Annales DCG · UE 7
Annales DCG UE7 Management : sujet type corrigé
Un sujet complet de 4 heures sur le programme 2025 de l'UE7, construit comme le sujet zéro de la session 2027 : une analyse managériale d'une organisation à partir d'une base documentaire, puis une question problématisée. Le corrigé détaille les concepts, les auteurs et les indices attendus, et donne pour la question problématisée la problématique, un plan détaillé et les apports théoriques.
- Épreuve écrite de 4 heures
- 2 dossiers, 20 points
- Programme 2025, session 2027
Le sujet
| Dossier | Points |
|---|---|
| Dossier 1 : Analyse managériale | 10 |
| Dossier 2 : Question problématisée | 10 |
UE 7, Management. Durée de l'épreuve : 4 heures. Coefficient : 1.
- Documents et matériel : aucun document ni aucun matériel n'est autorisé ; l'usage d'une calculatrice est interdit.
- Le sujet comporte 2 dossiers indépendants : une analyse managériale (10 points) et une question problématisée (10 points), comme le sujet zéro de la session 2027. La répartition des points entre les questions du dossier 1 est indicative : elle sert à gérer ton temps.
- Pour chaque question, appuie-toi sur les concepts, outils et auteurs du programme, et sur des indices tirés de la base documentaire.
Si le texte du sujet, de ses questions ou de ses documents te conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, mentionne-les explicitement sur ta copie. Toutes les réponses doivent être justifiées et rédigées. Soigne la présentation et la qualité de l'expression. Ordivia, ses dirigeants, ses partenaires, les articles de presse et toutes les données de ce sujet sont fictifs, construits à visée pédagogique.
Contexte. La SAS Ordivia, installée à Saint-Étienne, reconditionne des ordinateurs portables et des smartphones professionnels : elle rachète des appareils en fin d'usage à de grandes entreprises et à des administrations, efface les données de façon certifiée, diagnostique, répare, contrôle et revend les appareils avec une garantie de 3 ans. Créée en 2015 par Nadia Ferhat, aujourd'hui présidente, et Julien Marcy, directeur général, elle a changé d'échelle en quelques années. Nous sommes en novembre 2026. Tu viens de rejoindre Ordivia comme assistant ou assistante de la direction générale. Julien Marcy te confie une analyse de la situation de l'entreprise avant le comité stratégique de décembre.
| Fiche signalétique (données fictives) | |
|---|---|
| Forme | Société par actions simplifiée (SAS) |
| Activités | Reconditionnement et revente d'appareils aux professionnels ; depuis 2024, offre de location avec maintenance « Ordivia Flotte » |
| Clients | PME, collectivités, établissements scolaires, associations |
| Effectif | 41 salariés fin 2021, 168 fin 2025 (dont 112 techniciens) |
| Sites | Saint-Étienne (siège et atelier principal) ; Amiens (atelier repris en 2025, 38 salariés) |
| Chiffre d'affaires | 6,8 M€ en 2021 ; 23,5 M€ en 2025, dont 5,1 M€ pour Ordivia Flotte |
| Capital | Fondateurs 64 % ; fonds d'investissement régional Horizon Massif 32 % (depuis 2023) ; salariés 4 % |
Dossier 1 : Analyse managériale (10 points)
Base documentaire : documents 1 à 4.
1.1 Identifier les parties prenantes d'Ordivia, puis apprécier l'influence de deux d'entre elles, le fonds Horizon Massif et les techniciens, à l'aide du modèle de Mitchell, Agle et Wood. (2,5 points)
1.2 Caractériser la stratégie d'Ordivia en distinguant ses deux niveaux. Expliquer ensuite le lancement d'Ordivia Flotte à l'aide de l'approche fondée sur les ressources et les compétences, et identifier les modes de croissance mis en œuvre. (2,5 points)
1.3 Caractériser la structure actuelle d'Ordivia, puis apprécier la pertinence du projet de structure divisionnelle au regard des facteurs de contingence, en mobilisant au moins une référence théorique. (3 points)
1.4 Hiérarchiser les risques de la cartographie du document 4, puis apprécier les modes de traitement retenus par Ordivia. (2 points)
Dossier 2 : Question problématisée (10 points)
Base documentaire : ensemble des documents, en particulier les documents 5 et 6.
Julien Marcy prépare la phase 2 du projet d'intelligence artificielle de l'atelier. Il te demande ta réflexion sur la question suivante :
Comment Ordivia peut-elle tirer parti de l'intelligence artificielle dans ses décisions sans fragiliser l'implication de ses salariés ?
Il est attendu une argumentation structurée : une introduction qui contextualise la question, définit ses termes et annonce un plan ; un développement en deux ou trois parties, chacune divisée en sous-parties, où chaque argument s'appuie sur la situation d'Ordivia, sur des références théoriques et sur des exemples d'autres organisations ; une conclusion qui répond à la question.
Base documentaire
Document 1 : « Ordivia, le reconditionnement qui change d'échelle » (article de presse fictif, L'Écho des entreprises de la Loire, 12 octobre 2026)
En 2015, Nadia Ferhat achetait le matériel informatique d'un grand groupe industriel. « Chaque année, nous remplacions des milliers d'ordinateurs en parfait état de marche. Ils partaient au broyage ou à l'étranger », se souvient-elle. Avec Julien Marcy, technicien de maintenance rencontré dans ce groupe, elle crée Ordivia dans un ancien entrepôt stéphanois. Le principe : racheter les appareils en fin d'usage des grandes organisations, les remettre à neuf et les revendre aux professionnels, avec une garantie de trois ans, quand la plupart des acteurs du marché en offrent un an.
