Annales DCG · UE 4

Annales DCG UE4 Droit fiscal : sujet type corrigé

Un sujet complet de 3 heures sur le programme 2025 de l'UE4, construit comme le sujet zéro de la session 2027 : deux dossiers-clients, une société puis un couple, et une base documentaire qui fournit les données variables. Le corrigé suit le raisonnement attendu : règle de droit avec son article, application au cas, conclusion, et chaque calcul posé.

  • Épreuve écrite de 3 heures
  • 2 dossiers, 20 points
  • Programme 2025, session 2027

Le sujet

DossierPoints
Dossier 1 : Dossier-client SAS Givrelle12
Dossier 2 : Dossier-client époux Sauvanet8

UE 4, Droit fiscal. Durée de l'épreuve : 3 heures. Coefficient : 1.

  • Documents et matériel : le sujet zéro ne mentionne aucun document autorisé ; la base documentaire fournit les données et les règles propres au cas (plafonds, taux fixés par l'énoncé, barème de l'impôt sur le revenu) ; les règles générales du programme (taux de l'impôt sur les sociétés, régime mère-fille, exclusions du droit à déduction de TVA, sanctions fiscales) sont à connaître. Vérifie sur ta convocation les conditions de ta session, notamment pour la calculatrice.
  • Le sujet comporte 2 dossiers indépendants. Le barème indiqué entre parenthèses est indicatif : il sert à gérer ton temps (le sujet zéro officiel n'affiche pas de barème).
Attention

Si le texte du sujet, de ses questions ou de ses documents te conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, mentionne-les explicitement sur ta copie. Sauf mention contraire, chaque réponse énonce la règle de droit applicable (avec sa référence), l'applique au cas d'espèce, puis conclut. Les calculs sont posés.

Contexte. Tu es collaborateur ou collaboratrice junior du cabinet d'expertise comptable Sévrac et associés, à Angers, dans l'équipe de Mme Inès Morand, expert-comptable et cheffe de mission. Nous sommes le 15 décembre 2026. Deux dossiers-clients te sont confiés : celui de la SAS Givrelle et celui des époux Sauvanet.

Repère dans le temps. Les opérations et revenus étudiés datent de 2025 et 2026 : ils relèvent du code général des impôts (CGI) en vigueur à leur date. Les règles de TVA seront transférées au livre II du code des impositions sur les biens et services (CIBS) le 1er janvier 2027 ; tu n'as pas à citer la nouvelle numérotation.

Dossier 1 : Dossier-client SAS Givrelle (12 points)

Base documentaire : documents 1 à 6.

La SAS Givrelle conçoit, fabrique et installe des vitrines et meubles réfrigérés pour les commerces alimentaires. Elle assure aussi leur maintenance sous contrat. Sa présidente, Mme Nadia Ferrand, a fondé la société en 2011.

Mission 1 : TVA du mois de novembre 2026. La CA3 de novembre doit être déposée et payée au plus tard le 24 décembre 2026.

1.1 Pour chacune des opérations du document 2, qualifier l'opération au regard de la TVA et déterminer, en justifiant par la règle de droit, si elle génère de la TVA exigible ou de la TVA déductible au titre du mois de novembre 2026, et pour quel montant.

1.2 Liquider la TVA du mois de novembre 2026 en présentant la structure de la déclaration CA3 (opérations réalisées, TVA brute, TVA déductible, solde), puis comptabiliser la liquidation au 30 novembre 2026.

1.3 Mme Ferrand a entendu parler de l'« option pour les débits » pour ses contrats de maintenance. Présenter en quelques lignes, pour éclairer sa décision, les conséquences de cette option pour la société et pour ses clients.

Mission 2 : impôt sur les sociétés de l'exercice 2026. Le résultat comptable de l'exercice 2026, établi le 15 décembre 2026, est à retenir comme définitif.

1.4 Déterminer le résultat fiscal de l'exercice 2026 à partir du document 5, en justifiant chaque retraitement (ou l'absence de retraitement) par la règle de droit.

1.5 Calculer l'impôt sur les sociétés de l'exercice 2026 en justifiant le taux appliqué, comptabiliser cet impôt, puis indiquer le montant du solde à payer et sa date limite de paiement. Préciser les dates des acomptes de l'exercice 2027 et l'exercice sur lequel le premier sera calculé.

Mission 3 : relation avec l'administration fiscale.

1.6 Répondre à Mme Ferrand (document 6) par une note structurée en trois points, d'une page au plus, qui chiffre ce qui peut l'être.

Dossier 2 : Dossier-client époux Sauvanet (8 points)

Base documentaire : documents 7 à 9.

Marc et Élodie Sauvanet, mariés, sont clients du cabinet depuis plusieurs années. Le cabinet a établi leur déclaration des revenus de 2025, déposée en mai 2026. Ils ont reçu leur avis d'imposition en août 2026 et souhaitent comprendre les choix retenus avant de préparer, au printemps 2027, la déclaration de leurs revenus de 2026.

2.1 Justifier le montant du revenu net catégoriel de chacun des époux au titre des traitements et salaires, ainsi que celui des revenus fonciers, en vérifiant pour chaque revenu que l'option choisie est celle qui conduit à la base imposable la plus faible.

