Concours ATSEM : hygiène, sécurité et santé

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Produits d'entretien : étiquettes, pictogrammes, mélanges et conduite en cas d'accident

À retenir

Pourquoi c'est au concours : le bionettoyage (20 % de bonnes réponses à l'écrit du CDG44, session 2023) s'accompagne presque toujours de questions sur les produits : lecture d'un pictogramme, interdiction de mélanger, stockage hors de portée des enfants. À l'oral, un accident de produit chimique est une mise en situation classique : le jury attend des gestes dans le bon ordre et l'appel au bon service.

01Lire l'étiquette : le règlement CLP

Le règlement européen CLP (classification, étiquetage et emballage) organise l'étiquetage des produits chimiques, au travail comme à la maison. Il applique en Europe le système mondial harmonisé (SGH). L'ancien système (carrés orange) a été remplacé depuis le 1er juin 2015, mais d'anciens produits peuvent encore en porter.

Une étiquette comporte :

  • un ou plusieurs pictogrammes de danger : symbole noir sur fond blanc dans un losange à bordure rouge (9 pictogrammes) ;
  • une mention d'avertissement : « Danger » (catégories les plus sévères) ou « Attention » ;
  • des mentions de danger (codes H + 3 chiffres, ou EUH) qui décrivent le risque ;
  • des conseils de prudence (codes P) qui indiquent les précautions à prendre ;
  • l'identité du fournisseur et le nom du produit.
PictogrammeSignification courante
FlammeProduit inflammable
Flamme sur un cercleComburant (favorise l'incendie)
Bouteille de gazGaz sous pression
Bombe qui exploseExplosif
Corrosion (main et surface attaquées)Corrosif : brûle la peau et les yeux, attaque les métaux
Tête de mortToxique, même à faible dose
Point d'exclamationIrritant, nocif, allergisant cutané
Silhouette avec étoile dans le torseDanger grave pour la santé (respiratoire, cancérogène, etc.)
Poisson et arbreDangereux pour l'environnement

À retenir

En pratique : un détartrant pour sanitaires et un décapant portent souvent le pictogramme de corrosion. Un nettoyant multisurfaces peut porter le point d'exclamation. Une personne qui a été informée du sens des pictogrammes sait quels gants, quelles lunettes et quelle aération prévoir avant d'ouvrir le flacon.

02La fiche de données de sécurité (FDS)

La FDS accompagne les produits à usage professionnel. Elle est datée et comporte 16 rubriques (INRS). À retenir pour un agent :

  • rubrique 2 : identification des dangers (pictogrammes, mentions H et P) ;
  • rubrique 4 : premiers secours ;
  • rubrique 7 : manipulation et stockage ;
  • rubrique 8 : contrôle de l'exposition et protection individuelle (type de gants adapté).

La FDS doit être accessible à l'agent (classeur dans le local d'entretien). En cas d'accident, elle et l'emballage sont transmis aux secours ou au centre antipoison.

03Dilution et emploi

  • Respecter la dose prescrite par la notice technique, sans l'augmenter.
  • Verser le produit dans l'eau, pas l'inverse (le contact de certains concentrés avec l'eau dégage de la chaleur et peut projeter du liquide).
  • Utiliser, quand c'est possible, des produits déjà dilués, prêts à l'emploi ou une centrale de dilution (INRS) pour éviter de manipuler des concentrés.
  • Éviter la pulvérisation : elle forme des gouttelettes que l'on inhale. Si elle est inévitable, pulvériser à brèves pressions, loin des enfants, en aérant. Préférer vaporiser sur la lavette.
  • Aérer pendant et après l'usage, et ne pas rester dans la pièce juste après l'application.
  • Ne jamais utiliser un produit d'entretien pour l'hygiène du corps ou le nettoyage de la vaisselle des enfants.

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3 questions gratuites tirées du pack Concours ATSEM 2027

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04Ne jamais mélanger deux produits

Règle absolue : un produit, un usage, jamais de mélange (INRS). Une réaction chimique peut dégager des vapeurs dangereuses ou des projections.

MélangeRésultat
Eau de Javel + détartrant ou autre acideDégagement de chlore, gaz toxique : forte irritation des bronches, œdème aigu du poumon parfois retardé
Eau de Javel + ammoniaque (ou amines)Formation de chloramines, très irritantes pour les yeux et les voies respiratoires

La recommandation de l'ARS va dans le même sens : l'eau de Javel ne doit jamais être utilisée en mélange avec d'autres produits (vinaigre compris, qui est acide). Les produits chlorés portent d'ailleurs une mention de danger de type EUH qui avertit de ne pas les employer avec d'autres produits.

À retenir

En pratique : si les toilettes sont très entartrées, on ne verse pas de Javel sur un détartrant en cours d'action. On rince abondamment à l'eau, on laisse sécher, puis on applique l'autre produit un autre jour si le protocole le prévoit.