Onze ans plus tard, l'entreprise comptait 168 salariés fin 2025 et traite plus de 300 appareils par jour ouvré. Sa promesse tient en trois mots : certifié, garanti, local. Chaque appareil passe par un effacement certifié des données, dont le certificat est remis au client vendeur, puis par un diagnostic de 40 points, une réparation éventuelle et un contrôle qualité final. « Nos acheteurs publics et nos écoles veulent du matériel fiable, une facture claire et un interlocuteur qui répond au téléphone », résume la présidente. Les prix d'Ordivia sont inférieurs d'environ 40 % à ceux du neuf, mais supérieurs à ceux des importateurs d'appareils reconditionnés hors d'Europe, qui ne proposent ni garantie longue ni intervention sur place.
L'approvisionnement reste le nerf de la guerre. Trois grands comptes fournissent 58 % des appareils rachetés, et l'un d'eux, une banque nationale, a annoncé une mise en concurrence de son contrat, qui prend fin en juin 2027.
En 2024, Ordivia a lancé Ordivia Flotte : une PME ou une collectivité loue un parc d'ordinateurs reconditionnés sur 36 mois, avec maintenance sous 48 heures, remplacement des appareils en panne et reprise en fin de contrat. Le financement des appareils est assuré par un établissement financier partenaire, Ordivia gérant la relation client, la maintenance et la logistique de reprise. En 2025, l'entreprise a repris un atelier de réparation à Amiens, dont le dirigeant partait à la retraite, pour se rapprocher de ses clients du nord de la France.
Document 2 : entretien avec Nadia Ferhat, présidente d'Ordivia (extraits, document fictif)
Pourquoi lancer une offre de location, alors que vous savez vendre ? Nous connaissons le cycle de vie d'un ordinateur mieux que personne : nous savons à quel âge il tombe en panne, quelles pièces lâchent, comment le remettre en état. La location valorise ce savoir-faire. Et quand un contrat Flotte se termine, les appareils reviennent à l'atelier : ils redeviennent des appareils à reconditionner. Chaque contrat sécurise donc aussi notre approvisionnement. Les importateurs ne peuvent pas nous suivre : ils n'ont ni atelier en France, ni techniciens pour intervenir sous 48 heures. Ordivia Flotte a réalisé 1,6 M€ de chiffre d'affaires en 2024, 5,1 M€ en 2025, et nous visons 9 M€ en 2027.
Le fonds Horizon Massif est entré à votre capital en 2023. Qu'est-ce que cela a changé ? Sans lui, nous n'aurions pas repris l'atelier d'Amiens. Il siège à notre comité stratégique : deux membres sur cinq, avec Julien, moi-même et une administratrice indépendante. Tout investissement de plus de 500 000 € doit y être approuvé. Le pacte d'associés nous fixe un objectif : un résultat d'exploitation égal à 8 % du chiffre d'affaires en 2027. Nous lui envoyons un reporting chaque mois. Le fonds pousse à industrialiser l'atelier, c'est normal : il prévoit de céder sa participation d'ici 2030.
Comment vivez-vous cette croissance au quotidien ? Difficilement, je l'avoue. Je signe encore toutes les dépenses de plus de 2 000 €, j'arbitre les conflits entre l'atelier et l'équipe Flotte, et l'atelier d'Amiens attend nos validations pour le moindre changement de méthode. Je n'ai plus le temps de penser à la stratégie. Nous allons devoir changer d'organisation.
Document 3 : note de la responsable des ressources humaines au directeur général (extraits, 2 novembre 2026, document fictif)
Objet : organisation actuelle et projet de réorganisation
1. Organisation actuelle. Sous l'autorité de la présidente et du directeur général, six services : Achats et sourcing ; Atelier (Saint-Étienne et Amiens : réception, effacement, diagnostic, réparation, contrôle qualité) ; Commercial (dont la cellule Ordivia Flotte, 9 personnes, créée en 2024) ; Logistique ; Administration et finances ; Ressources humaines. Les techniciens de l'atelier suivent des procédures écrites pour chaque étape (fiches de poste, check-lists qualité). Depuis janvier 2026, l'ordre des tâches de chaque technicien est fixé par l'outil Tri+ (document 5).
2. Constats.
- Délai moyen d'intervention de maintenance Ordivia Flotte en 2026 : 4,2 jours, pour un engagement contractuel de 48 heures. Trois clients ont demandé des pénalités.
- Les pièces détachées et les appareils de remplacement sont affectés en priorité aux commandes de revente, sur lesquelles l'atelier est évalué. L'équipe Flotte se plaint de « passer après ».
- Les décisions remontent à la présidente : 64 arbitrages entre l'atelier et la cellule Flotte au premier semestre 2026.
- Taux de rotation des techniciens : 21 % en 2025. Ordivia doit recruter une quarantaine de techniciens par an ; les candidats qualifiés sont rares dans le bassin d'emploi.
3. Projet de réorganisation (présenté au comité stratégique de décembre). Création de deux divisions :
- Division Revente : sourcing, atelier de reconditionnement (Saint-Étienne et Amiens), ventes aux professionnels ;
- Division Flotte : commercial location, gestion des contrats, maintenance sur site, logistique de reprise, avec son propre stock de pièces et d'appareils de remplacement.
