Concours ATSEM : hygiène, sécurité et santé

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Maladies contagieuses, éviction scolaire et prévention en école maternelle

À retenir

Pourquoi c'est au concours : la question « Un enfant a de la fièvre » (0 % de bonnes réponses au CDG44, session 2023) touche directement à ce thème : la fièvre n'est pas, à elle seule, un motif d'éviction réglementaire, mais l'enfant ne doit pas rester en collectivité à la phase aiguë. Le jury attend aussi des réflexes d'hygiène (mains, aération, nettoyage), la bonne attitude face aux poux et à la gastro-entérite, et le respect de la discrétion.

01Les deux références à connaître

  1. L'arrêté du 3 mai 1989 relatif aux durées et conditions d'éviction et aux mesures de prophylaxie dans les établissements d'enseignement : c'est le texte réglementaire. Sa version consolidée sur Légifrance ne mentionne aucune modification depuis 1989. Il s'applique aussi aux centres de vacances et de loisirs. Il prévoit des mesures pour les malades et pour les sujets au contact.
  2. Le guide du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) de septembre 2012, « Conduites à tenir en cas de maladies infectieuses en collectivité », qui comprend des fiches par maladie. Le HCSP indique lui-même que certaines mesures de l'arrêté de 1989 n'étaient plus adaptées à l'état des connaissances ; son guide, qui s'adresse aux médecins et aux responsables de collectivités, propose des durées actualisées.

Quelques principes du HCSP à retenir :

  • Pour toute personne malade (fièvre, vomissements, diarrhée profuse), la fréquentation de la collectivité à la phase aiguë n'est pas souhaitable, même si la maladie ne justifie pas à elle seule une éviction.
  • Le retour d'un enfant malade n'est subordonné à une prescription d'antibiotiques que de façon exceptionnelle (coqueluche, streptocoque du groupe A, shigelles). Dans ces cas seulement, la collectivité peut demander la copie de l'ordonnance.
  • La collectivité ne peut pas exiger de « certificat de non contagion », que les médecins doivent s'abstenir de rédiger.
  • Le médecin traitant peut prolonger l'absence dans l'intérêt de l'enfant malade.
  • Côté Éducation nationale, le règlement type départemental (circulaire 2014-088, section 1.3.1) rappelle que, pour une absence, les certificats médicaux ne sont exigibles que pour les maladies contagieuses énumérées dans l'arrêté du 3 mai 1989.

À retenir

En pratique : en cas de doute sur une maladie ou un retour, l'ATSEM ne tranche pas. Elle transmet au directeur, qui s'appuie sur le médecin de l'Éducation nationale, la PMI ou l'autorité sanitaire (l'arrêté de 1989 prévoit que le dépistage et la prophylaxie des sujets au contact sont à l'initiative de l'autorité sanitaire).

02Repères d'éviction pour les maladies courantes

MaladieÉviction selon le HCSP (2012)Rappel de l'arrêté de 1989
Angine et scarlatine à streptocoque AOui, jusqu'à 2 jours après le début d'un traitement antibiotique efficaceRéadmission sur certificat attestant d'un traitement approprié
CoquelucheOui, pendant les 3 premiers jours d'antibiothérapie par azithromycine ou les 5 premiers jours pour les autres macrolides30 jours à compter du début de la maladie
GaleOui, jusqu'à 3 jours après un traitement localJusqu'à guérison clinique
ImpétigoNon si les lésions sont protégées ; oui 72 h après le début du traitement antibiotique si les lésions sont trop étendues et non protégeablesJusqu'à guérison clinique
RougeoleOui, 5 jours à partir du début de l'éruptionJusqu'à guérison clinique
Hépatite AOui, 10 jours à compter du début de l'ictèreJusqu'à guérison clinique
TeigneOui, jusqu'à présentation d'un certificat attestant une consultation et un traitement adaptéJusqu'à certificat de disparition de l'agent
Infection invasive à méningocoqueHospitalisation du casJusqu'à guérison clinique
VaricelleNon (fréquentation non souhaitable à la phase aiguë)Jusqu'à guérison clinique
OreillonsNon (fréquentation non souhaitable à la phase aiguë)Jusqu'à guérison clinique
Gastro-entérite viraleNon (fréquentation non souhaitable à la phase aiguë)Dysenterie : jusqu'à guérison clinique
Poux de têteNonPas d'éviction si traitement
Grippe, bronchiolite, conjonctivite, syndrome pieds-mains-boucheNon (fréquentation non souhaitable à la phase aiguë)Syndrome grippal épidémique : jusqu'à guérison clinique

