insee.fr/fr/statistiques/9050757) ; BCE, tableau des taux d'intérêt directeurs, dates d'effet, consulté le 24 octobre 2026 (ecb.europa.eu).

Document 3 : le marché du travail en France au deuxième trimestre 2026

Indicateur (données CVS, en moyenne trimestrielle)1er trimestre 20262e trimestre 2026Variation sur un an (points)
Taux de chômage au sens du BIT (% de la population active)8,18,3+0,7
dont 15-24 ans21,221,6+2,5
Taux de chômage de longue durée (un an ou plus)2,02,1+0,4
Taux d'emploi des 15-64 ans (%)69,369,0-0,5
Taux d'activité des 15-64 ans (%)75,575,4+0,2
Part du halo autour du chômage dans la population des 15-64 ans (%)4,44,4-0,1
Part des personnes en sous-emploi parmi les personnes en emploi (%)4,44,4-0,1
  • Au deuxième trimestre 2026, la France compte 2,7 millions de chômeurs au sens du BIT (+261 000 sur un an). Le taux de chômage est à son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2020. Le taux d'activité des 15-64 ans avait atteint au trimestre précédent (75,5 %) son plus haut niveau depuis que l'INSEE le mesure (1975).
  • Depuis le 1er janvier 2025, en application de la loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023, les allocataires du RSA, les jeunes accompagnés par les missions locales et les personnes handicapées suivies par Cap emploi sont inscrits systématiquement à France Travail. D'après l'INSEE, en contribution comptable, les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans inscrits à France Travail représentent près de la moitié de la hausse du taux de chômage depuis fin 2024 (+0,44 point sur +0,98 point). L'INSEE précise que ces contributions sont fragiles (aléas d'enquête, populations peu nombreuses) et ne permettent pas de séparer l'effet de la loi de celui de la conjoncture.

Source : INSEE, Informations rapides n° 192, « Chômage au sens du BIT et indicateurs sur le marché du travail, deuxième trimestre 2026 », 7 août 2026 (insee.fr/fr/statistiques/9032359). Champ : France, y compris Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire.

Document 4 : les finances publiques françaises (administrations publiques)

En % du PIB20192022202320242025
Déficit public (besoin de financement)2,44,75,45,85,1
Dette publique brute au sens de Maastricht (fin d'année)97,9111,4109,5112,6115,7
Dépenses publiques55,258,456,857,057,3
Recettes publiques52,853,751,451,252,2
Prélèvements obligatoires43,945,043,242,743,6

Fin juin 2026, la dette publique au sens de Maastricht s'établit à 3 595,5 milliards d'euros, soit 119,0 % du PIB (117,5 % fin mars 2026).

Sources : INSEE Première n° 2106, « Le compte des administrations publiques en 2025 », 29 mai 2026 (insee.fr/fr/statistiques/8997691) ; INSEE, Informations rapides n° 239, « Dette trimestrielle de Maastricht des administrations publiques, deuxième trimestre 2026 », 29 septembre 2026 (insee.fr/fr/statistiques/9053525).

Document 5 : la contrainte de la dette et le cadre européen

Synthèse rédigée pour le sujet à partir du rapport de la Cour des comptes de juin 2026 et d'une recommandation du Conseil de l'UE.

Le poids des intérêts. D'après la Cour des comptes, les administrations publiques ont payé 65,7 milliards d'euros d'intérêts en 2025, soit 2,2 points de PIB et plus de 9 % de plus qu'en 2024 ; la facture passerait à 77,4 milliards d'euros en 2026 (2,5 points de PIB). La raison principale : l'État remplace des emprunts anciens, souscrits à bas taux, par des emprunts nouveaux plus coûteux. Ses obligations assimilables du Trésor (OAT) ont été émises en moyenne à 3,35 % en 2025, après 1,70 % en 2022 et un taux moyen nul en 2021.

Une dette record. Fin 2025, la dette publique atteint 3 460,5 milliards d'euros, soit 115,7 % du PIB, un ratio qui dépasse le précédent record, atteint en 2020 au plus fort de la crise sanitaire. Selon les calculs de la Cour, le ratio ne serait resté à son niveau de 2024 qu'avec un déficit ramené à 62,9 milliards d'euros en 2025 : pour stopper sa hausse, il reste 89,6 milliards d'euros de déficit à résorber, soit 3,0 points de PIB. Dans la zone euro, seules la Grèce (146,1 % du PIB) et l'Italie (137,1 %) sont plus endettées que la France.