Chaque division aurait un directeur responsable de son chiffre d'affaires et de son résultat. Resteraient communs : finances, ressources humaines, système d'information, qualité. Les investissements de moins de 50 000 € seraient décidés par les directeurs de division.
Document 4 : extrait de la cartographie des risques d'Ordivia (document interne fictif, septembre 2026)
Échelle de 1 (faible) à 4 (très élevée) pour la fréquence et la gravité.
| Risque | Fréquence | Gravité | Mesures en place |
|---|---|---|---|
| R1. Pénurie d'appareils à reconditionner (dépendance à trois grands comptes) | 3 | 4 | Stock tampon de 6 semaines ; démarchage de collectivités pour racheter leurs parcs en cours |
| R2. Fuite de données d'un client vendeur après un effacement défaillant | 1 | 4 | Logiciel d'effacement certifié ; contrôle d'un appareil sur cinquante ; certificat remis au client ; assurance responsabilité civile professionnelle |
| R3. Cyberattaque paralysant le progiciel de gestion et Tri+ | 2 | 3 | Sauvegarde hebdomadaire des données |
| R4. Troubles musculosquelettiques et accidents à l'atelier (manutention, postes fixes) | 3 | 2 | Formation aux gestes et postures ; tables réglables sur la moitié des postes |
| R5. Retours d'appareils défectueux pendant la garantie | 2 | 2 | Aucune mesure spécifique : les retours sont couverts par le prix de vente |
| R6. Départ de techniciens qualifiés | 3 | 3 | Prime de cooptation de 300 € pour un candidat recruté |
Document 5 : note de la direction de l'atelier sur l'outil Tri+ (extraits, octobre 2026, document fictif)
Phase 1 (en service à Saint-Étienne depuis janvier 2026). Tri+, un système d'intelligence artificielle acheté à un éditeur de logiciels, analyse les photos et les résultats des tests automatiques de chaque appareil. Il propose :
- un grade esthétique et fonctionnel (A, B ou C) ;
- une orientation : revente en l'état, réparation, récupération des pièces ou recyclage ;
- l'ordre des tâches de chaque technicien pour la journée, établi auparavant par les six chefs d'équipe.
Résultats : + 15 % d'appareils traités par jour ; le technicien peut contester le grade proposé, ce qu'il fait pour 9 % des appareils ; dans deux cas sur trois, la contestation est confirmée par le contrôle qualité. Les chefs d'équipe ne préparent plus les plannings et consacrent ce temps au traitement des appareils atypiques.
Phase 2 (proposée pour le premier semestre 2027).
- Calcul d'un score de productivité individuel de chaque technicien à partir des données de Tri+, servant au calcul de la prime trimestrielle ;
- présélection automatique des candidatures de techniciens ;
- l'éditeur propose en option un module de détection de l'humeur et des émotions des opérateurs par caméra, « pour prévenir les erreurs » ; la direction de l'atelier l'étudie.
Le déploiement à Amiens est prévu en même temps que la phase 2. Le comité social et économique sera informé de la phase 2 lors de sa réunion de décembre.
Document 6 : baromètre social interne et verbatims (septembre 2026, données fictives)
| Proportion de salariés « d'accord » ou « tout à fait d'accord » | 2024 | 2026 |
|---|---|---|
| Je suis fier ou fière de travailler pour une entreprise qui allonge la vie des appareils | 88 % | 86 % |
| Mon travail me permet d'utiliser mes compétences | 78 % | 61 % |
| Je me sens associé ou associée aux décisions qui concernent mon poste | 41 % | 29 % |
| Je fais confiance à ma hiérarchie directe | 74 % | 72 % |
| Je comprends comment Tri+ fixe mes priorités | (sans objet) | 34 % |
| J'envisage de quitter Ordivia dans les douze mois | 15 % | 24 % |
Verbatims recueillis lors des entretiens du baromètre :
- « Avant, je savais juger un écran ou une charnière mieux que n'importe qui. Maintenant je suis la liste de la machine. » (technicienne, 6 ans d'ancienneté)
- « Tri+ me fait gagner du temps sur les appareils standards, c'est vrai. Mais si demain il calcule ma prime, je veux savoir comment. » (technicien, 2 ans)
- « On nous a retiré les plannings sans nous demander notre avis. C'était pourtant là qu'on connaissait nos gars. » (chef d'équipe, 9 ans)
- « Je reste pour le métier et pour l'idée de ne pas jeter. Pas pour l'entreprise telle qu'elle devient. » (technicien, 4 ans)
Le corrigé détaillé
Traite le sujet d'abord : chaque dossier se déplie quand tu es prêt.
CorrigéDossier 1 : Analyse managériale
1.1 Parties prenantes et influence
Concept. Une partie prenante est un groupe ou un individu qui peut affecter la réalisation des objectifs d'une organisation ou être affecté par elle (Freeman, Strategic Management: A Stakeholder Approach, 1984). Clarkson (1995) distingue les parties prenantes primaires, dont la participation continue est nécessaire à la survie de l'organisation, et secondaires, qui l'influencent ou sont influencées sans être indispensables.