05Stockage et conditionnement

  • Local fermé à clé, hors de portée des enfants, identifié et ventilé. Jamais de produit dans la classe, un couloir ou un chariot laissé sans surveillance.
  • Conserver le produit dans son emballage d'origine, étiquette lisible. Si un transvasement est inévitable, identifier et étiqueter le nouveau contenant (INRS). Ne jamais mettre un produit dans une bouteille d'eau, de jus ou un verre : l'Anses recense des accidents liés à des déconditionnements.
  • Séparer l'eau de Javel des acides et de l'ammoniaque (INRS, fiche toxicologique n° 157). Garder la Javel au frais, à l'abri de la lumière.
  • Aérosols : local spécifique, aéré et frais, loin de toute source de chaleur.
  • Respecter les dates de péremption et utiliser en premier les produits arrivés en premier.

06Équipements de protection individuelle (EPI)

  • Gants épais, à manchettes, adaptés au produit ; nitrile, néoprène ou vinyle de préférence au latex (allergies). Le type de matériau recommandé se lit dans la rubrique 8 de la FDS.
  • Tenue couvrante : blouse à manches longues, pantalon, chaussures fermées.
  • Lunettes de protection et tablier résistant pour le transvasement et les produits corrosifs.
  • Se laver les mains à l'eau et au savon avant d'enfiler la tenue et après avoir retiré les gants.

07Conduite à tenir en cas de projection, d'ingestion ou d'inhalation

La formation aux premiers secours (PSC1 ou SST) et le protocole de l'école priment ; les gestes ci-dessous sont ceux des recommandations officielles.

Projection sur la peau ou dans les yeux

  1. Éloigner l'enfant de la source et appeler à l'aide (collègue, enseignant).
  2. Rincer immédiatement et abondamment à l'eau, sans attendre l'avis : au moins 15 minutes (INRS). Si l'œil est atteint, le maintenir ouvert pendant le rinçage.
  3. Retirer les vêtements souillés, sauf s'ils adhèrent à la peau. Veiller à ce que l'eau de rinçage ne coule pas sur des zones non atteintes.
  4. Appeler le 15 (SAMU) ou le centre antipoison, avec le nom du produit, sans retarder le rinçage.
  5. Couvrir l'enfant, le rassurer, le surveiller jusqu'à l'arrivée des secours ou la consigne médicale.

Ingestion

  1. Ne pas faire vomir et ne rien faire boire sans avis médical.
  2. Appeler le 15 ou le centre antipoison de la région en gardant l'emballage et l'étiquette à portée.
  3. Suivre les consignes données au téléphone (position, surveillance). Si l'enfant perd connaissance : vérifier la respiration et appliquer les gestes de secours appris.

Inhalation de vapeurs

  1. Sortir l'enfant à l'air frais et faire évacuer la pièce.
  2. Appeler le 15 : les effets d'un gaz comme le chlore peuvent se manifester plus tard, il faut donc un avis médical même si la gêne s'atténue.

Qui appeler

Aucun numéro national unique des centres antipoison n'a pu être vérifié : chaque centre a son numéro, et le site centres-antipoison.net permet de trouver celui de la région. Ces numéros sont affichés près du téléphone de l'école. En cas de détresse vitale ou de doute : 15 (SAMU), 18 (pompiers) ou 112. Voir la fiche 05 pour l'alerte.

Après l'événement

  • Prévenir le directeur et l'enseignant, puis la famille.
  • Noter l'accident (heure, produit, gestes faits) dans le registre prévu.
  • Conserver l'étiquette ou la FDS pour le médecin.
  • Faire remonter l'événement à l'employeur communal : le risque doit être analysé.

Situations types du concours

Situation 1 : un enfant a avalé une gorgée du produit pour les vitres, resté à portée sur un chariot. Garder l'enfant avec soi, ne pas faire vomir, ne rien lui donner à boire, appeler le 15 ou le centre antipoison avec l'étiquette en main, prévenir l'enseignant et le directeur, puis les parents. Mettre ensuite le chariot hors de portée : le tort vient de la mise à disposition du produit.

Situation 2 : de l'eau de Javel a éclaboussé les yeux d'un agent. Rincer immédiatement l'œil ouvert, au moins 15 minutes, appeler le 15 ou le centre antipoison sans interrompre le rinçage, informer la hiérarchie communale.

Situation 3 : quelles propositions sont justes sur l'étiquette « Danger » avec le pictogramme de corrosion ? Elle indique un produit qui peut brûler la peau et les yeux : gants et lunettes, aération, rangement hors de portée, FDS consultable. Il est faux de croire qu'un pictogramme est décoratif ou qu'une dilution « maison » est sans risque.

Situation 4 : on découvre un flacon de détartrant transvasé dans une bouteille d'eau. Le retirer, ne pas goûter ni sentir, le remettre dans un emballage étiqueté ou le faire éliminer selon le protocole, signaler au responsable. Le reconditionnement dans un contenant alimentaire est une faute grave.

Sources

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