L'objectif 2026. La loi de finances pour 2026, promulguée le 19 février 2026, fixe un objectif de déficit de 5,0 % du PIB. La Cour juge cette baisse limitée « loin d'être acquise » : la croissance est faible, l'inflation menace, et l'effort compterait davantage sur des impôts nouveaux que sur la maîtrise des dépenses, au point de porter les prélèvements obligatoires à 44,1 % du PIB. Selon les prévisions du Gouvernement reprises par la Cour, la dette atteindrait 118,5 % du PIB fin 2026.

Le cadre européen. Depuis le 30 avril 2024, l'Union applique des règles budgétaires réformées, qui gardent les deux seuils du traité : 3 % du PIB pour le déficit, 60 % pour la dette. La France fait l'objet d'une procédure pour déficit excessif, ouverte par le Conseil le 26 juillet 2024. Le 21 janvier 2025, le Conseil a approuvé son plan budgétaire et structurel à moyen terme pour 2025-2029 : l'effort est étalé sur sept ans et le déficit doit repasser sous 3 % en 2029. L'engagement porte sur les dépenses nettes, dont le taux de croissance nominal est plafonné chaque année (0,8 % en 2025, 1,2 % en 2026).

Sources : Cour des comptes, « La situation et les perspectives des finances publiques », synthèse, 25 juin 2026 (ccomptes.fr) ; Conseil de l'Union européenne, recommandation du 21 janvier 2025 approuvant le plan budgétaire et structurel national à moyen terme de la France (JO C, C/2025/659, 10 février 2025, eur-lex.europa.eu), et recommandation du même jour visant à ce qu'il soit mis un terme à la situation de déficit excessif en France.

Le corrigé détaillé

Traite le sujet d'abord : chaque dossier se déplie quand tu es prêt.

CorrigéDossier 1 : Analyse d'un dossier documentaire

1.1 L'évolution des prix à la consommation (document 1)

Attendus. Une définition (inflation, et l'une des notions désinflation, déflation ou inflation sous-jacente) ; un constat chiffré en % et en points de %, qui distingue les deux périodes et les composantes ; une analyse d'au moins deux causes ou conséquences. La démarche processuelle (observer, puis expliquer) est évaluée. Aucune conclusion n'est attendue.

Définitions. L'inflation est une hausse générale et durable du niveau des prix ; elle se mesure en France par l'indice des prix à la consommation (IPC) de l'INSEE. La désinflation est un ralentissement de l'inflation : les prix continuent d'augmenter, mais moins vite. La déflation est une baisse durable du niveau général des prix. L'inflation sous-jacente retire de l'indice les prix volatils (énergie, produits frais) et les prix administrés : elle mesure la tendance de fond.

Constat 1 : la désinflation de 2024-2025. Après deux années de forte inflation (5,2 % en 2022 et 4,9 % en 2023), la hausse des prix ralentit nettement : 2,0 % en 2024, puis 0,9 % en 2025 en moyenne annuelle, soit 1,1 point de moins. C'est une désinflation, pas une déflation : le niveau des prix continue d'augmenter. Elle est tirée par l'énergie, dont les prix reculent de 5,6 % en 2025 après +2,3 %. Les autres composantes ralentissent aussi (services de 2,7 % à 2,3 %, alimentation de 1,4 % à 1,2 %, produits manufacturés de 0,0 % à -0,3 %) et l'inflation sous-jacente revient de 1,8 % à 1,2 %. En 2025, l'IPC (0,9 %) est même inférieur à l'inflation sous-jacente (1,2 %) : la baisse de l'énergie tire l'indice d'ensemble vers le bas.