Identification.
| Partie prenante | Type | Attentes principales (indices) |
|---|---|---|
| Fondateurs dirigeants (N. Ferhat, J. Marcy, 64 % du capital) | Interne, primaire | Pérennité du projet, croissance, contrôle de l'entreprise, cohérence avec la mission (allonger la vie des appareils) |
| Techniciens et chefs d'équipe (dont salariés actionnaires, 4 %) | Interne, primaire | Utiliser leurs compétences, autonomie, rémunération juste et lisible, être associés aux décisions (doc. 6) |
| Fonds Horizon Massif (32 %) | Externe contractuelle, primaire | Rentabilité (8 % du CA en 2027), information régulière, valorisation en vue d'une cession d'ici 2030 |
| Clients (PME, collectivités, écoles) | Externe contractuelle, primaire | Fiabilité, garantie, prix inférieur au neuf, intervention sous 48 h pour Flotte |
| Grands comptes vendeurs d'appareils | Externe contractuelle, primaire | Effacement certifié des données, prix de rachat, traçabilité |
| Établissement financier partenaire, éditeur de Tri+, fournisseurs de pièces | Externe contractuelle, primaire | Respect des contrats, volumes, solvabilité |
| Comité social et économique (représentants du personnel) | Interne | Information et consultation, conditions de travail |
| Pouvoirs publics, collectivités du territoire | Externe, primaire au sens de Clarkson (groupe « public ») | Emplois locaux, réduction des déchets électroniques |
| Associations environnementales, médias régionaux | Externe diffuse, secondaire | Cohérence du discours environnemental, absence d'écoblanchiment |
Influence (Mitchell, Agle et Wood, 1997). La saillance d'une partie prenante dépend du cumul de trois attributs : pouvoir (capacité d'imposer sa volonté), légitimité (demande jugée fondée), urgence (demande pressante et importante).
| Attribut | Fonds Horizon Massif | Techniciens |
|---|---|---|
| Pouvoir | Oui : 32 % du capital, 2 sièges sur 5 au comité stratégique, approbation des investissements de plus de 500 000 €, financement de la reprise de l'atelier d'Amiens | Potentiel, en hausse : individuellement faible, mais collectivement fort car leurs compétences sont rares (40 recrutements par an, candidats rares) et l'activité Flotte dépend d'eux ; ils peuvent partir (21 % de rotation) et s'exprimer via le CSE |
| Légitimité | Oui : actionnaire, droits fixés par le pacte d'associés | Oui : salariés, cœur du savoir-faire, attentes fondées (compétences, transparence de la prime) |
| Urgence | Oui : objectif de rentabilité 2027, reporting mensuel, horizon de cession d'ici 2030 | Oui : dégradation du baromètre, 24 % d'intentions de départ, phase 2 en préparation |
| Classement | Partie prenante définitive (trois attributs) | Dépendante (légitimité et urgence) en voie de devenir définitive si elle exerce son pouvoir (départs, action collective) |
Appréciation. Le fonds est la partie prenante la plus saillante : Ordivia doit répondre à ses attentes en priorité. Mais ses intérêts divergent en partie de ceux des techniciens : le fonds pousse à industrialiser l'atelier (productivité, score individuel), les techniciens attendent autonomie et reconnaissance. Les deux convergent pourtant sur un point : la croissance d'Ordivia dépend de la qualité du travail de l'atelier. Les attributs évoluent : ignorer les techniciens risque de transformer leur urgence en pouvoir exercé (départs en chaîne qui rendraient l'engagement de 48 h intenable).
Un candidat peut aussi relever la relation d'agence (Jensen et Meckling, 1976) entre le fonds (principal) et les dirigeants (agents) : l'asymétrie d'information explique le reporting mensuel et le contrôle des gros investissements, qui sont des coûts de surveillance. La gouvernance se caractérise (l'analyse n'est pas attendue) comme plutôt actionnariale : le pouvoir de contrôle appartient aux associés, avec une administratrice indépendante et un actionnariat salarié minoritaire. Accepter « définitive » pour les techniciens si le candidat justifie leur pouvoir par la rareté de leurs compétences.
1.2 Stratégie et lancement d'Ordivia Flotte
Définitions. La stratégie comporte deux niveaux : la stratégie d'ensemble (ou globale) définit le périmètre d'activité, c'est-à-dire les domaines d'activité stratégiques (DAS) où l'organisation est présente ; la stratégie de domaine définit la manière d'obtenir un avantage concurrentiel dans chaque DAS.
Stratégie d'ensemble.
- De 2015 à 2023 : spécialisation sur un seul DAS, le reconditionnement et la revente d'appareils aux professionnels.
- Depuis 2024 : diversification, avec un second DAS, Ordivia Flotte. Il s'agit d'un DAS distinct : l'offre (location, maintenance sous 48 h, reprise) répond à un besoin différent, les concurrents ne sont pas les mêmes (loueurs et prestataires de maintenance informatique), les facteurs clés de succès diffèrent (disponibilité des techniciens, gestion de contrats, financement). Ordivia Flotte pèse 5,1 M€ sur 23,5 M€, soit un peu plus d'un cinquième du chiffre d'affaires 2025. Le type de diversification n'est pas à identifier (limite du programme).
Stratégie de domaine. Dans le DAS revente, Ordivia suit une stratégie de différenciation (Porter, Competitive Strategy, 1980) : elle ne cherche pas le prix le plus bas (elle est plus chère que les importateurs) mais une offre perçue comme supérieure : garantie de 3 ans contre 1 an en général, effacement certifié, diagnostic de 40 points, interlocuteur et intervention en France. Le prix inférieur d'environ 40 % au neuf reste un argument, mais face aux autres reconditionneurs l'avantage est hors prix. Le ciblage des seuls professionnels peut être relevé, sans que la focalisation soit la réponse principale.