2.2 Expliquer le mode d'imposition des dividendes perçus en 2025, puis déterminer si l'option pour le barème progressif aurait été plus favorable. Conclure.

2.3 Vérifier le montant de l'impôt sur le revenu figurant sur l'avis d'imposition (document 8). Hugo a été rattaché au foyer fiscal de ses parents : comparer, à partir des données de 2025, avec la déduction d'une pension alimentaire, puis formuler un conseil pour la déclaration des revenus de 2026.

2.4 Mme Sauvanet a perçu un dividende en mars 2026 (document 7). Calculer les sommes prélevées lors du versement et le taux global du prélèvement forfaitaire unique applicable à ce dividende ; expliquer la différence avec les dividendes perçus en 2025.

Base documentaire

Document 1 : fiche signalétique de la SAS Givrelle

ÉlémentDonnée
Forme, siègeSociété par actions simplifiée, Angers (Maine-et-Loire)
Capital200 000 €, entièrement libéré, détenu par Mme Nadia Ferrand (70 %) et M. Julien Ferrand (30 %), personnes physiques
Chiffre d'affaires HT3 840 000 € en 2025 ; environ 3 900 000 € attendus en 2026
Effectif28 salariés
ExerciceDu 1er janvier au 31 décembre ; impôt sur les sociétés
TVARégime réel normal, CA3 mensuelle ; toutes les opérations sont soumises au taux de 20 % ou exonérées avec droit à déduction : coefficient de déduction égal à 1 ; pas d'option pour les débits

Document 2 : opérations du mois de novembre 2026

Le client belge et le fournisseur allemand sont des entreprises assujetties à la TVA ; les factures échangées avec eux portent leur numéro d'identification à la TVA et celui de Givrelle. Les montants sont hors taxes sauf mention contraire.

  1. Ventes en France : vitrines livrées et facturées en novembre à des commerçants français : 184 000 €.
  2. Acompte : le 20 novembre, un supermarché a versé un acompte de 24 000 € TTC sur une commande de vitrines qui sera livrée en janvier 2027.
  3. Maintenance : contrats facturés en novembre pour 18 000 € ; sur ces factures, 9 600 € TTC ont été encaissés en novembre. Ont également été encaissés en novembre 14 400 € TTC au titre de factures de maintenance d'octobre.
  4. Belgique : vitrine vendue à une chaîne de boulangeries établie à Liège, livrée en novembre : 31 000 €. Le transport vers la Belgique est justifié et l'état récapitulatif sera déposé.
  5. Allemagne : compresseurs achetés à un fabricant établi à Brême, reçus le 9 novembre ; facture datée du 9 novembre : 42 000 €.
  6. Achats en France : composants et matières premières livrés et facturés en novembre : 66 000 €, TVA 13 200 €.
  7. Bureau d'études : honoraires de conception facturés le 5 novembre, 6 500 €, TVA 1 300 €, payés le 7 décembre 2026. Le prestataire n'a pas opté pour les débits.
  8. Transport : frais de livraison facturés et payés en novembre à un transporteur français : 2 400 €, TVA 480 €.
  9. Véhicule : voiture particulière de cinq places acquise et mise en service le 2 novembre pour la présidente : 30 000 €, TVA 6 000 €, soit 36 000 € TTC.
  10. Gazole : carburant de la voiture du point 9 : 500 €, TVA 100 € ; carburant des camionnettes d'intervention (véhicules utilitaires) : 1 200 €, TVA 240 €.
  11. Équipement : banc d'essai frigorifique livré, facturé et mis en service en novembre : 25 000 €, TVA 5 000 €.
  12. Cadeaux : 30 coffrets gourmands offerts à 30 clients différents, à 90 € TTC l'unité (75 € HT, TVA 15 €), soit 2 700 € TTC. Aucun de ces clients n'a reçu d'autre cadeau en 2026.

Document 3 : extrait de la CA3 d'octobre 2026

LigneMontant
Total de la TVA brute41 230 €
Total de la TVA déductible43 080 €
Crédit de TVA à reporter (à reporter sur la déclaration suivante)1 850 €

Document 4 : données réglementaires utiles

  • Cadeaux : la TVA grevant les biens cédés sans rémunération est déductible pour les biens de très faible valeur, dont la valeur unitaire n'excède pas 73 € TTC par objet et par an pour un même bénéficiaire (annexe IV au CGI, article 28-00 A).
  • Véhicule du point 9 : émissions de 128 g de CO2 par kilomètre ; plafond de déduction fiscale de l'amortissement des véhicules de tourisme applicable à ce véhicule : 18 300 €.
  • Comptes courants d'associés : taux maximal de déduction des intérêts pour l'exercice clos le 31 décembre 2026 : 4,20 % (donnée de l'énoncé).

