Concours ATSEM : hygiène, sécurité et santé

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Protection de l'enfance : repérer, écouter, transmettre

À retenir

Pourquoi c'est au concours : les mises en situation orales sur un enfant qui se confie, porte des marques ou change de comportement testent trois points : l'écoute sans interrogatoire, la transmission rapide à la bonne personne, et la connaissance des obligations légales. Le jury sanctionne autant le silence que l'enquête personnelle. En QCM, il faut distinguer information préoccupante, signalement et appel au 119.

01Les notions à distinguer

NotionDéfinitionQui reçoit
Information préoccupante (IP)Information transmise à la cellule départementale pour alerter le président du conseil départemental sur la situation d'un mineur en danger ou risquant de l'êtreLa CRIP (cellule de recueil, de traitement et d'évaluation des informations préoccupantes) du département
SignalementSaisine de l'autorité judiciaire (procureur de la République) lorsque les faits sont graves (danger grave et immédiat, infraction)Le procureur
119Service national d'accueil téléphonique de l'enfance en danger : gratuit, 24 h sur 24, 7 jours sur 7, ouvert aux enfants et aux adultes inquiets pour un enfant (famille, voisins, communauté éducative)Des écoutants professionnels de l'enfance, qui conseillent et orientent la suite à donner

L'évaluation d'une IP est réalisée dans un délai de trois mois à compter de sa réception, délai qui peut être réduit selon la nature du danger et l'âge de l'enfant. Sauf intérêt contraire de l'enfant, les parents sont informés préalablement de la transmission (article L. 226-2-1 du code de l'action sociale et des familles) : cette information relève de la CRIP et du directeur, pas de l'ATSEM.

02Les signes d'alerte

Aucun signe n'est une preuve. C'est la répétition, l'association de plusieurs signes ou une rupture avec le comportement habituel qui doit alerter. Les recommandations de la HAS invitent à repérer notamment :

  • un changement du comportement habituel de l'enfant (retrait, agitation, tristesse, agressivité, peurs nouvelles) ;
  • des troubles du comportement alimentaire ;
  • une agressivité ou une gentillesse excessive envers des étrangers ;
  • des parents qui parlent à la place de l'enfant ou qui l'ignorent ;
  • des lésions physiques (ecchymoses, brûlures, morsures, traces) dont l'explication est absente, changeante ou incompatible avec l'âge de l'enfant ;
  • une négligence : hygiène très dégradée, vêtements inadaptés, faim, fatigue extrême, soins médicaux absents ;
  • à l'école maternelle, un enfant qui tient des propos ou des gestes sexualisés inadaptés à son âge, qui a peur de rentrer chez lui, qui régresse (reprise de pipi au lit) ;
  • des propos spontanés de l'enfant évoquant des violences.

À retenir

En pratique : Tom, 4 ans, présente des ecchymoses sur le dos. Il dit « c'est papa qui m'a tapé ». L'ATSEM l'écoute sans le questionner davantage, le rassure, ne l'examine pas davantage, et prévient aussitôt le directeur.

03Recueillir la parole sans interroger

L'ATSEM n'est ni enquêteur, ni psychologue, ni juge. Elle reçoit la parole de l'enfant, sans la provoquer.

  1. S'isoler un instant avec l'enfant s'il se confie, dans un endroit calme, tout en restant visible d'un autre adulte.
  2. Écouter avec calme, sans réaction de choc ou d'indignation.
  3. Laisser parler librement. Si une relance est nécessaire, utiliser des questions ouvertes et neutres (inviter l'enfant à raconter ce qui s'est passé, puis ce qui est arrivé ensuite), jamais de questions suggestives qui contiennent la réponse. La HAS recommande les questions ouvertes et déconseille les questions suggestives.
  4. Rassurer : dire à l'enfant qu'il a bien fait de parler et qu'il n'est pas responsable.
  5. Ne pas promettre le secret : expliquer, avec des mots adaptés, que d'autres adultes doivent être prévenus pour le protéger.
  6. Noter dès que possible les paroles exactes de l'enfant, mot à mot, entre guillemets, sans interprétation, avec la date, l'heure, le contexte et les observations visibles (HAS).
  7. Transmettre immédiatement au directeur.

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04Transmettre : le circuit

Dans l'école

  1. Informer sans délai le directeur d'école (oralement, puis par écrit : date, heure, faits, paroles, personnes présentes). En cas d'absence du directeur, joindre son suppléant ou l'inspection.
  2. L'ATSEM, agent de la commune, informe aussi sa hiérarchie communale selon le protocole de la commune.
  3. Le directeur prend conseil auprès de l'inspecteur (IEN), du médecin, de l'infirmière, de l'assistante sociale de l'Éducation nationale ou des conseillers techniques.

Vers l'extérieur

Selon la situation, le directeur (ou l'inspection) transmet par écrit :

  • une information préoccupante à la CRIP (avec copie au DASEN) lorsque l'enfant est en danger ou risque de l'être ;
  • un signalement au procureur de la République en cas de danger grave et immédiat ou de faits pénaux ;
  • les deux si nécessaire.

