Le commerçant et les actes de commerce
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 1 « Fondamentaux du droit », partie 2 « Qualifier la situation juridique du client », sous-partie 2.2 « Accompagner un entrepreneur individuel dans son activité ».
Pourquoi c'est central à l'examen : « vérifier qu'une personne remplit les conditions pour exercer une activité indépendante » commence par la qualification de commerçant. La qualité de commerçant entraîne un régime spécial : preuve libre, prescription particulière, juridiction commerciale, obligations comptables. L'épreuve de 3 h teste la qualification des actes et le régime des actes mixtes.
À retenir
Hors programme UE 1 : le commerçant de fait et ses conséquences ; le fonds de commerce et le bail commercial (UE 2, cours 21 et 22).
01Définition du commerçant
L'article L121-1 du code de commerce définit le commerçant : « Sont commerçants ceux qui exercent des actes de commerce et en font leur profession habituelle ». Trois éléments sont donc nécessaires.
| Condition | Contenu |
|---|---|
| Accomplir des actes de commerce | L'activité entre dans la liste des actes de commerce (section 3) |
| À titre de profession habituelle | Activité exercée de manière répétée et à titre professionnel, non de façon occasionnelle |
| De manière indépendante | La personne agit en son nom et pour son compte, à ses risques : le salarié d'un commerçant n'est pas commerçant |
La qualité de commerçant est une situation de fait : elle résulte de l'exercice de l'activité, même si l'immatriculation n'a pas été demandée. (Le cas du commerçant de fait, qui exerce sans être immatriculé, est hors programme.)
02Capacité, incompatibilités, interdictions et déchéances
2.1 La capacité commerciale
Pour être commerçante, une personne physique doit pouvoir accomplir seule des actes d'engagement : être majeure et capable (cours 12).
| Personne | Peut-elle être commerçante ? |
|---|---|
| Majeur capable | Oui |
| Mineur non émancipé | Non |
| Mineur émancipé | Oui, mais sur autorisation : celle du juge des tutelles au moment de la décision d'émancipation, ou du président du tribunal judiciaire si la demande est postérieure (art. L121-2) |
| Majeur protégé | Selon la mesure ; l'énoncé la précise (cours 12) |
2.2 Incompatibilités, interdictions, déchéances
| Notion | Définition | Exemples |
|---|---|---|
| Incompatibilité | Impossibilité de cumuler le commerce avec une autre fonction | Certaines fonctions publiques ou professions réglementées |
| Interdiction | Défense d'exercer prononcée contre une personne, notamment à la suite d'une condamnation | Condamnation pénale emportant interdiction d'exercer une activité commerciale |
| Déchéance | Perte du droit d'exercer, souvent à titre de sanction | Sanctions liées aux difficultés de l'entreprise (étudiées au DSCG) |
Il n'y a pas de liste à apprendre par cœur : le candidat doit connaître les trois notions, leurs exemples classiques et leur effet, qui est de limiter la liberté d'entreprendre (cours 15).
03Les actes de commerce
3.1 Trois catégories
| Catégorie | Définition | Exemples |
|---|---|---|
| Par nature | La loi les répute commerciaux en raison de leur objet (art. L110-1) | L'achat de biens meubles pour les revendre, soit en l'état, soit après travail (art. L110-1, 1°) ; l'activité d'intermédiaire, de location, de manufacture, de transport |
| Par la forme | Commerciaux en raison de leur forme, quelle que soit leur objet | La lettre de change ; la société commerciale par la forme, commerciale quel que soit son objet (UE 2) |
| Par accessoire | Actes civils en soi, mais accomplis par un commerçant pour les besoins de son commerce | L'achat d'un véhicule par un commerçant pour ses livraisons |
À retenir
Un acte accompli une seule fois peut être un acte de commerce (l'achat pour revendre est commercial même isolé) ; mais on n'est commerçant que si l'on en fait sa profession habituelle.
3.2 L'acte mixte
L'acte mixte est commercial pour l'une des parties (le commerçant) et civil pour l'autre (le particulier). Il obéit à un régime dissymétrique, qui protège le non-commerçant.
04Le régime juridique des actes de commerce
4.1 La preuve
- Contre un commerçant, l'acte de commerce peut se prouver par tous moyens (art. L110-3), sauf disposition contraire de la loi.
- Contre un non-commerçant, les règles civiles s'appliquent : un acte juridique portant sur une somme ou une valeur supérieure à 1 500 € doit être prouvé par écrit (art. 1359 du code civil), avec les exceptions du cours 09.
La preuve est libre contre le commerçant, mais pas contre le particulier : un commerçant qui assigne un client doit souvent produire un écrit.
4.2 La prescription
Les obligations nées à l'occasion de leur commerce entre commerçants ou entre commerçants et non-commerçants se prescrivent par cinq ans, si elles ne sont pas soumises à des prescriptions spéciales plus courtes (art. L110-4). Le point de départ est fixé par le droit commun (cours 06). Exemple de prescription plus courte : l'action d'un professionnel contre un consommateur, pour les biens ou services qu'il lui fournit, se prescrit par deux ans (art. L218-2 du code de la consommation).
4.3 La compétence juridictionnelle
Le tribunal de commerce est compétent notamment pour les engagements entre commerçants, entre artisans (depuis le 1er janvier 2022), entre établissements de crédit et sociétés de financement, pour les litiges relatifs aux sociétés commerciales et pour les actes de commerce entre toutes personnes (art. L721-3). Dans douze ressorts, un tribunal des activités économiques l'a remplacé à titre d'expérimentation (cours 04).
Pour un acte mixte :
| Qui assigne ? | Juridiction |
|---|---|
| Le non-commerçant contre le commerçant | Il choisit entre le tribunal judiciaire et le tribunal de commerce |
| Le commerçant contre le non-commerçant | Le tribunal judiciaire (juridiction civile) |
4.4 Les clauses et la solidarité
- La clause compromissoire est valable dans tous les contrats depuis 2016 (art. 2061 du code civil), mais inopposable à celui qui n'a pas contracté dans le cadre de son activité professionnelle (sauf s'il l'invoque) ; elle est donc opposable entre commerçants (cours 08).
- La clause attributive de compétence territoriale n'est admise qu'entre commerçants, si elle est très apparente (cours 26).
- Entre commerçants, la solidarité des codébiteurs est présumée, alors qu'en droit civil elle doit être expressément stipulée.