Le HCSP prévoit aussi une éviction systématique pour une gastro-entérite à Escherichia coli entérohémorragique.

L'arrêté de 1989 n'ayant pas été formellement abrogé alors que le HCSP propose d'autres durées, un enfant peut être maintenu à la maison plus longtemps que le HCSP ne le recommande si le règlement ou l'autorité sanitaire le décide. Au concours, la logique à retenir est : éviction limitée à un petit nombre de maladies, durée fixée par le médecin ou le texte, pas de certificat de non-contagion exigé, fièvre seule non éligible mais enfant fiévreux invité à rester à la maison.

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03Mesures d'hygiène : les gestes qui protègent

Les fiches du HCSP préconisent pour la plupart des maladies l'application stricte des mesures d'hygiène, en particulier de l'hygiène des mains.

  • Lavage des mains à l'eau et au savon : avant le repas, après les toilettes, après s'être mouché, après un jeu extérieur, à l'arrivée en classe. L'ATSEM aide les plus petits et le fait aussi pour elle-même (avant de servir, après une souillure).
  • Mouchoirs à usage unique, jetés dans une poubelle fermée.
  • Aération régulière des salles, nettoyage des surfaces fréquemment touchées (voir fiche 01).
  • Ne pas partager brosses, peignes, bonnets, écharpes, draps de sieste ; porte-manteaux espacés.
  • Vêtements et linge souillés : traités avec gants, lavés en machine, sans être secoués.
  • Jouets lavés, surtout lors d'une épidémie (le HCSP le demande notamment pour la teigne).
  • Vaccination : le calendrier vaccinal s'applique aux enfants et aux professionnels ; l'ATSEM est invitée à vérifier la sienne avec son médecin.

04Les poux de tête

Le HCSP et l'arrêté de 1989 sont d'accord : pas d'éviction pour la pédiculose du cuir chevelu (l'arrêté ajoute « si traitement »).

  • Les poux se transmettent le plus souvent de cheveu à cheveu ; les objets (peigne, brosse, bonnet, peluche) jouent un rôle moindre. Le pou ne survit que 20 à 48 heures en dehors de la tête.
  • Les parents reçoivent la recommandation : appliquer un traitement efficace, examiner tous les membres de la famille, ne traiter que ceux qui sont parasités.
  • L'école informe par écrit les parents de la classe de l'existence de cas.
  • Prévention : ne pas coiffer les enfants avec la même brosse, ne pas échanger bonnets ni écharpes, espacer les porte-manteaux.

À retenir

En pratique : Maëlys se gratte la tête. L'ATSEM ne fait aucune remarque devant les autres enfants, ne désigne personne et ne propose aucun produit. Elle prévient discrètement l'enseignante, qui avertit la famille. Le directeur diffuse la note d'information à toutes les familles, sans citer de nom.

05La gastro-entérite

  • Contagiosité forte, tant que l'agent est présent dans les selles ; incubation de 24 à 72 heures selon les virus.
  • Transmission fécale-orale, par contact direct, par surfaces, eaux ou aliments contaminés, et par les vomissements.
  • Les formes asymptomatiques sont fréquentes : l'hygiène des mains est essentielle.
  • Pas d'éviction réglementaire pour la gastro-entérite virale, mais un enfant qui vomit ou a une diarrhée profuse ne doit pas rester en classe ; ses parents sont appelés pour venir le chercher.
  • Les nourrissons et les jeunes enfants sont exposés à la déshydratation : signes d'alerte (soif, bouche sèche, urines rares, somnolence) à signaler ; en cas de doute sur la gravité, appeler le 15.
  • Pas de médicament donné à l'école.
  • Nettoyage de la zone souillée avec gants et protocole (fiche 01) ; plusieurs enfants atteints dans la même classe ou à la cantine : prévenir immédiatement le directeur (risque de toxi-infection alimentaire, fiche 03).