Document 5 : informations pour la détermination du résultat fiscal 2026

  • Résultat comptable avant impôt sur les sociétés : 186 410 €. Aucun impôt sur les bénéfices n'est comptabilisé en charges ; les acomptes versés ont été portés au débit du compte 444.
  • Dividendes : Givrelle a reçu en 2026 un dividende de 14 000 € de la SARL Polarys (soumise à l'IS, établie en France), dont elle détient 35 % du capital et des droits de vote, sous forme nominative, depuis 2018. Le dividende est comptabilisé en produits financiers.
  • Compte courant : Mme Ferrand a laissé 120 000 € en compte courant pendant toute l'année 2026, rémunérés au taux de 5,5 % : intérêts de 6 600 € comptabilisés en charges financières.
  • Véhicule (document 2, point 9) : amorti en mode linéaire sur 5 ans à partir du coût d'acquisition de 36 000 € TTC ; par convention, la dotation 2026 porte sur 2 mois : 1 200 €.
  • Amende : amende administrative de 3 000 € infligée en 2026 pour non-respect des délais de paiement des fournisseurs, comptabilisée en charges.
  • Cadeaux (document 2, point 12) : 2 700 € TTC comptabilisés en charges.
  • Acomptes d'IS versés en 2026 au titre de l'exercice 2026 : 35 750 € au total.
  • Taxes annuelles sur l'affectation des véhicules de tourisme à des fins économiques : aucune charge à ce titre n'est comptabilisée en 2026 (hypothèse).
  • La société n'a ni déficit reportable, ni réduction ou crédit d'impôt.

Document 6 : courriel de Mme Ferrand du 14 décembre 2026

Bonjour Madame Morand,

Trois questions avant la fin de l'année.

  1. Un gros client vient de reporter son règlement à fin février. Je pensais déposer la CA3 de novembre à temps mais ne la payer que le 26 février 2027. Que risque-t-on ? Vaut-il mieux attendre février pour tout déposer ?
  2. Nous faisons du tri dans nos archives. Pouvons-nous détruire les factures d'achat de 2020 et de 2021 ? Par exemple, une facture du 12 mars 2020 et une autre du 3 février 2021.
  3. J'ai lu que la TVA « sortait du code général des impôts » au 1er janvier 2027. Qu'est-ce que cela change pour nous ?

Merci d'avance, Nadia Ferrand, présidente de la SAS Givrelle

Document 7 : situation et revenus des époux Sauvanet

Foyer. Marc (49 ans) et Élodie (47 ans) Sauvanet sont mariés et soumis à imposition commune. Ils ont deux enfants :

  • Lou, née en 2009, lycéenne, vit chez ses parents ;
  • Hugo, né le 14 mai 2002, célibataire, sans revenus, étudiant en master à Lyon pendant toute l'année 2025, où il loue un studio. Il a signé une demande de rattachement au foyer de ses parents pour les revenus de 2025. En 2025, ses parents lui ont versé 7 200 € (loyer et frais de vie), justifiés par des virements et des quittances.

Revenus de 2025.

RevenuDonnées
Salaire de MarcSalaire net imposable : 58 400 €. Frais professionnels réels justifiés : 4 900 €
Salaire d'ÉlodieSalaire net imposable : 41 200 €. Frais professionnels réels justifiés (trajets domicile-travail selon le barème kilométrique, repas) : 5 300 €
Appartement loué nu à ToursLoyers encaissés : 9 000 €. Charges qui seraient déductibles au régime réel (taxe foncière, assurance, intérêts d'emprunt, frais de gestion) : 2 400 €
Dividendes5 000 € bruts versés en 2025 par une société anonyme française (titres détenus sur un compte-titres ordinaire)

Choix retenus dans la déclaration de 2026 : forfait de 10 % pour Marc, frais réels pour Élodie ; micro-foncier ; prélèvement forfaitaire unique pour les dividendes (pas d'option pour le barème) ; rattachement d'Hugo.

Hypothèses. Aucune charge n'est déductible du revenu global en 2025 (sous réserve de la pension étudiée à la question 2.3). Aucune réduction ni aucun crédit d'impôt n'est à retenir, y compris pour les frais de scolarité.

Dividende de 2026. Mme Sauvanet a perçu le 18 mars 2026 un dividende de 2 000 € bruts d'une société française. Le revenu fiscal de référence du foyer de 2024 est de 96 000 € ; aucune demande de dispense de prélèvement n'a été déposée.

Document 8 : extrait de l'avis d'impôt sur les revenus de 2025 (août 2026)

LigneMontant
Nombre de parts3
Revenu brut global94 760 €
Revenu imposable94 760 €
Impôt sur le revenu net, avant prélèvements déjà effectués11 662 €
Prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % retenu en 2025 sur les dividendes, imputé sur l'impôt640 €

Document 9 : paramètres de l'imposition 2026 des revenus de 2025

Barème par part (service-public.gouv.fr, fiche F1419, revenus de 2025) :

Fraction du revenu imposable pour une partTaux
Jusqu'à 11 600 €0 %
De 11 601 € à 29 579 €11 %
De 29 580 € à 84 577 €30 %
De 84 578 € à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

Autres paramètres (revenus de 2025) :