Constat 2 : la reprise de l'inflation en 2026. Les données de 2026 sont des glissements annuels, à comparer avec prudence aux moyennes annuelles. L'IPC augmente de 2,4 % sur un an en août 2026 et de 3,1 % en septembre (+0,7 point en un mois). Cette accélération vient d'abord de l'énergie (+16,7 %, puis +21,3 % sur un an), et surtout des produits pétroliers (+28,7 %, puis +36,2 %). L'inflation sous-jacente reste beaucoup plus basse (1,1 %, puis 1,5 %) : l'écart avec l'IPC atteint 1,6 point en septembre, alors qu'il était négatif en 2025. On observe toutefois les premiers signes de diffusion : les services accélèrent (de 1,9 % à 2,4 %), comme l'alimentation (de 1,1 % à 1,4 %), et la baisse des prix des produits manufacturés s'atténue (-0,3 % après -0,4 %). L'IPCH, utilisé pour les comparaisons européennes et par la BCE, progresse plus vite que l'IPC (3,4 % en septembre), car ses pondérations diffèrent.

Analyse : les causes.

  • Une inflation par les coûts et importée. La hausse vient d'un choc d'offre sur l'énergie, importée et cotée en dollars : les entreprises répercutent dans leurs prix la hausse de leurs coûts de production et de transport. Le mécanisme rappelle les chocs pétroliers de 1973 et 1979, qui avaient nourri la stagflation, et le choc énergétique de 2022 ; il ne s'agit pas d'une inflation par la demande, puisque l'inflation sous-jacente reste modérée.
  • Des effets de second tour possibles. L'accélération des services et la fin de la baisse des produits manufacturés montrent que l'énergie commence à se diffuser au reste de l'économie, par les coûts de transport et de production. Le risque est une boucle prix-salaires : le Smic, indexé automatiquement dès que l'indice des prix retenu progresse d'au moins 2 % depuis sa dernière revalorisation (article L3231-5 du code du travail), a ainsi été relevé de 2,41 % au 1er juin 2026, à 12,31 euros brut de l'heure (service-public.gouv.fr, 18 mai 2026).

Analyse : les conséquences.

  • Perte de pouvoir d'achat si les revenus n'augmentent pas au même rythme, plus forte pour les ménages modestes, dans le budget desquels l'énergie pèse davantage (INSEE, Informations rapides n° 8, 15 janvier 2026).
  • Durcissement de la politique monétaire : la BCE, dont l'objectif est une inflation de 2 % à moyen terme, relève ses taux pour éviter que le choc ne s'installe dans les anticipations et les salaires, ce qui renchérit le crédit.
  • Compétitivité-prix : pour une entreprise comme Fonderies Malvérane, la hausse de l'énergie réduit les marges ou oblige à augmenter les prix de vente.
Remarque

Les analyses monétaristes (Friedman) voient dans l'inflation un phénomène d'abord monétaire. Le document invite plutôt à une lecture par les coûts : un candidat qui confronte les deux explications, en montrant que la hausse de 2026 est concentrée sur l'énergie, est valorisé. La notion de stagflation est bienvenue si elle est reliée au ralentissement de l'activité (question 1.2).

1.2 Les effets du choc énergétique sur l'activité et l'emploi (documents 2 et 3)

Attendus. Les définitions (choc d'offre, chômage au sens du BIT ou taux d'emploi) ; un constat chiffré sur l'activité et l'emploi ; au moins deux mécanismes expliqués, avec au moins une référence théorique ; une lecture critique qui montre que le choc énergétique n'explique pas tout.

Définitions. Un choc d'offre négatif est une hausse brutale des coûts de production (ici l'énergie) qui réduit la quantité que les entreprises sont prêtes à produire à un prix donné : il fait monter les prix et baisser l'activité. Un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) est une personne de 15 ans ou plus sans emploi, disponible pour travailler dans les deux semaines et qui a recherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines (ou en a trouvé un qui commence dans les trois mois). Le taux d'emploi rapporte le nombre de personnes en emploi à la population de la tranche d'âge.

Constat. Le prix du Brent passe de 63,1 dollars au quatrième trimestre 2025 à 96,6 dollars au deuxième trimestre 2026 (document 2), soit une hausse d'environ 53 %. Dans le même temps, le PIB recule de 0,2 % au premier trimestre et stagne au deuxième ; la croissance prévue pour 2026 n'est que de 0,4 %. Sur le marché du travail (document 3), le taux de chômage atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026 (+0,7 point sur un an, 2,7 millions de chômeurs), son plus haut niveau depuis 2020 ; il touche davantage les 15-24 ans (21,6 %, +2,5 points). Le taux d'emploi des 15-64 ans recule (69,0 %, -0,5 point sur un an) et le chômage de longue durée progresse (2,1 %, +0,4 point). L'INSEE prévoit 52 000 destructions d'emplois salariés et un chômage de 8,6 % fin 2026.