Lancement d'Ordivia Flotte : approche fondée sur les ressources et les compétences. Cette approche explique la stratégie par les ressources internes plutôt que par le seul environnement. Penrose (1959) montre que la firme croît en exploitant des ressources et des savoirs disponibles ; Barney (1991) précise qu'une ressource procure un avantage durable si elle est valorisable, rare, difficilement imitable et non substituable ; Prahalad et Hamel (1990) parlent de compétences fondamentales, qui donnent accès à plusieurs marchés.
| Ressource ou compétence d'Ordivia | Critère | Rôle dans Ordivia Flotte |
|---|---|---|
| Savoir-faire de diagnostic et de réparation, connaissance du cycle de vie des appareils | Valorisable, rare, difficile à imiter (savoir accumulé en 11 ans) | Maintenance sous 48 h, prévision des pannes, remplacement rapide |
| Atelier et techniciens en France (deux sites) | Rare face aux importateurs, non substituable pour une intervention sur place | Les importateurs « ne peuvent pas suivre » (doc. 2) |
| Relations avec les clients publics et les écoles | Valorisable | Base de clientèle pour la location |
| Effacement certifié et logistique de reprise | Valorisable, difficile à imiter | Reprise des parcs en fin de contrat |
Le lancement s'explique donc par la volonté de valoriser une compétence fondamentale (le reconditionnement et la maintenance) sur un nouveau marché. Il répond aussi à l'environnement : la dépendance à trois grands comptes (58 % des volumes, un contrat remis en concurrence) fragilise l'approvisionnement ; chaque contrat Flotte fait revenir des appareils à l'atelier et sécurise une partie des volumes, tout en apportant des revenus récurrents sur 36 mois.
Modes de croissance.
- Interne : Ordivia Flotte est créée avec les moyens propres de l'entreprise (cellule de 9 personnes en 2024) ;
- externe : reprise de l'atelier d'Amiens en 2025 ;
- conjointe : partenariat avec un établissement financier qui finance les appareils loués. On peut l'expliquer par la théorie des coûts de transaction (Coase, 1937 ; Williamson, 1975) : Ordivia garde en interne ce qui exige des actifs spécifiques (maintenance, reprise) et confie au partenaire le financement, qui n'est pas son métier.
1.3 Structure actuelle et projet divisionnel
Caractérisation de la structure actuelle. La structure est l'ensemble des moyens par lesquels l'organisation divise le travail et coordonne les tâches (Mintzberg, The Structuring of Organizations, 1979).
| Caractéristique | Indices | Constat |
|---|---|---|
| Division horizontale | Six services par fonction (achats, atelier, commercial, logistique, finances, RH) | Spécialisation par fonctions |
| Division verticale | Présidente et DG au sommet ; chefs d'équipe ; techniciens qui exécutent ; planning désormais conçu par Tri+ | Séparation conception et exécution marquée à l'atelier |
| Coordination | Arbitrages de la présidente (64 au premier semestre) ; procédures écrites et check-lists ; ordre des tâches fixé par Tri+ | Supervision directe au sommet et standardisation des procédés à l'atelier ; peu de mécanismes transversaux |
| Centralisation | Signature des dépenses de plus de 2 000 € ; Amiens attend les validations | Très centralisée |
| Formalisation | Fiches de poste, check-lists qualité | Forte à l'atelier, faible entre services |
Ordivia a donc une structure fonctionnelle centralisée, héritée de sa structure entrepreneuriale d'origine (dirigeants qui décident de tout). Ses limites apparaissent : saturation du sommet (« je n'ai plus le temps de penser à la stratégie »), conflits de priorités entre l'atelier, évalué sur la revente, et l'équipe Flotte, délai de maintenance de 4,2 jours pour un engagement de 48 heures, lenteur à Amiens.
Pertinence du projet divisionnel au regard des facteurs de contingence.
Arguments en faveur :
- Stratégie : selon Chandler (Strategy and Structure, 1962), la structure suit la stratégie ; la diversification d'Ordivia (deux DAS) rend la structure fonctionnelle inadaptée et appelle une forme divisionnelle, où chaque division est responsable de son activité et de son résultat.
- Environnement : selon Lawrence et Lorsch (Organization and Environment, 1967), des unités confrontées à des environnements différents doivent être différenciées. L'atelier de revente travaille en volume, sur des flux planifiés ; Ordivia Flotte vit au rythme des pannes et des engagements de 48 heures. Une division Flotte avec son propre stock de pièces supprime la cause principale des retards. Dans une lecture de Burns et Stalker (1961), l'activité Flotte, plus imprévisible, appelle une organisation plus organique (autonomie, décisions proches du terrain).
- Taille et âge : passée de 41 à 168 salariés en quatre ans, sur deux sites, Ordivia ne peut plus être coordonnée par supervision directe ; la synthèse de Mintzberg associe la croissance de la taille à une structure plus élaborée et plus formalisée. Le seuil de 50 000 € pour les directeurs de division libère la présidente.
Limites et conditions :
- Taille encore modeste de la division Flotte : 5,1 M€ de chiffre d'affaires en 2025 et une cellule de 9 personnes ; dupliquer stock, logistique et encadrement a un coût, au moment où le fonds attend 8 % de résultat d'exploitation.