  • Plafonnement du quotient familial : l'avantage procuré par chaque demi-part s'ajoutant aux 2 parts d'un couple marié est limité à 1 807 € (BOFiP, BOI-IR-LIQ-20-20-20-20260407, § 40).
  • Déduction forfaitaire de 10 % sur les salaires : minimum 509 €, maximum 14 555 € par membre du foyer ; chaque membre peut opter pour ses frais réels (service-public.gouv.fr, fiche F1989).
  • Pension alimentaire versée à un enfant majeur non rattaché : déduction des sommes justifiées, plafonnée à 6 855 € par enfant ; elle n'est pas cumulable avec le rattachement de cet enfant (service-public.gouv.fr, fiche F2).
  • Micro-foncier : applicable si les revenus fonciers bruts du foyer n'excèdent pas 15 000 € ; abattement de 30 % ; l'option pour le régime réel est irrévocable pendant trois ans.
  • Prélèvements sociaux sur les dividendes : 17,2 % sur les revenus de placement perçus en 2025 (CSG 9,2 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %) ; 18,6 % sur ceux perçus en 2026 (CSG 10,6 %) ; en cas d'option pour le barème, CSG déductible de 6,8 % l'année de son paiement (service-public.gouv.fr, fiche F2329).
  • Prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 % sur les dividendes, à titre d'acompte ; dispense possible si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 75 000 € pour un couple soumis à imposition commune (service-public.gouv.fr, fiche F2613).

Le corrigé détaillé

Traite le sujet d'abord : chaque dossier se déplie quand tu es prêt.

CorrigéDossier 1 : Dossier-client SAS Givrelle

1.1 Qualification des opérations de novembre 2026

Règles.

  • Exigibilité (CGI, art. 269, 2) : pour une livraison de biens, la TVA est exigible lors de la livraison et, en cas d'acompte, dès l'encaissement de l'acompte, à concurrence du montant encaissé (art. 269, 2, a, règle applicable depuis le 1er janvier 2023) ; pour une prestation de services, elle est exigible lors de l'encaissement, sauf option pour les débits (art. 269, 2, c) ; pour une acquisition intracommunautaire, le 15 du mois suivant le fait générateur, ou à la date de la facture si elle est antérieure et s'il ne s'agit pas d'une facture d'acompte (art. 269, 2, d).
  • Droit à déduction (art. 271) : il naît lorsque la taxe devient exigible chez le redevable (le fournisseur ou, en cas d'autoliquidation, l'acquéreur) et s'exerce sur la déclaration de ce mois, à condition de détenir une facture régulière. Il est exclu pour les véhicules conçus pour transporter des personnes (annexe II au CGI, art. 206, IV, 2, 6°) et pour les biens cédés sans rémunération, sauf biens de très faible valeur (annexe II, art. 206, IV, 2, 3° ; annexe IV, art. 28-00 A). La TVA sur le gazole d'un véhicule exclu n'est déductible qu'à hauteur de 80 % (art. 298, 4, 1°).
  • Échanges intracommunautaires : la livraison intracommunautaire à un assujetti identifié dans un autre État membre, avec transport justifié, est exonérée (art. 262 ter, I, 1°) avec maintien du droit à déduction (art. 271, V) ; l'acquisition intracommunautaire est imposable en France (art. 256 bis) et la TVA est autoliquidée par l'acquéreur, qui la déduit sur la même déclaration.
N°Qualification et applicationTVA exigible en novembre (€)TVA déductible en novembre (€)
1Livraisons de biens en France, livrées en novembre : exigibilité à la livraison184 000 × 20 % = 36 800
2Acompte sur une livraison de biens : exigible dès l'encaissement, en novembre, à concurrence de l'acompte. Base : 24 000 / 1,2 = 20 00020 000 × 20 % = 4 000
3Prestations de services, sans option pour les débits : exigibilité à l'encaissement. Encaissements de novembre : 9 600 + 14 400 = 24 000 TTC, soit 20 000 HT. Les 10 000 € HT de factures de novembre non encaissées seront taxés à leur encaissement20 000 × 20 % = 4 000
4Livraison intracommunautaire exonérée : client assujetti identifié en Belgique, transport justifié. Figure dans les opérations réalisées (31 000 €), sans TVA0
5Acquisition intracommunautaire imposable en France ; facture du 9 novembre, antérieure au 15 décembre : exigible en novembre. TVA autoliquidée, déductible le même mois42 000 × 20 % = 8 4008 400
6Achats de biens livrés en novembre : TVA exigible chez le fournisseur, facture détenue13 200
7Prestation de services non payée en novembre : la TVA n'est exigible chez le prestataire (sans option pour les débits) qu'au paiement, le 7 décembre. Déductible sur la CA3 de décembre0
8Prestation de transport payée en novembre480
9Véhicule conçu pour transporter des personnes : exclusion du droit à déduction. La TVA de 6 000 € est un coût : le véhicule est immobilisé pour 36 000 € TTC0
10Gazole de la voiture particulière : 100 × 80 % ; gazole des véhicules utilitaires : déduction totale80 + 240
11Immobilisation affectée à des opérations imposables, livrée et facturée en novembre5 000 (immobilisations)
12Biens cédés sans rémunération d'une valeur unitaire de 90 € TTC, supérieure à 73 € TTC : exclusion du droit à déduction0

Le crédit de TVA de 1 850 € de la CA3 d'octobre (document 3) s'impute sur la déclaration de novembre.