Mécanisme 1 : la ponction sur le pouvoir d'achat et la demande effective. L'énergie étant largement importée, la hausse de son prix est un prélèvement du reste du monde sur le revenu national. Les ménages consacrent une part plus grande de leur revenu à l'énergie : leur pouvoir d'achat recule de 0,4 % en 2026 et leur consommation ne progresse que de 0,3 % (document 2). Dans l'analyse de Keynes (Théorie générale, 1936), le niveau de l'emploi dépend de la demande effective anticipée par les entrepreneurs : une demande atone les conduit à produire et à embaucher moins. Le chômage qui en résulte est un chômage keynésien, lié à l'insuffisance de la demande.

Mécanisme 2 : les coûts, les marges et l'investissement. Pour les entreprises, la hausse de l'énergie réduit les marges et la rentabilité, alors que le coût du capital est en hausse : la BCE relève son taux de dépôt de 2,00 % à 2,50 % entre juin et septembre 2026 (document 2), ce qui renchérit le crédit. L'investissement des entreprises se retourne (-0,3 % en 2026 après +0,7 % en 2025), sous l'effet de perspectives de demande faibles (effet d'accélérateur) et d'un financement plus cher. Moins d'investissement, c'est moins de capacités nouvelles et moins d'emplois. Dans une lecture néoclassique, la hausse des coûts de production réduit la rentabilité de l'emploi : si les salaires réels ne s'ajustent pas, les entreprises embauchent moins (chômage classique).

Mécanisme 3 : le risque de stagflation. La combinaison d'une inflation en hausse (question 1.1) et d'une activité en panne rappelle la stagflation des années 1970, après les chocs pétroliers de 1973 et 1979 : la politique économique est alors prise entre deux objectifs du carré magique de Kaldor, la stabilité des prix et l'emploi.

Lecture critique : le choc énergétique n'explique pas tout.

  • L'INSEE cite d'autres freins : le recul des travaux publics lié au cycle électoral municipal, les vagues de chaleur, dont la France semble avoir été plus fortement affectée que ses voisins (-0,1 point de croissance), et une impulsion budgétaire moins favorable (document 2). Les voisins européens, soumis au même choc énergétique, résistent mieux.
  • Une partie de la hausse du chômage pourrait être institutionnelle : depuis le 1er janvier 2025, les allocataires du RSA et les jeunes suivis par les missions locales sont inscrits systématiquement à France Travail. En contribution comptable, les bénéficiaires du RSA et les jeunes inscrits à France Travail représentent près de la moitié de la hausse du taux de chômage depuis fin 2024 (+0,44 point sur +0,98) ; l'INSEE souligne que ces contributions sont fragiles et n'isolent pas l'effet de la loi de celui de la conjoncture (document 3). Le taux d'activité reste d'ailleurs très élevé (75,4 %, proche de son record) : le chômage monte aussi parce que la population active augmente.
  • Le halo autour du chômage (4,4 %) et le sous-emploi (4,4 %) sont stables, et l'emploi non salarié continue de progresser (+95 000 en 2026) : la dégradation est réelle mais progressive. La hausse du chômage de longue durée signale toutefois un risque de chômage plus structurel si le ralentissement dure.

Cohérence des documents. L'inflation de septembre 2026 (3,1 % sur un an, document 1) dépasse déjà la prévision de 2,9 % pour la fin de l'année (document 2). Il n'y a pas de contradiction : la prévision date du 10 septembre, avant la publication des prix de septembre, et elle repose sur une hypothèse conventionnelle de baril figé à 90 dollars ; le glissement annuel varie en outre d'un mois à l'autre. Un candidat qui relève et explique cet écart est valorisé.

1.3 Les marges de manœuvre de la politique budgétaire (documents 2, 4 et 5)

Attendus. Les définitions (politique budgétaire, solde public ou dette publique) ; un constat chiffré de la situation des finances publiques ; l'analyse des arguments en faveur d'un soutien budgétaire et des contraintes qui le limitent (au moins une théorie ou un mécanisme de chaque côté), en mobilisant le cadre européen ; une appréciation finale.