- Interdépendances fortes : la division Flotte a besoin des appareils reconditionnés par la division Revente, et les retours de fin de contrat alimentent l'atelier. Lawrence et Lorsch rappellent que plus on différencie, plus il faut intégrer : prix de cession interne des appareils, comité de coordination mensuel, agent de liaison ou planification commune des stocks.
- Risque de cloisonnement et de concurrence interne pour les techniciens, déjà rares.
- Volonté de déléguer : la structure ne change rien si la présidente continue de tout arbitrer.
Conclusion. Le projet est pertinent dans son principe : il met la structure en cohérence avec la diversification et avec des environnements différenciés. Il n'est efficace qu'à condition de prévoir des mécanismes d'intégration entre les deux divisions et une réelle décentralisation. Une solution intermédiaire (un responsable de l'activité Flotte doté d'un stock dédié dans la structure fonctionnelle, avant de passer aux divisions quand l'activité aura atteint l'objectif de 2027) peut être défendue si elle est argumentée.
1.4 Hiérarchie et traitement des risques
Méthode. Le management du risque suit un processus : identifier, analyser, évaluer, traiter, suivre. On évalue un risque par sa fréquence et sa gravité ; leur produit donne la criticité, qui permet de hiérarchiser.
| Rang | Risque | Fréquence × gravité | Criticité |
|---|---|---|---|
| 1 | R1. Pénurie d'appareils | 3 × 4 | 12 |
| 2 | R6. Départ de techniciens qualifiés | 3 × 3 | 9 |
| 3 | R3. Cyberattaque | 2 × 3 | 6 |
| 3 | R4. TMS et accidents | 3 × 2 | 6 |
| 5 | R2. Fuite de données | 1 × 4 | 4 |
| 5 | R5. Retours sous garantie | 2 × 2 | 4 |
Modes de traitement : évitement (renoncer à l'activité risquée), prévention (réduire la fréquence), réduction de l'impact ou protection (limiter la gravité), transfert (assurance, contrat), acceptation (risque assumé).
| Risque | Traitement retenu | Appréciation |
|---|---|---|
| R1 (12) | Démarchage de collectivités : prévention (diversifier le sourcing) ; stock tampon de 6 semaines : réduction de l'impact | Pertinent mais insuffisant face au risque le plus critique et à l'échéance de juin 2027 ; Ordivia Flotte, qui fait revenir des appareils, est aussi une réponse structurelle à développer |
| R6 (9) | Prime de cooptation : prévention très limitée | Insuffisant : le deuxième risque est presque ignoré, alors que le baromètre montre une hausse des intentions de départ (24 %) ; il relève de la GRH et du mode d'animation (dossier 2) |
| R3 (6) | Sauvegarde hebdomadaire : réduction de l'impact partielle | Insuffisant : jusqu'à une semaine de données perdues, aucune prévention (formation, mises à jour), pas de plan de reprise alors que l'atelier dépend désormais de Tri+ ; un transfert par assurance peut compléter |
| R4 (6) | Formation et tables réglables : prévention | Pertinent mais incomplet (la moitié des postes seulement) ; risque humain qui touche aussi l'attractivité |
| R2 (4) | Logiciel certifié, contrôle par échantillon, certificat : prévention ; assurance : transfert | Bien traité : criticité faible mais gravité maximale, au cœur de la promesse « certifié » auprès des grands comptes ; un risque rare mais grave doit être traité malgré sa criticité modeste |
| R5 (4) | Acceptation | Cohérente : risque faible, absorbé par le prix ; un suivi du taux de retour reste utile |
Conclusion. La cartographie est bien construite mais les moyens ne suivent pas toujours la hiérarchie : R6 (2e) et R3 (3e ex aequo) sont traités de façon nettement insuffisante au regard de leur rang. La priorité est de compléter le traitement de R1, R6 et R3.
CorrigéDossier 2 : Question problématisée
Question. Comment Ordivia peut-elle tirer parti de l'intelligence artificielle dans ses décisions sans fragiliser l'implication de ses salariés ?
Introduction (exemple de rédaction)
Contexte. L'intelligence artificielle entre dans les ateliers et les services : elle prévoit, classe, recommande et parfois décide. Pour les organisations, elle promet rapidité et cohérence ; pour les salariés, elle peut transformer le contenu du travail. Le règlement européen sur l'IA (règlement (UE) 2024/1689) encadre déjà certains usages au travail.
Spécificités de l'organisation. Ordivia, SAS stéphanoise de 168 salariés, reconditionne des appareils professionnels et les loue depuis 2024. Sa stratégie de différenciation repose sur la qualité du travail de ses 112 techniciens. Sous la pression d'une croissance rapide et d'un fonds d'investissement qui attend 8 % de résultat d'exploitation en 2027, elle a confié à Tri+ le grade des appareils et le planning de l'atelier (+ 15 % d'appareils traités) et prépare une phase 2 : score de productivité individuel, présélection des candidatures, module de détection de l'humeur. Dans le même temps, le sentiment d'utiliser ses compétences est passé de 78 % à 61 % et les intentions de départ de 15 % à 24 %.
Définitions. Une décision est un choix entre plusieurs possibilités en vue d'un objectif ; l'IA peut intervenir comme aide à la décision (l'humain décide) ou comme décision automatisée. L'implication désigne l'attachement et l'investissement d'un salarié dans son travail, son métier ou son organisation (Thévenet ; Allen et Meyer, 1990).