1.2 Liquidation de la TVA de novembre 2026

Opérations réalisées (hors taxes).

Ligne de la déclarationMontant (€)
Ventes, prestations de services imposables : 184 000 + 20 000 + 20 000224 000
Livraisons intracommunautaires (exonérées)31 000
Acquisitions intracommunautaires42 000

Décompte de la TVA.

PosteCalculMontant (€)
Taux normal 20 % : base 224 000 + 42 000 = 266 000266 000 × 20 %53 200
Total de la TVA brute (TVA due)53 200
dont TVA sur acquisitions intracommunautaires42 000 × 20 %8 400
TVA déductible sur immobilisationsbanc d'essai5 000
TVA déductible sur autres biens et services8 400 + 13 200 + 480 + 80 + 24022 400
Crédit de TVA antérieurCA3 d'octobre1 850
Total de la TVA déductible29 250
TVA nette due53 200 - 29 25023 950

La TVA de 23 950 € est à déclarer et à payer au plus tard le 24 décembre 2026. L'acquisition intracommunautaire augmente la TVA brute et la TVA déductible du même montant (8 400 €) : sans effet sur le solde, puisque le coefficient de déduction est égal à 1. La livraison intracommunautaire figure en opérations réalisées mais pas en TVA brute.

DateCompteIntituléDébitCrédit
30/11/202644571TVA collectée44 800
4452TVA due intracommunautaire8 400
44566TVA sur autres biens et services22 400
44562TVA sur immobilisations5 000
44567Crédit de TVA à reporter1 850
44551TVA à décaisser23 950
Liquidation de la TVA de novembre 2026
Totaux53 20053 200
Remarque

Le compte 44571 est retenu ici pour la seule TVA exigible du mois (36 800 + 4 000 + 4 000). La TVA des factures de maintenance de novembre non encaissées (2 000 €) n'est pas exigible : elle reste en attente jusqu'à l'encaissement. La TVA de 1 300 € du bureau d'études sera déduite sur la CA3 de décembre, déposée en janvier 2027.

1.3 L'option pour les débits

Règle. Pour les prestations de services, la TVA est exigible à l'encaissement ; le prestataire peut opter pour son paiement d'après les débits (CGI, art. 269, 2, c), c'est-à-dire, en pratique, dès la facturation.

Conséquences pour Givrelle.

  • Trésorerie : la TVA des contrats de maintenance serait reversée dès le mois de facturation, avant l'encaissement. En novembre, la société aurait dû la TVA sur 18 000 € facturés, dont 10 000 € HT non encore encaissés, soit 2 000 € de TVA avancés. En cas d'impayé, elle devrait ensuite régulariser la TVA reversée.
  • Organisation : une seule règle pour toutes les ventes (livraisons et prestations), établie à partir du journal des ventes ; plus besoin de suivre les encaissements facture par facture pour la maintenance.
  • Factures : l'option devra être mentionnée sur les factures ; c'est l'une des nouvelles mentions prévues par la réforme de la facturation électronique, selon son calendrier.

Conséquences pour les clients. Leur droit à déduction naît lorsque la TVA devient exigible chez le prestataire : avec l'option, ils déduisent la TVA dès la facture, sans attendre leur paiement. C'est un argument commercial auprès de commerçants assujettis.

Conclusion. L'option simplifie la gestion mais pèse sur la trésorerie de Givrelle tant que les délais de règlement de la maintenance restent longs : elle se justifie si ces délais sont courts ou si les clients la demandent.

1.4 Résultat fiscal de l'exercice 2026

ÉlémentRègle de droit et applicationRéintégration (€)Déduction (€)
Dividende de PolarysRégime des sociétés mères, applicable sur option (CGI, art. 145, 1, et 216) : titres nominatifs représentant au moins 5 % du capital, conservés au moins deux ans. Givrelle détient 35 % depuis 2018 ; en optant pour le régime, elle déduit le dividende14 000
Quote-part de frais et chargesRéintégration de 5 % du dividende (art. 216, I) : 14 000 × 5 %700
Intérêts du compte courantIntérêts versés aux associés déductibles si le capital est entièrement libéré et dans la limite d'un taux maximal (art. 39, 1-3°). Capital libéré : déduction limitée à 120 000 × 4,20 % = 5 040 € ; excédent 6 600 - 5 0401 560
Amortissement du véhiculeLa fraction de l'amortissement d'un véhicule de tourisme correspondant au prix TTC excédant le plafond n'est pas déductible (art. 39, 4). Déductible : 18 300 / 5 × 2/12 = 610 € ; excédent 1 200 - 610, soit (36 000 - 18 300) / 5 × 2/12590
Amende administrativeLes sanctions pécuniaires et pénalités de toute nature mises à la charge des contrevenants à des obligations légales ne sont pas déductibles (art. 39, 2)3 000
Cadeaux aux clientsDépense engagée dans l'intérêt de l'exploitation, déductible (art. 39, 1) pour son montant TTC, la TVA non récupérable étant un élément du coût : aucun retraitement0
Total5 85014 000

Résultat fiscal = 186 410 + 5 850 - 14 000 = 178 260 €.