Définitions. La politique budgétaire utilise les dépenses publiques et les prélèvements obligatoires pour atteindre les objectifs de la politique économique. Selon Musgrave (The Theory of Public Finance, 1959), elle remplit trois fonctions : allocation, redistribution et stabilisation de la conjoncture. Le solde public est la différence entre les recettes et les dépenses des administrations publiques (APU) ; le déficit primaire est le déficit hors charge d'intérêts. La dette publique au sens de Maastricht est la dette brute consolidée des APU.

Constat : des finances publiques déjà dégradées avant le choc.

  • Le déficit public a fortement augmenté depuis 2019 (2,4 % du PIB) : 4,7 % en 2022, 5,4 % en 2023, 5,8 % en 2024, avant de revenir à 5,1 % en 2025 (document 4), toujours très au-dessus de la valeur de référence de 3 %.
  • La réduction de 2025 tient aux recettes (52,2 % du PIB après 51,2 %, prélèvements obligatoires de 42,7 % à 43,6 %), alors que les dépenses continuent de progresser (57,3 % du PIB).
  • La dette passe de 97,9 % du PIB en 2019 à 115,7 % fin 2025, puis 119,0 % fin juin 2026 (document 4) : elle augmente d'environ 3 points par an depuis 2023 et la France est le troisième pays le plus endetté de la zone euro (document 5).
  • La charge de la dette s'alourdit : 65,7 milliards d'euros en 2025, 77,4 milliards prévus en 2026, car l'État emprunte à 3,35 % en 2025 contre 1,70 % en 2022 (document 5).
  • Le ratio de 119,0 % de fin juin 2026 dépasse déjà la prévision de 118,5 % pour fin 2026 (document 5), sans contradiction : le ratio trimestriel rapporte la dette au PIB des quatre derniers trimestres, la dette brute varie en cours d'année avec le calendrier des émissions de l'État et le niveau de sa trésorerie, et les données trimestrielles restent révisables. La prévision de juin peut aussi être dépassée si la conjoncture se dégrade.

Les arguments en faveur d'un soutien budgétaire.

  • Stabilisation keynésienne. Face à une demande effective insuffisante, une hausse des dépenses ou une baisse des impôts soutient l'activité par l'effet multiplicateur : chaque euro dépensé devient le revenu d'un autre agent, qui en dépense une partie. Les stabilisateurs automatiques jouent sans décision nouvelle : quand l'activité ralentit, les recettes fiscales baissent et les dépenses d'indemnisation du chômage augmentent, ce qui amortit le choc.
  • Un soutien ciblé et temporaire aux ménages modestes et aux entreprises grosses consommatrices d'énergie limite la chute du pouvoir d'achat et les faillites, comme les dispositifs de 2022-2024.
  • Le cadre européen laisse une petite marge : la trajectoire de dépenses nettes suivie par l'UE exclut notamment les dépenses d'intérêts et les éléments cycliques des dépenses liées aux indemnités de chômage (règlement (UE) 2024/1263, article 2) ; la baisse spontanée des recettes n'y entre pas non plus. Les stabilisateurs automatiques peuvent donc jouer en partie.

Les contraintes qui réduisent fortement ces marges.