06Quand un enfant paraît malade à l'école

  1. Observer : fièvre, éruption, toux, vomissements, diarrhée, yeux rouges, démangeaisons.
  2. Ne pas poser de diagnostic ni nommer la maladie devant d'autres adultes ou enfants.
  3. Isoler doucement l'enfant (sous surveillance d'un adulte), le faire boire, le rassurer.
  4. Prévenir l'enseignant et le directeur, puis la famille ; noter dans le registre.
  5. Appliquer l'hygiène : mains de l'enfant et de l'adulte, aération, nettoyage.
  6. Signaler au directeur plusieurs cas dans la classe ou l'école : il avise le médecin de l'Éducation nationale, la PMI ou l'autorité sanitaire, qui décident des mesures (information des familles, prophylaxie, vaccination).
  7. Rester discret : la maladie d'un enfant relève du secret médical et de la discrétion. L'information collective se fait par une note du directeur, sans nom.

Les personnes à risque de forme grave (nourrissons, personnes immunodéprimées, femmes enceintes non immunisées) doivent être informées de la présence de cas de certaines maladies (varicelle, oreillons, par exemple). Une ATSEM enceinte qui apprend qu'un cas est signalé dans sa classe consulte son médecin.

07Le rôle de l'ATSEM dans la prévention

  • Éduquer les enfants aux gestes d'hygiène par l'exemple et la répétition (lavage des mains, mouchoirs, toux dans le coude).
  • Entretenir locaux, sanitaires, jouets selon le protocole.
  • Repérer et signaler les enfants malades, les symptômes inhabituels.
  • Respecter les mesures d'éviction décidées par le directeur ou l'autorité sanitaire.
  • Protéger sa propre santé (hygiène, vaccination, avis médical).
  • Respecter la discrétion sur l'état de santé des enfants.

Situations types du concours

Situation 1 : « Un enfant a de la fièvre. » Voir la fiche 05. Du point de vue de la contagion : aucun médicament, parents prévenus pour qu'ils viennent chercher l'enfant, hygiène des mains et aération. La fièvre seule n'est pas un motif d'éviction réglementaire, mais l'enfant ne reste pas en classe à la phase aiguë.

Situation 2 : « Des poux sont signalés dans la classe. » Ne pas stigmatiser, ne pas exclure l'enfant (pas d'éviction), prévenir le directeur, informer les familles par écrit, rappeler les gestes (ne pas échanger les bonnets, ranger les vêtements séparés).

Situation 3 : « Plusieurs enfants vomissent après le déjeuner. » Isoler les enfants malades, hygiène des mains, prévenir immédiatement le directeur et le responsable du restaurant, ne pas jeter les restes ni les plats témoins, appeler le 15 si l'état d'un enfant est préoccupant.

Situation 4 : « Un parent demande qu'on exige un certificat de non-contagion avant le retour d'un enfant atteint de gastro-entérite. » L'ATSEM n'exige rien : le HCSP précise que les collectivités ne peuvent pas exiger de certificat de non-contagion, que les médecins doivent s'abstenir de rédiger. Elle renvoie la question au directeur, qui s'appuie sur l'autorité sanitaire.

Situation 5 : « Un enfant revient d'une angine à streptocoque. » L'éviction court jusqu'à 2 jours après le début des antibiotiques (HCSP) ; la copie de l'ordonnance peut être demandée dans ce cas seulement. L'ATSEM n'exige rien elle-même : elle transmet au directeur.

Sources

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