1.5 Impôt sur les sociétés de 2026, solde et acomptes

Taux. Le taux normal est de 25 % (CGI, art. 219, I). Le taux réduit de 15 % s'applique dans la limite de 42 500 € de bénéfice aux sociétés dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 M€, dont le capital est entièrement libéré et détenu pour 75 % au moins par des personnes physiques (art. 219, I, b). Givrelle remplit les trois conditions : chiffre d'affaires d'environ 3,9 M€, capital libéré, détenu à 100 % par Mme et M. Ferrand.

CalculDétailMontant (€)
IS à 15 %42 500 × 15 %6 375
IS à 25 %(178 260 - 42 500) × 25 % = 135 760 × 25 %33 940
IS de l'exercice 202640 315
Acomptes versés en 2026- 35 750
Solde à payer4 565

Résultat net comptable : 186 410 - 40 315 = 146 095 €.

DateCompteIntituléDébitCrédit
31/12/2026695Impôts sur les bénéfices40 315
444État - Impôts sur les bénéfices40 315
Impôt sur les sociétés de l'exercice 2026
Totaux40 31540 315

Le compte 444, débité de 35 750 € d'acomptes, présente alors un solde créditeur de 4 565 €, soldé par le paiement.

Date limite du solde. Le solde est payé au plus tard le 15 du quatrième mois suivant la clôture (art. 1668), soit le 15 mai 2027 pour une clôture au 31 décembre 2026. Le 15 mai 2027 est un samedi, le 16 un dimanche et le 17 le lundi de Pentecôte, jour férié : une échéance qui tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié est reportée au premier jour ouvrable suivant, soit le mardi 18 mai 2027 (sous réserve du calendrier fiscal officiel 2027).

Acomptes de 2027. Quatre acomptes, les 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre 2027, chacun égal au quart de l'IS calculé sur le bénéfice du dernier exercice clos dont le délai de déclaration est expiré. Au 15 mars 2027, la déclaration de 2026 n'est pas encore due : le premier acompte est calculé sur le bénéfice de 2025 (avant-dernier exercice), puis régularisé avec le deuxième acompte, le 15 juin 2027, sur la base du bénéfice de 2026.

Remarque

La contribution sociale sur l'IS et la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises sont hors programme ; Givrelle n'y serait de toute façon pas soumise compte tenu de son chiffre d'affaires. Les calculs reposent sur les règles en vigueur au 15 décembre 2026.

1.6 Note à Mme Ferrand

Objet : retard de paiement de la TVA, conservation des factures, recodification de la TVA.

1. Paiement tardif de la CA3 de novembre. La TVA de novembre (23 950 €) doit être déclarée et payée au plus tard le 24 décembre 2026. Un paiement tardif entraîne une majoration de 5 % des sommes non payées à l'échéance (CGI, art. 1731) et l'intérêt de retard de 0,20 % par mois (art. 1727), décompté du premier jour du mois suivant l'échéance jusqu'au dernier jour du mois du paiement. Si vous déposez la CA3 à temps et payez le 26 février 2027 : majoration 23 950 × 5 % = 1 197,50 € ; intérêt de janvier et février 2027, 23 950 × 0,40 % = 95,80 € ; soit 1 293,30 €. Attendre février pour tout déposer serait plus coûteux : la majoration de 5 % ne s'appliquerait pas à une déclaration tardive accompagnée du paiement, mais le dépôt tardif est sanctionné par une majoration de 10 % (art. 1728), soit 2 395 €, en plus de l'intérêt de retard. Nous vous conseillons de déposer la déclaration dans le délai et de solliciter au plus tôt un délai de paiement auprès de votre service des impôts des entreprises (SIE), interlocuteur de la société pour la TVA, par la messagerie sécurisée de votre espace professionnel.

2. Conservation des factures. Le code de commerce impose de conserver les pièces justificatives comptables dix ans (art. L123-22), délai décompté à partir de la clôture de l'exercice : les factures de 2020 doivent être conservées au moins jusqu'au 31 décembre 2030, celles de 2021 jusqu'au 31 décembre 2031. Au plan fiscal, le délai de six ans à compter de la date du document (LPF, art. L102 B) est porté à dix ans par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (art. 36), pour les documents dont le délai de conservation expire après le 1er janvier 2027. La facture du 12 mars 2020 relevait encore de l'ancien délai, expiré le 12 mars 2026 ; celle du 3 février 2021, dont le délai de six ans aurait expiré le 3 février 2027, doit être conservée jusqu'au 3 février 2031. Aucune de ces factures ne peut donc être détruite aujourd'hui.