  • La soutenabilité de la dette et l'effet boule de neige. Quand le taux d'intérêt apparent de la dette (en valeur nominale) dépasse la croissance du PIB en valeur, le ratio de dette augmente mécaniquement, même sans déficit primaire. Avec une croissance en volume prévue de 0,4 % en 2026 (document 2), la croissance en valeur ralentit, alors que le taux apparent de la dette monte avec les taux d'émission (document 5) : l'écart se resserre. Surtout, le déficit primaire (environ 2,9 points de PIB en 2025, soit 5,1 % moins 2,2 points d'intérêts) reste très éloigné du solde qui stabiliserait la dette : il faudrait un effort de 3,0 points de PIB (89,6 milliards d'euros) selon la Cour des comptes.
  • Le cadre européen. La France est sous procédure de déficit excessif depuis le 26 juillet 2024 et s'est engagée sur une trajectoire de dépenses nettes plafonnées, avec un retour sous 3 % en 2029 (document 5). Une relance non financée s'écarterait de cette trajectoire.
  • La réaction des marchés et le policy mix. Une dérive budgétaire peut faire monter les taux d'emprunt de l'État (écart de taux avec les pays jugés plus sûrs), ce qui alourdit la charge de la dette et produit un effet d'éviction de l'investissement privé. La BCE resserre sa politique pour contenir l'inflation (document 2) : la politique budgétaire ne peut pas compter sur une politique monétaire accommodante.
  • Un multiplicateur affaibli. Une partie de la dépense supplémentaire sert à acheter de l'énergie et des biens importés (fuite par les importations), et les ménages inquiets épargnent davantage. Selon la théorie du revenu permanent de Friedman, une aide ponctuelle est largement épargnée ; pour la nouvelle économie classique, des agents aux anticipations rationnelles épargnent en prévision des impôts futurs nécessaires au remboursement de la dette.
  • Des prélèvements déjà élevés. Avec 43,6 % du PIB en 2025 et 44,1 % prévus en 2026, financer un soutien par l'impôt risque de peser sur l'offre (désincitation à travailler et à investir).

Appréciation. Les marges de manœuvre sont très étroites : la France aborde le choc avec un déficit et une dette élevés, une charge d'intérêts en forte hausse et un engagement européen de réduction du déficit. La politique budgétaire peut laisser jouer en partie les stabilisateurs automatiques et réorienter la dépense vers des mesures ciblées, temporaires et financées par des économies ailleurs, ainsi que vers des politiques d'offre (efficacité énergétique, investissement dans la transition, formation), plutôt qu'engager une relance générale de la demande. Pour Fonderies Malvérane, cela signifie qu'il ne faut pas compter sur un soutien public massif, mais suivre les aides ciblées à la décarbonation et anticiper des taux d'emprunt durablement plus élevés.

Remarque

Point d'approfondissement, non exigé : rapportée à la dette de début d'année (3 306,1 milliards d'euros fin 2024, INSEE Première n° 2106) ou à la dette moyenne de 2025 (environ 3 383 milliards), la charge de la dette de 2025 (65,7 milliards) correspond à un taux apparent d'environ 2 % (1,99 % ou 1,94 %), encore proche de la croissance du PIB en valeur de 2025 (+2,0 %, INSEE, 27 mars 2026). L'effet boule de neige n'est donc pas encore le premier moteur de la dette : c'est le déficit primaire. Mais le taux apparent monte à mesure que la dette ancienne est refinancée au taux d'émission (3,35 % en 2025), alors que la croissance ralentit.

CorrigéDossier 2 : Question problématisée

Analyse du sujet

  • Le progrès technique : ensemble des innovations (nouveaux produits, nouveaux procédés, nouvelles organisations) qui améliorent l'efficacité de la combinaison productive et se traduisent par des gains de productivité.
  • L'emploi : ensemble des personnes qui exercent une activité rémunérée ; on peut raisonner sur son volume (nombre d'emplois, taux d'emploi), sur sa structure (secteurs, qualifications) et sur sa qualité.
  • « Une menace » : le sujet invite à confronter les destructions d'emplois et les créations, à court et à long terme, et à se demander à quelles conditions le progrès technique profite à l'emploi.
  • Point du programme : partie 6.1 (révolution numérique et emploi, Schumpeter et Sauvy, polarisation) et partie 4.2 (progrès technique et croissance).

Introduction rédigée (exemple)

Accroche. En Angleterre, au début du XIXe siècle, des ouvriers du textile brisaient les métiers mécaniques qu'ils accusaient de leur prendre leur travail : c'est le luddisme. Deux siècles plus tard, l'inquiétude revient avec l'intelligence artificielle : selon une analyse du FMI publiée en janvier 2024, près de 40 % des emplois dans le monde, et environ 60 % dans les économies avancées, seraient exposés à cette technologie.

Définitions. Le progrès technique désigne l'ensemble des innovations de produits, de procédés et d'organisation qui augmentent l'efficacité de la production et se traduisent par des gains de productivité. L'emploi désigne l'ensemble des personnes qui exercent une activité rémunérée.

Problématique. Si le progrès technique permet de produire autant avec moins de travail, il semble menacer l'emploi. Mais il est aussi le moteur de la croissance et de nouvelles activités. Le progrès technique réduit-il durablement le volume de l'emploi, ou transforme-t-il surtout sa structure, au prix de coûts de transition ?