Intérêt et problématique. L'enjeu est vital pour Ordivia : ses gains de productivité ne valent que si les techniciens, rares et au cœur de l'avantage concurrentiel, restent impliqués. La question est donc de savoir à quelles conditions l'IA peut améliorer les décisions d'Ordivia tout en préservant, voire en renforçant, l'implication de ses salariés.
Annonce du plan. L'IA est d'abord un levier de performance décisionnelle pour Ordivia (I) ; mal utilisée, elle menace l'implication des salariés (II) ; elle peut toutefois servir l'implication si elle reste une aide pilotée par des humains et construite avec eux (III).
Plan détaillé et apports attendus
I. L'IA, un levier de performance des décisions d'Ordivia
- A. Des décisions opérationnelles plus rapides et plus cohérentes
- Argument : le grade et l'orientation de la plupart des appareils sont des décisions programmables, répétitives et structurées, que l'IA traite vite et de façon constante (+ 15 % d'appareils par jour).
- Théorie : Simon (Administrative Behavior, 1947 ; The New Science of Management Decision, 1960) : la rationalité limitée du décideur, qui ne peut traiter toute l'information ; le modèle intelligence, modélisation, choix : l'IA enrichit la phase d'intelligence (photos, tests) et propose un choix.
- Indice : les chefs d'équipe consacrent désormais leur temps aux appareils atypiques, c'est-à-dire aux décisions non programmables.
- B. Un outil au service de la stratégie et de la croissance
- Argument : une qualité de grade constante sert la différenciation (« certifié, garanti ») ; une planification fiable aide à tenir l'engagement de 48 heures d'Ordivia Flotte ; les données de Tri+ nourrissent le reporting attendu par le fonds.
- Théorie : Porter (avantage concurrentiel issu des activités de la chaîne de valeur) ; théorie de l'agence (Jensen et Meckling, 1976) : l'information produite réduit l'asymétrie entre dirigeants et actionnaires.
- Exemple : un exemple réel, exact et daté, tiré de ta veille, d'une organisation qui utilise l'IA pour planifier ou contrôler la qualité (maintenance prédictive, tri automatisé).
Transition : ces gains sont réels, mais le baromètre montre qu'ils ont un coût humain que la phase 2 risque d'aggraver.
II. Mais un usage imposé de l'IA fragilise l'implication
- A. Une perte d'autonomie et de sens du travail
- Argument : en fixant l'ordre des tâches et le grade, Tri+ retire aux techniciens une part de leur jugement professionnel (« je suis la liste de la machine »), d'où la chute de 78 % à 61 % du sentiment d'utiliser ses compétences.
- Théories : Taylor (The Principles of Scientific Management, 1911) : la séparation entre conception et exécution, que l'IA peut reproduire (le planning conçu par l'outil, exécuté par l'homme) ; Herzberg (The Motivation to Work, 1959) : la responsabilité et l'intérêt du travail lui-même, auxquels se rattache l'autonomie, sont des facteurs moteurs ; leur recul prive le travail de ses sources de motivation ; Thévenet : les techniciens restent impliqués dans le métier et dans le produit ou l'activité (« ne pas jeter », 86 % de fierté) mais de moins en moins dans l'entreprise ; selon Allen et Meyer (1990), l'implication affective envers Ordivia s'érode.
- B. Des enjeux de pouvoir, d'équité et de contrôle
- Argument 1 : les chefs d'équipe ont perdu les plannings sans être consultés ; or ils y contrôlaient une ressource de pouvoir. Théorie : Crozier et Friedberg (L'Acteur et le Système, 1977) : la maîtrise d'une zone d'incertitude (connaissance des équipes, expertise) fonde le pouvoir ; la retirer suscite résistances et retrait.
- Argument 2 : un score de productivité opaque, calculant la prime (34 % seulement comprennent Tri+), nourrit un sentiment d'injustice. Théories : Adams (1963, 1965) : l'équité perçue repose sur la comparaison du rapport contributions et rétributions ; Vroom (Work and Motivation, 1964) : si le lien entre performance et récompense n'est pas compris, l'instrumentalité chute et la motivation avec elle ; risques de biais algorithmiques et d'opacité (les appareils difficiles pénaliseraient les meilleurs techniciens).
- Argument 3 : la surveillance algorithmique abîme la confiance. Illustration datée : le règlement (UE) 2024/1689 interdit depuis le 2 février 2025 les systèmes d'IA qui déduisent les émotions d'une personne sur le lieu de travail, sauf raisons médicales ou de sécurité : le module d'humeur proposé par l'éditeur relève de cette interdiction et doit être écarté. Les systèmes d'IA utilisés pour le recrutement ou pour évaluer la performance des travailleurs sont classés à haut risque (annexe III, point 4) ; les obligations correspondantes s'appliqueront à compter du 2 décembre 2027, report décidé par le règlement (UE) 2026/1744 du 8 juillet 2026, mais la phase 2 d'Ordivia doit dès maintenant s'y préparer.