3. Recodification de la TVA. Au 1er janvier 2027, les règles de TVA quittent le CGI pour le livre II du code des impositions sur les biens et services (ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025, entrée en vigueur reportée au 1er janvier 2027 par l'ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026). La recodification se fait à droit constant : taux, exigibilité, déductions et déclarations ne changent pas. Seules les références changent : vos documents qui citent un article du CGI (mentions de factures, procédures internes) seront à mettre à jour. Autre échéance à préparer : l'émission de factures électroniques deviendra obligatoire pour les PME comme Givrelle au 1er septembre 2027 (la réception l'est déjà depuis le 1er septembre 2026).

CorrigéDossier 2 : Dossier-client époux Sauvanet

2.1 Traitements et salaires, revenus fonciers

Traitements et salaires. Les frais professionnels sont déduits forfaitairement à hauteur de 10 % du salaire (minimum 509 €, maximum 14 555 € pour les revenus de 2025), sauf si le salarié opte pour la déduction de ses frais réels justifiés (CGI, art. 83, 3°) ; chaque membre du foyer choisit pour lui-même.

MarcÉlodie
Salaire net imposable58 40041 200
Forfait de 10 % (dans les limites de 509 € et 14 555 €)5 8404 120
Frais réels justifiés4 9005 300
Déduction la plus favorableForfait : 5 840Frais réels : 5 300
Revenu net catégoriel52 56035 900

Pour Marc, le forfait (5 840 €) dépasse ses frais réels (4 900 €) ; pour Élodie, les frais réels (5 300 €) dépassent le forfait (4 120 €). Les choix de la déclaration sont les plus favorables.

Revenus fonciers. Le micro-foncier s'applique de plein droit lorsque les revenus fonciers bruts du foyer n'excèdent pas 15 000 € : un abattement forfaitaire de 30 % représente toutes les charges (art. 32). Le contribuable peut opter pour le régime réel (déduction des charges réelles), option irrévocable pendant trois ans.

Micro-foncierRégime réel
Loyers9 0009 000
Abattement de 30 % ou charges réelles- 2 700- 2 400
Revenu foncier net6 3006 600

Les loyers (9 000 €) sont inférieurs à 15 000 € : le micro-foncier s'applique. Il est plus favorable que le réel (6 300 € contre 6 600 €), car l'abattement de 2 700 € dépasse les charges réelles (2 400 €). L'option pour le réel serait de surcroît défavorable : elle engagerait le foyer pour trois ans.

2.2 Les dividendes de 2025

Règle. Les dividendes sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) : impôt sur le revenu de 12,8 % sur le montant brut (CGI, art. 200 A, 1). Sur option expresse et globale, valable pour tous les revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières de l'année, ils sont soumis au barème progressif (art. 200 A, 2) ; ils bénéficient alors d'un abattement de 40 % (art. 158, 3-2°) et d'une CSG déductible de 6,8 % du revenu brut, l'année de son paiement (art. 154 quinquies, II). Les prélèvements sociaux sont dus dans les deux cas : 17,2 % pour les dividendes perçus en 2025, soit 5 000 × 17,2 % = 860 €, retenus lors du versement.

Application.

PFU (retenu)Option pour le barème
Revenu ajouté au revenu soumis au barème05 000 × 60 % - 5 000 × 6,8 % = 3 000 - 340 = 2 660
Impôt sur le revenu supplémentaire5 000 × 12,8 % = 6402 660 × 30 % = 798

Avec l'option, l'impôt s'élève de 2 660 × 30 % : le revenu imposé au barème reste, pour 2 parts comme pour 2,5 parts, dans la tranche à 30 %, et le quotient familial est plafonné (question 2.3), si bien que chaque euro supplémentaire est imposé à 30 %.

Conclusion. Le PFU est plus favorable de 798 - 640 = 158 €. L'abattement de 40 % ne compense pas un taux marginal de 30 % : l'option pour le barème n'est en principe intéressante que pour un foyer dont le taux marginal est de 11 % (ou nul). Le choix de la déclaration est le bon. Le prélèvement forfaitaire non libératoire de 640 € retenu en 2025 est un acompte, imputé sur l'impôt (document 8).

2.3 Vérification de l'avis et rattachement d'Hugo

Rattachement. Un enfant majeur célibataire peut demander son rattachement au foyer fiscal de ses parents s'il a moins de 21 ans au 1er janvier de l'année d'imposition, ou moins de 25 ans s'il poursuit des études (CGI, art. 6, 3). Hugo, né le 14 mai 2002, avait 22 ans au 1er janvier 2025 et était étudiant : le rattachement était possible. Il compte alors comme enfant à charge : avec Lou, le foyer a 2 + 0,5 + 0,5 = 3 parts. L'avantage procuré par les demi-parts est plafonné à 1 807 € par demi-part (art. 197, I, 2).

Vérification de l'avis (rattachement, 3 parts). Revenu brut global = 52 560 + 35 900 + 6 300 = 94 760 € (les dividendes, soumis au PFU, n'entrent pas dans le revenu soumis au barème) ; aucune charge déductible : revenu imposable = 94 760 €.