Annonce du plan. Nous verrons d'abord que le progrès technique détruit des emplois et fragilise certains travailleurs (I), avant de montrer qu'à long terme il est une source de création d'emplois, à condition d'accompagner la transition (II).

Plan détaillé

I. Le progrès technique détruit des emplois et fragilise certains travailleurs

A. La substitution du capital au travail.

  • Mécanisme : les gains de productivité permettent de produire la même quantité avec moins de travail ; si la demande ne progresse pas aussi vite que la productivité, l'emploi recule dans le secteur concerné.
  • Théorie : Ricardo admet, dans le chapitre « Des machines » ajouté à la troisième édition de ses Principes de l'économie politique et de l'impôt (1821), que l'introduction des machines peut nuire aux ouvriers. Keynes évoque en 1930 un « chômage technologique », lorsque l'économie de travail progresse plus vite que la découverte de nouveaux usages du travail.
  • Illustrations : le luddisme ; la mécanisation de l'agriculture ; l'automatisation de la saisie comptable ; le projet de robotisation de l'atelier de finition de Fonderies Malvérane.

B. Une destruction créatrice qui laisse des perdants : le chômage structurel.

  • Mécanisme : pour Schumpeter (Capitalisme, socialisme et démocratie, 1942), l'innovation procède par destruction créatrice : des activités disparaissent pendant que d'autres naissent. Mais les emplois créés ne sont ni au même endroit, ni pour les mêmes personnes, ni avec les mêmes qualifications.
  • Conséquence : inadéquation entre les qualifications offertes et demandées, chômage structurel et de longue durée, déclassement des salariés dont le métier disparaît.
  • Illustrations : le déclin d'industries anciennes ; des bassins d'emploi durablement touchés quand une activité disparaît.

C. La polarisation du marché du travail et l'intelligence artificielle.

  • Mécanisme : les technologies numériques remplacent d'abord les tâches routinières et codifiables, souvent exercées par des emplois intermédiaires (employés administratifs, ouvriers qualifiés). Les emplois très qualifiés, complémentaires de la technologie, et les emplois peu qualifiés de services, difficiles à automatiser, progressent : c'est la polarisation.
  • Conséquences : creusement des inégalités de revenus, raréfaction des emplois qui assuraient la mobilité sociale.
  • Illustration : l'intelligence artificielle étend l'automatisation à des tâches cognitives ; selon le FMI (janvier 2024), environ la moitié des emplois exposés dans les économies avancées pourraient voir des tâches essentielles remplacées, l'autre moitié en tirer des gains de productivité. Exposition ne veut pas dire suppression.

Transition. Ces destructions sont réelles, mais elles ne disent pas tout : sur longue période, les économies qui ont connu le plus de progrès technique n'ont pas vu l'emploi disparaître, au contraire.

II. À long terme, le progrès technique crée des emplois, à condition d'accompagner la transition

A. Le déversement : les gains de productivité créent de la demande ailleurs.

  • Théorie : pour Alfred Sauvy (La machine et le chômage, 1980), les gains de productivité se traduisent par des baisses de prix, des hausses de salaires ou de profits, donc par un pouvoir d'achat supplémentaire qui se dépense dans d'autres secteurs, lesquels embauchent : l'emploi se déverse d'un secteur à l'autre.
  • Illustrations : le passage de l'emploi de l'agriculture vers l'industrie puis vers les services (tertiarisation) ; les Trente Glorieuses, qui ont associé de forts gains de productivité et une situation proche du plein emploi.

B. Le progrès technique, moteur de la croissance et de nouvelles activités.

  • Théories : dans le modèle de Solow (1956), le progrès technique est la seule source de croissance durable du produit par tête, puisque l'accumulation du capital seule bute sur des rendements décroissants. Les théories de la croissance endogène (Romer, 1990) montrent que l'innovation et les connaissances produisent des externalités positives et entretiennent la croissance, donc la demande de travail. Chez Schumpeter, la destruction est aussi créatrice : les grappes d'innovations ouvrent de nouveaux marchés.
  • Illustrations : les métiers nés de la révolution numérique (développement informatique, analyse de données, cybersécurité, maintenance des équipements automatisés) ; pour Fonderies Malvérane, la robotisation peut améliorer la compétitivité, conserver des marchés et créer des postes de maintenance et de programmation.

