Concours ATSEM : hygiène, sécurité et santé

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Le PAI : allergies, maladies chroniques et médicaments à l'école

À retenir

Pourquoi c'est au concours : « Un élève souffre d'allergies dans la classe » est tombée à 71 % de bonnes réponses au CDG44 (session 2023) : près d'un tiers des candidats a oublié une bonne réponse (consulter le PAI, ne pas échanger les aliments, appeler le 15, prévenir l'équipe). Les questions sur les médicaments sont des pièges classiques : le candidat doit savoir que personne ne donne de médicament hors cadre du PAI ou d'une ordonnance.

01Qu'est-ce qu'un PAI et quel texte s'applique

Le projet d'accueil individualisé (PAI) garantit « un accueil et un accompagnement individualisés en structures collectives » aux enfants atteints d'un trouble de santé durable (maladie chronique, allergie, intolérance alimentaire) qui nécessite des aménagements ou des soins. L'élève reste élève de son école.

  • Texte en vigueur : circulaire interministérielle du 10 février 2021 relative au PAI pour raison de santé (NOR MENE2104832C, BO n° 9 du 4 mars 2021). Elle a abrogé la circulaire n° 2003-135 du 8 septembre 2003. La circulaire du 8 juin 2023 sur le PPMS a ensuite abrogé une phrase de la circulaire de 2021 (la deuxième phrase du 2 du III).
  • Le règlement type départemental rappelle que les enfants atteints de maladie chronique, d'allergie ou d'intolérance alimentaire sont admis à l'école et doivent pouvoir poursuivre leur scolarité dans des conditions garantissant leur sécurité. Le PAI facilite cet accueil mais ne se substitue pas à la responsabilité de la famille.
  • Il ne faut pas confondre le PAI avec le PPS (projet personnalisé de scolarisation, pour le handicap, décidé par la MDPH).
  • Le PAI est réservé aux réelles pathologies. Des convictions ou habitudes alimentaires ne justifient pas un PAI (notice eduscol).

02Qui demande, qui rédige, qui signe

ÉtapeActeur
DemandeLes représentants légaux (famille), auprès du directeur d'école, du médecin de l'Éducation nationale, de la PMI ou du service médical de la collectivité
Élaboration et rédactionLe médecin : médecin de l'Éducation nationale ou de PMI, qui s'appuie sur les documents du médecin traitant ou de l'allergologue. Le directeur pilote la mise au point.
SignatureLe médecin qui rédige le PAI le signe, en accord avec l'élève, son représentant légal et le directeur d'école ; l'organisateur du temps périscolaire est associé lorsque le PAI le concerne
ValidationLe médecin référent de l'établissement (Éducation nationale ou PMI), idéalement lors d'une réunion avec la famille, l'équipe, le responsable de la restauration et du périscolaire
AppuiL'infirmier analyse les besoins, vérifie l'ordonnance et la trousse, forme les équipes à la conduite à tenir en urgence ; le secrétaire médico-scolaire tient le registre des PAI

Le PAI comporte une partie administrative, une partie d'aménagements, une fiche spécifique à la pathologie (« conduite à tenir en cas d'urgence », qui n'indique pas le diagnostic) et, le cas échéant, un volet périscolaire.

  • Durée : établi à chaque entrée dans un établissement, valable pour toute la scolarité dans cet établissement, sous réserve que la famille fournisse chaque année les documents à jour. Il est révisé si la pathologie ou le traitement change.
  • Ordonnance : récente, fournie chaque année et renouvelée obligatoirement en fin de validité (un an au plus).

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3 questions gratuites tirées du pack Concours ATSEM 2027

Question 1 / 3
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03La trousse d'urgence

  • Fournie par la famille à chaque rentrée, au nom de l'enfant, avec l'ordonnance valide et des médicaments dont la péremption a été vérifiée.
  • Accessible sur tous les temps (scolaire, périscolaire, extrascolaire), dans un lieu repérable mais inaccessible aux élèves : jamais dans le cartable ni sous clé introuvable.
  • Emportée à chaque sortie (voir fiche 09).
  • Les personnels ne sont pas autorisés à mettre en œuvre la partie « soins » tant que la famille n'a pas fourni une ordonnance valide, la trousse à jour et la conduite à tenir d'urgence.

04La conduite à tenir prévue par le PAI

La fiche d'urgence dit quoi faire, dans quel ordre, et qui appeler. L'ATSEM ne l'invente pas : elle l'applique, après avoir été informée et formée. Les signes d'alerte qui motivent l'application sont, par exemple, pour une allergie : démangeaisons, urticaire, gonflement des lèvres ou du visage, vomissements, gêne respiratoire, malaise.