ÉtapeCalculMontant (€)
Impôt avec 3 partsquotient 94 760 / 3 = 31 586,67 ; (29 579 - 11 600) × 11 % + (31 586,67 - 29 579) × 30 % = 1 977,69 + 602,30 = 2 579,99 ; × 37 739,97
Impôt avec 2 partsquotient 47 380 ; 1 977,69 + (47 380 - 29 579) × 30 % = 1 977,69 + 5 340,30 = 7 317,99 ; × 214 635,98
Avantage des 2 demi-parts14 635,98 - 7 739,976 896,01
Plafond2 × 1 8073 614,00
Impôt au barème après plafonnement14 635,98 - 3 61411 021,98
Impôt sur les dividendes au taux forfaitaire5 000 × 12,8 %640,00
Impôt sur le revenu net11 021,98 + 64011 661,98

L'avantage (6 896,01 €) dépasse le plafond : le plafonnement s'applique. L'impôt brut dépasse largement le seuil de la décote (3 277 € pour une imposition commune) : pas de décote. L'impôt calculé, 11 662 € à l'arrondi, correspond à l'avis. Les 640 € prélevés en 2025 sur les dividendes et les retenues à la source sur les salaires viennent ensuite en déduction pour déterminer le solde.

Alternative : pension alimentaire à Hugo (2,5 parts). Sans rattachement, les parents peuvent déduire les sommes versées à leur enfant majeur dans le besoin, dans la limite de 6 855 € (art. 156, II, 2°) ; les deux avantages ne se cumulent pas. Hugo n'étant pas hébergé par ses parents, les sommes doivent être justifiées : 7 200 € justifiés, déduction plafonnée à 6 855 €.

ÉtapeCalculMontant (€)
Revenu imposable94 760 - 6 85587 905
Impôt avec 2,5 partsquotient 35 162 ; 1 977,69 + (35 162 - 29 579) × 30 % = 3 652,59 ; × 2,59 131,48
Impôt avec 2 partsquotient 43 952,50 ; 1 977,69 + (43 952,50 - 29 579) × 30 % = 6 289,74 ; × 212 579,48
Avantage de la demi-part12 579,48 - 9 131,483 448,00
Plafond1 × 1 8071 807,00
Impôt au barème après plafonnement12 579,48 - 1 80710 772,48
Impôt sur les dividendes640,00
Impôt sur le revenu net11 412,48

Comparaison. La pension aurait réduit l'impôt du foyer de 11 661,98 - 11 412,48 = 249,50 €. Explication : dans les deux cas le quotient familial est plafonné, donc le taux marginal reste de 30 % ; la pension procure une économie de 6 855 × 30 % = 2 056,50 €, alors que la demi-part d'Hugo n'apporte que son plafond de 1 807 € ; 2 056,50 - 1 807 = 249,50 €. Côté Hugo, la pension reçue (6 855 €) serait imposable dans sa propre déclaration ; sans autre revenu, son revenu imposable resterait inférieur à 11 600 € pour une part, donc sans impôt.

Conseil pour la déclaration des revenus de 2026. Hugo aura 23 ans au 1er janvier 2026 ; s'il poursuit ses études, le rattachement restera possible et le choix se reposera. Avec des revenus et une aide à Hugo comparables, mieux vaut ne pas le rattacher et déduire une pension justifiée (virements, quittances), dans la limite du plafond qui s'appliquera aux revenus de 2026. Le rattachement peut toutefois ouvrir droit à d'autres avantages liés à l'enfant, notamment la réduction d'impôt pour frais de scolarité d'un étudiant, écartée ici par hypothèse : ils réduiraient l'écart en faveur de la pension et sont à vérifier selon la loi de finances applicable avant de décider. Les barème et plafonds applicables aux revenus de 2026 seront fixés par la loi de finances pour 2027 : la comparaison sera à refaire avec ces montants (par exemple avec le simulateur de l'administration) avant de déposer la déclaration.

2.4 Le dividende de mars 2026

Règles. Lors du versement d'un dividende, l'établissement payeur retient les prélèvements sociaux et un prélèvement forfaitaire non libératoire de 12,8 %, acompte d'impôt sur le revenu (CGI, art. 117 quater), sauf dispense demandée par un foyer dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 75 000 € (couple). Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les revenus de placement passe de 9,2 % à 10,6 % (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12) : prélèvements sociaux de 18,6 %.

Application. Revenu fiscal de référence de 2024 : 96 000 €, supérieur à 75 000 €, et aucune demande de dispense : le prélèvement de 12,8 % est retenu.

PrélèvementCalculMontant (€)
Prélèvements sociaux2 000 × 18,6 %372
Prélèvement forfaitaire non libératoire2 000 × 12,8 %256
Total retenu au versement2 000 × 31,4 %628

Conclusion. Sauf option globale pour le barème dans la déclaration des revenus de 2026, ce dividende supporte le PFU au taux global de 31,4 % (12,8 % + 18,6 %), contre 30 % (12,8 % + 17,2 %) pour les dividendes perçus en 2025 : seule la part des prélèvements sociaux a augmenté. En cas d'option pour le barème, la CSG déductible resterait de 6,8 %.

Remarque

Tous les revenus du capital ne subissent pas la hausse de 2026 : les revenus fonciers des époux restent soumis aux prélèvements sociaux au taux de 17,2 %.

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