Le 119 peut être appelé par tout adulte, y compris l'ATSEM, lorsqu'il faut un conseil ou qu'on veut alerter sans passer par la hiérarchie.

Urgence

  • Enfant blessé ou en détresse : 15.
  • Violences en cours, danger imminent : 17, et informer le directeur.
  • Danger grave et immédiat : signalement au procureur (par le directeur ou l'agent) ; le procureur peut décider de mesures de protection.

05Les obligations légales

TexteContenu
Article 40, alinéa 2, du code de procédure pénaleToute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de lui transmettre les renseignements. L'ATSEM, fonctionnaire territorial, est concernée. Une réécriture du code de procédure pénale (ordonnance n° 2025-1091 du 19 novembre 2025) doit remplacer l'actuel code au 1er janvier 2029, date susceptible d'être reportée ; d'ici là, l'article 40 s'applique tel quel.
Article 434-3 du code pénalLe fait, pour quiconque ayant connaissance de privations, de mauvais traitements ou d'agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur, de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives est puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Les peines passent à 5 ans et 75 000 euros lorsque les faits concernent un mineur de 15 ans. Les personnes tenues au secret professionnel (article 226-13) sont exceptées, sauf disposition contraire de la loi.
Article L. 226-2-1 du code de l'action sociale et des famillesLes personnes qui mettent en œuvre la politique de protection de l'enfance ou y apportent leur concours transmettent sans délai au président du conseil départemental toute information préoccupante.

À retenir :

  • L'obligation d'informer est personnelle : prévenir le directeur est le premier réflexe, mais on ne s'en tient pas là si la situation est grave ou si rien n'est fait. L'ATSEM peut s'adresser directement au 119, à la CRIP ou au procureur.
  • Il n'est pas nécessaire d'être certain de la maltraitance ni d'en détenir la preuve pour alerter (HAS).

06Ce qu'il ne faut pas faire

  • Enquêter, multiplier les questions, interroger l'enfant devant d'autres, lui faire répéter ou dessiner « pour voir ».
  • Poser des questions suggestives ou donner des mots à l'enfant.
  • Promettre le secret ou promettre que « tout va s'arranger ».
  • Examiner le corps de l'enfant, le déshabiller ou le photographier de sa propre initiative.
  • Confronter l'enfant et l'adulte mis en cause, ou interroger les parents soi-même.
  • Prévenir la famille avant que le directeur, la CRIP ou le procureur n'en aient décidé (l'information préalable des parents relève d'eux).
  • Minimiser, attendre « d'être sûre », ou transmettre « plus tard ».
  • Parler de la situation aux collègues non concernés ou aux autres parents : respect de la discrétion.
  • Porter un jugement sur la famille devant l'enfant.

07Après la transmission

  • L'ATSEM continue d'accueillir normalement l'enfant : sécurité, bienveillance, aucune différence de traitement visible.
  • Elle observe et note les faits nouveaux, qu'elle transmet au directeur.
  • Elle respecte la confidentialité : l'information circule seulement entre les personnes qui ont à en connaître.
  • Elle peut demander un soutien à sa hiérarchie si la situation est éprouvante.

Situations types du concours

Situation 1 : « Un élève de 5 ans vous dit que son beau-père lui a fait mal au ventre et qu'il ne faut rien dire. » Écouter calmement, ne pas poser de questions suggestives, ne pas promettre le secret, le rassurer, noter les mots exacts avec la date et l'heure, prévenir le directeur immédiatement. Le directeur prévient les autorités (signalement au procureur et/ou IP à la CRIP). Faux : interroger l'enfant en détail, appeler la mère pour « savoir », attendre le lendemain.

Situation 2 : « Vous remarquez des ecchymoses répétées sur un enfant dont les explications varient. » Informer le directeur par écrit (dates, observations), ne pas examiner l'enfant, ne pas confronter les parents. Le directeur évalue et transmet une IP à la CRIP.

Situation 3 : « Le père de l'enfant arrive, agressif, et menace la maîtresse. » Se mettre à l'écart avec l'enfant, prévenir le directeur, alerter le 17 si nécessaire ; une alerte au 119 ou une IP peut être décidée ensuite si l'enfant est exposé aux violences.

Situation 4 : « Une collègue a une attitude brutale envers un enfant (cris, gestes). » Intervenir pour protéger l'enfant sur le moment si nécessaire, rendre compte au directeur et à la hiérarchie communale par écrit ; en cas de faits graves, l'obligation d'informer le procureur (article 40) s'applique.

Situation 5 : « Qu'encourt un fonctionnaire qui connaît des mauvais traitements sur un mineur de moins de 15 ans et se tait ? » L'article 434-3 du code pénal prévoit cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. L'article 40 du code de procédure pénale impose en outre l'avis au procureur pour le fonctionnaire.

Sources

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