C. Le solde dépend des politiques d'accompagnement.

  • Mécanisme : le déversement n'est ni automatique ni instantané ; il suppose que les travailleurs puissent changer de métier et que les gains de productivité soient redistribués et dépensés.
  • Théorie et outils : le capital humain (notion de Becker et Schultz, intégrée à la croissance endogène par Lucas, 1988) ; les politiques actives de l'emploi (formation, accompagnement des reconversions) ; la flexicurité, qui combine souplesse des embauches et des licenciements, indemnisation et formation.
  • Illustrations : le compte personnel de formation en France ; le modèle danois de flexicurité ; dans l'entreprise, un plan de formation qui reconvertit les opérateurs de finition vers la conduite et la maintenance des robots.

Conclusion rédigée (exemple)

Le progrès technique détruit bien des emplois : il substitue le capital au travail, laisse des perdants dans la destruction créatrice et polarise le marché du travail, menace que l'intelligence artificielle étend aux tâches intellectuelles. Mais, sur longue période, il n'a pas fait disparaître l'emploi : les gains de productivité se déversent vers de nouvelles activités et entretiennent la croissance. Le progrès technique est donc moins une menace pour le volume de l'emploi que pour certains emplois et certains travailleurs. Le résultat dépend de la vitesse du changement et de la capacité de la société à former, à protéger et à redistribuer les gains. Reste à savoir si la diffusion rapide de l'intelligence artificielle laissera à cette adaptation le temps de se faire.

Autres plans acceptables

  • I. Le progrès technique détruit des emplois à court terme / II. Il en crée davantage à long terme.
  • I. Le progrès technique ne réduit pas le volume global de l'emploi / II. Mais il en transforme la structure et la qualité (polarisation, nouvelles formes de travail, inégalités).
  • Un plan en trois parties est accepté s'il est équilibré (par exemple : les destructions ; les créations ; les conditions d'un solde positif).

D'autres problématiques sont recevables si elles restent dans le sujet. Le meilleur niveau est atteint dès que chaque sous-partie développe un mécanisme ou une théorie, illustré par un exemple : dans un plan à quatre sous-parties, il n'est pas nécessaire d'en dire plus.

Attention

Ne prête pas de citations inventées aux auteurs : présente leurs mécanismes. Ne confonds pas « exposé à l'intelligence artificielle » et « supprimé ». Le protectionnisme, la politique monétaire ou les finances publiques ne sont pas le sujet : une question problématisée centrée sur un seul thème attend une argumentation sur ce thème.

Grille indicative sur 20 points

PartieÉlément évaluéPoints
Dossier 11.1 Évolution des prix (document 1 seul)3,5
1.2 Effets du choc énergétique sur l'activité et l'emploi4
1.3 Marges de manœuvre de la politique budgétaire4,5
Dossier 2Introduction (accroche, définitions, problématique, annonce du plan)1,5
Développement : structure pertinente et équilibrée, plan apparent, transitions1
Développement : contenu (arguments, théories, mécanismes, exemples)5
Conclusion (synthèse qui répond à la problématique)0,5
Total20

Ces poids reprennent ceux de la grille du sujet zéro (questions de la première partie notées 7, 8 et 9 sur 24 ; question problématisée notée 3, 2, 10 et 1 sur 16), ramenés à 12 et 8 points. La qualité rédactionnelle module la note à l'intérieur de chaque niveau.

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  • 20Les objectifs de la politique économique : carré magique, inflation, déflation et désinflationCours gratuit
  • 25Marché du travail, formation du salaire et indicateurs d'emploi et de chômageCours gratuit
  • 26Les causes du chômage : conjoncturel et structurel, classique et keynésienCours gratuit
  • 21Politiques de demande et d'offre, justifications et limites de l'intervention de l'ÉtatCours gratuit
  • 22La soutenabilité de la dette publique et l'encadrement des budgets nationaux par l'Union européenneCours gratuit
  • 27La révolution numérique, l'emploi et l'organisation du travailCours gratuit
  • 14Les déterminants de la croissance et le rôle du progrès techniqueCours gratuit

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