Pour une allergie alimentaire ou aux piqûres d'insectes

  1. Arrêter l'exposition (retirer l'aliment, faire cracher), ne pas laisser l'enfant seul.
  2. Appliquer la fiche d'urgence : elle précise le ou les traitements prescrits et leur moment d'emploi.
  3. Lorsqu'un stylo auto-injecteur d'adrénaline est prescrit, il est utilisé dès qu'une réaction grave est suspectée, selon la fiche et la formation reçue. L'appel du 15 (ou du 112) est immédiat. L'appel est maintenu même si les symptômes semblent s'améliorer : l'enfant doit être pris en charge par les secours.
  4. Installer l'enfant dans la position indiquée par la fiche d'urgence ou par le médecin régulateur du 15, ne rien lui donner à boire ou à manger.
  5. Préparer l'accueil des secours, remettre le PAI et la trousse utilisée, prévenir le directeur et la famille.
  6. Noter les heures et les gestes.

Pour l'asthme ou une autre maladie chronique

Même logique : fiche d'urgence, matériel de la trousse (bronchodilatateur et chambre d'inhalation dans le cas de l'asthme), appel du 15 si la fiche l'indique.

À retenir

En pratique : un parent apporte un gâteau pour fêter l'anniversaire de sa fille. L'ATSEM sait qu'un élève de la classe est allergique aux fruits à coque (PAI). Elle demande à voir l'emballage ou la liste des ingrédients, prévient l'enseignante et propose un autre goûter à l'enfant concerné si la composition est incertaine. Elle ne laisse jamais l'enfant goûter « un tout petit peu ».

05Les temps hors classe et la restauration

  • Restauration scolaire : le PAI s'applique, et la collectivité qui organise le service y est associée. Le panier-repas n'est pas la première solution ; il est réservé aux allergies ou intolérances médicalement avérées. Voir la fiche 04.
  • Périscolaire : le volet périscolaire engage l'organisateur (la commune). Les agents du périscolaire doivent connaître le PAI.
  • Sorties et voyages : le PAI précise si l'élève peut y participer. L'enseignant accompagnateur conserve le PAI et les médicaments pendant toute la sortie (guide eduscol).

06Transmettre l'information : remplaçants, périscolaire, équipe

Le directeur informe l'équipe, veille à l'accessibilité du PAI et des médicaments et prévient les familles. Les enseignants et les personnels prennent connaissance du PAI, sont tenus à la discrétion et mettent en œuvre les gestes prescrits.

À retenir pour les situations de remplacement :

  • Un remplaçant (enseignant, ATSEM, animateur) doit être informé dès son arrivée de l'existence de PAI dans la classe, de l'emplacement des trousses et de la conduite d'urgence. L'ATSEM de la classe, qui connaît les enfants, a un rôle de relais.
  • Le périscolaire (accueil du matin et du soir, restauration, centre de loisirs) doit disposer du volet périscolaire et de la trousse.
  • L'information est faite sans diffusion du diagnostic hors de ce qui est nécessaire : la fiche d'urgence ne l'indique pas.
  • Les élèves à PAI sont pris en compte dans les exercices PPMS (voir fiche 08).

07Les limites de l'intervention de l'ATSEM

  • Aucun médicament sans PAI ou ordonnance remise avec protocole : ni sirop, ni gouttes, ni pommade, même « pour dépanner ».
  • Pas d'improvisation : on applique la fiche d'urgence, pas ses habitudes.
  • Pas d'aveu public du diagnostic ni de commentaire devant d'autres familles.
  • Formation : suivre la formation aux gestes d'urgence proposée par le médecin ou l'infirmier, et le PSC1 ou le SST.

Situations types du concours

Situation 1 : « Un élève souffre d'allergies dans la classe. Quelles dispositions prenez-vous ? » Prendre connaissance du PAI et de la fiche d'urgence ; savoir où est la trousse ; ne pas échanger de nourriture ; lire les étiquettes lors des goûters ; informer remplaçants et périscolaire ; en cas de réaction, appliquer la fiche, appeler le 15, prévenir directeur et famille. Faux : « attendre que ça passe », donner un antihistaminique de son sac, cacher l'allergie à ses collègues.

Situation 2 : un enfant présente soudain des plaques rouges et une gêne respiratoire après le goûter, sans PAI connu. Appeler immédiatement le 15 ou le 112, rester auprès de lui, ne rien lui donner, suivre les consignes du régulateur, prévenir directeur et famille.

Situation 3 : la trousse de l'enfant à PAI est restée dans l'armoire du bureau, fermée à clé, et le directeur est en réunion. La trousse doit être accessible sur tous les temps : régler la situation (clé, double accessible), l'incident est signalé. Si une réaction survient, appeler le 15 sans attendre et appliquer la fiche.

Situation 4 : une mère demande de donner à son enfant un médicament « le midi » sans ordonnance ni PAI. Ne pas accepter. Sans PAI ni ordonnance, la partie soins ne peut pas être mise en œuvre. Orienter la famille vers le directeur pour la démarche de PAI.

Situation 5 : une classe sort au parc, un élève est à PAI asthme. L'enseignant emporte le PAI et la trousse ; l'ATSEM, si elle accompagne, connaît la conduite à tenir ; le taux d'encadrement s'applique (fiche 09).

Sources

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