- Exemple : le tribunal judiciaire de Nanterre (ordonnance de référé du 14 février 2025, n° 24/01457) a suspendu le déploiement d'outils d'IA dans une entreprise jusqu'à la fin de la consultation du CSE, une « phase pilote » ouverte depuis plusieurs mois aux salariés valant déjà mise en œuvre. La solution dépend des faits : le tribunal judiciaire de Paris (référé, 10 février 2026, n° 25/57412) a jugé prématurée la consultation pour une expérimentation courte et fondée sur le volontariat. Chez Ordivia, l'outil est en service depuis janvier 2026 et la phase 2 serait imposée : la consultation reste due.
Transition : faut-il alors renoncer à l'IA ? Ce serait sacrifier des gains réels ; l'enjeu est de changer la façon de la déployer.
III. Une IA au service de l'implication : aide à la décision, pilotage humain, construction collective
- A. Garder l'humain maître des décisions qui le concernent
- Argument : réserver l'IA aux décisions programmables (grade des appareils standards) et laisser au technicien le dernier mot, avec un droit de contestation valorisé (les contestations sont confirmées dans deux cas sur trois : l'expertise humaine corrige l'outil) ; ne pas automatiser la prime ni la présélection des candidatures, ou les soumettre à une revue humaine systématique ; renoncer au module d'humeur.
- Théorie : distinction programmable / non programmable de Simon ; aide à la décision et responsabilité humaine ; règlement européen : le déployeur devra assurer un contrôle humain confié à des personnes compétentes (art. 26, applicable aux systèmes à haut risque de l'annexe III à compter du 2 décembre 2027).
- Indice : redonner aux chefs d'équipe un rôle d'arbitre des cas atypiques et d'encadrant de proximité (72 % font confiance à leur hiérarchie directe : un capital à préserver).
- B. Associer les salariés à la conception et au suivi de l'outil
- Argument : faire participer techniciens et chefs d'équipe au paramétrage de Tri+, rendre lisibles les critères (formation, explication des priorités), créer des référents IA parmi les techniciens, consulter le CSE avant la phase 2 et le déploiement à Amiens, et non l'informer après coup ; mesurer régulièrement l'effet sur le travail (baromètre).
- Théories : Likert (New Patterns of Management, 1961) : le système participatif associe confiance, communication dans tous les sens et décisions partagées ; Lewin : le changement passe par le groupe (décongeler, changer, recongeler) et la participation engage ; Herzberg : reconnaissance de l'expertise et responsabilités nouvelles (référents) comme facteurs moteurs.
- Illustration : le comité social et économique est consulté sur l'introduction de nouvelles technologies (article L2312-8 du code du travail) ; le règlement européen imposera à l'employeur, à compter du 2 décembre 2027, d'informer les représentants des travailleurs et les travailleurs concernés avant la mise en service d'un système d'IA à haut risque sur le lieu de travail.
Conclusion (exemple de rédaction)
L'intelligence artificielle peut améliorer les décisions d'Ordivia : elle traite vite les décisions répétitives, sécurise la qualité et soutient la croissance attendue par le fonds. Mais imposée sans explication, étendue au calcul des primes et à la surveillance, elle retire aux techniciens ce qui fonde leur implication : l'autonomie, la reconnaissance de leur expertise et le sentiment d'équité. Ordivia peut concilier les deux si elle fait de l'IA une aide à la décision, réservée aux décisions programmables, placée sous le contrôle de salariés associés à sa conception. Pour une entreprise dont l'avantage concurrentiel repose sur ses techniciens, c'est moins une contrainte qu'une condition de la performance durable.
Apports théoriques attendus (synthèse)
| Auteur ou outil | Idée mobilisée | Partie |
|---|---|---|
| Simon (1947, 1960) | Rationalité limitée ; intelligence, modélisation, choix ; décisions programmables et non programmables | I.A, III.A |
| Porter (1980, 1985) | Différenciation, avantage concurrentiel issu des activités | I.B |
| Jensen et Meckling (1976) | Asymétrie d'information, coûts de surveillance | I.B |
| Taylor (1911) | Séparation conception et exécution | II.A |
| Herzberg (1959) | Facteurs moteurs : responsabilité, intérêt du travail (dont l'autonomie), reconnaissance | II.A, III.B |
| Thévenet ; Allen et Meyer (1990) | Objets et formes de l'implication | II.A |
| Crozier et Friedberg (1977) | Zones d'incertitude et pouvoir | II.B |
| Adams (1963, 1965) ; Vroom (1964) | Équité perçue ; instrumentalité | II.B |
| Likert (1961, 1967) ; Lewin | Système participatif ; changement par le groupe | III.B |
| Règlement (UE) 2024/1689 | Interdiction de la reconnaissance des émotions au travail (2 février 2025) ; haut risque pour le recrutement et l'évaluation (obligations au 2 décembre 2027) ; contrôle humain (2 décembre 2027) | II.B, III |
D'autres plans sont acceptés s'ils répondent à la problématique, par exemple : I. Les conditions d'une IA performante pour les décisions d'Ordivia ; II. Les conditions d'une IA compatible avec l'implication. Le correcteur attend une introduction qui définit les termes et montre l'intérêt du sujet pour Ordivia, deux ou trois parties équilibrées avec des sous-parties et des transitions, au moins un argument par sous-partie appuyé sur une théorie ou un outil et sur un exemple d'organisation, une conclusion qui synthétise. Les exemples d'autres organisations doivent être exacts et datés : mieux vaut un exemple sûr qu'un exemple brillant mais approximatif. Les textes européens et le code du travail servent d'illustration du contexte managérial, sans développement juridique (UE 3).
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