Premiers secours à l'école maternelle : conduites à tenir et alerte
À retenir
Pourquoi c'est au concours : à l'écrit du CDG44 (session 2023), « Un enfant a de la fièvre » a obtenu 0 % de bonnes réponses (aucun candidat n'a appliqué toutes les dispositions) et « Un élève saigne du nez » 43 %. Le QCM exige la liste complète des gestes, sans en oublier ni en ajouter un interdit. À l'oral, l'absence de l'enseignant ou l'urgence vitale testent l'ordre des priorités : sécuriser, alerter, secourir.
Cette fiche rappelle les gestes des recommandations officielles destinées au grand public (secourisme). Elle ne remplace ni la formation (PSC1 ou SST), ni le protocole de santé de l'école, ni les consignes données par le 15 au téléphone.
01Principes généraux et répartition des rôles
- Le directeur d'école met en place une organisation des soins et des urgences, connue de tous les personnels (circulaire 2014-088, section 1.6.4). En l'absence de personnel de santé dans l'école, les soins et urgences sont assurés en priorité par les personnels titulaires du PSC1 ou du SST.
- Chacun doit porter secours à toute personne en danger, en veillant à ce que la situation ne soit pas aggravée par un retard dans l'appel aux services d'urgence ou par des interventions non contrôlées.
- Le SAMU (15) donne un accès permanent à un médecin urgentiste, qui conseille tout témoin d'un accident ou d'un malaise.
| Qui | Rôle habituel |
|---|---|
| ATSEM | Premiers gestes sur place si présente, protection du groupe, alerte immédiate, surveillance de l'enfant, aide à l'enseignant. Agit sous l'autorité du directeur pendant le temps scolaire. |
| Enseignant | Responsable de sa classe : décide avec le directeur de l'appel aux secours, organise la surveillance des autres enfants, prévient la famille. |
| Directeur | Organise les soins et urgences de l'école, prévient la famille si besoin, accueille les secours, informe l'inspection et la mairie et fait établir le rapport d'accident selon les procédures académiques et communales. |
En urgence vitale, tout adulte présent alerte sans attendre l'autorisation d'un supérieur. Sur le temps périscolaire, l'ATSEM relève de la seule autorité communale et suit le protocole de la commune.
À retenir
En pratique : l'enseignant est absent (malaise, appel de l'IEN, sortie des toilettes) et un enfant s'effondre dans la classe. L'ATSEM ne « cherche pas l'autorisation » : elle protège l'enfant, appelle le 15, fait prévenir le directeur, puis informe l'enseignant à son retour.
02Alerter : les numéros et le contenu du message
| Numéro | Usage |
|---|---|
| 15 | SAMU : urgence médicale, conseil d'un médecin |
| 18 | Sapeurs-pompiers : secours, incendie, accident |
| 112 | Numéro d'urgence européen, redirige vers le service adapté |
| 114 | Urgence pour les personnes sourdes et malentendantes (SMS, chat, visiophonie) |
| 17 | Police ou gendarmerie |
| 119 | Enfance en danger (24 h sur 24, gratuit) |
Le message d'alerte, dans l'ordre
- Lieu précis : nom et adresse de l'école, accès (portail, interphone), bâtiment ou classe.
- Nature du problème : ce qui s'est passé, depuis quand.
- Victime : âge approximatif, conscience, respiration, saignement.
- Gestes déjà réalisés.
- Numéro de téléphone pour être rappelé.
- Ne pas raccrocher le premier ; suivre les consignes ; mettre le téléphone en haut-parleur si possible.
Faire ensuite accueillir les secours à l'entrée (portail ouvert, adulte posté), puis prévenir la famille et le directeur.
03Enfant fiévreux
La fièvre est une température supérieure à 38 °C chez un enfant normalement couvert (ameli). Elle n'est pas toujours grave, mais la fréquentation de la collectivité à la phase aiguë d'une maladie n'est pas souhaitable (HCSP).
Conduite à tenir, dans l'ordre
- Ne pas laisser l'enfant seul ; l'installer au calme, dans une pièce fraîche et aérée (environ 18 à 20 °C).
- Prendre sa température avec le thermomètre de l'école, nettoyé entre chaque enfant ; noter l'heure et la valeur.
- Prévenir l'enseignant (et le directeur).
- Le découvrir : retirer des épaisseurs de vêtements, sans le déshabiller complètement (il pourrait grelotter). Pas de bain froid.
- Lui proposer à boire souvent, même s'il ne le demande pas.
- Ne donner aucun médicament, sauf dans le cadre d'un PAI ou d'une ordonnance remise avec protocole (voir la partie 8).
- Faire prévenir les parents selon l'organisation de l'école (par l'enseignant ou le directeur, ou par l'ATSEM à leur demande) pour qu'ils viennent le chercher ; remettre l'enfant à une personne autorisée (fiche 11).
- Surveiller l'état général jusqu'à son départ.
- Noter dans le registre des soins : heure, température, gestes, personnes prévenues et heures.
- Vérifier l'existence d'un PAI (convulsions fébriles, par exemple) et l'appliquer.
Appeler le 15 sans attendre si
- température supérieure à 40 °C ;
- état qui se dégrade : somnolence, enfant difficile à réveiller, cris faibles, peau marbrée, refus de boire ;
- mal de tête intense, raideur de la nuque, vomissements ;
- signes de déshydratation (bouche sèche, urines rares) ;
- douleur abdominale importante ou diarrhée abondante ;
- difficulté à respirer (respiration rapide, creusement du thorax) ;
- convulsions.
À retenir
En pratique : Inès, 4 ans, est brûlante après la sieste. L'ATSEM la découvre, lui propose de l'eau, prend sa température (38,9 °C), prévient l'enseignante, note l'heure au registre ; l'enseignante appelle la mère (ou demande à l'ATSEM de le faire). Aucun sirop n'est donné, même si Inès en réclame. À l'arrivée de la mère, l'ATSEM transmet la température et l'heure.
