Le statut du conjoint de l'entrepreneur
À retenir
Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 1 « Fondamentaux du droit », partie 2 « Qualifier la situation juridique du client », sous-partie 2.2 « Accompagner un entrepreneur individuel dans son activité ».
Pourquoi c'est central à l'examen : « proposer un statut pour le conjoint de l'entrepreneur » est une compétence évaluée sous forme de conseil : le candidat identifie les statuts possibles, vérifie les conditions et recommande le plus adapté. C'est aussi un point d'actualité : depuis 2022, le statut de collaborateur est limité dans le temps.
À retenir
Hors programme UE 1 : le contenu des droits sociaux (protection sociale, retraite) et des règles fiscales de chaque statut, étudiés en UE 3 et en UE 4. Ce cours se limite aux conditions, caractéristiques et conséquences juridiques.
01Qui est concerné et pourquoi un statut est obligatoire ?
Beaucoup d'entreprises individuelles fonctionnent grâce à la participation régulière d'un proche : conjoint marié, partenaire de pacte civil de solidarité (PACS) ou concubin. Pour éviter le travail sans protection, la loi impose un choix de statut.
L'article L121-4 du code de commerce vise le conjoint du chef d'une entreprise artisanale, commerciale ou libérale qui y exerce de manière régulière une activité professionnelle. Il doit choisir l'un des trois statuts suivants :
- conjoint collaborateur ;
- conjoint salarié ;
- conjoint associé.
Le partenaire lié au chef d'entreprise par un PACS est assimilé au conjoint. Depuis le 1er janvier 2022, les règles de la section s'appliquent aussi au concubin (art. L121-8), qui peut notamment opter pour le statut de collaborateur, auparavant fermé.
1.1 L'obligation de déclaration
Le chef d'entreprise est tenu de déclarer aux organismes habilités à enregistrer l'immatriculation :
- l'activité professionnelle régulière de son conjoint dans l'entreprise ;
- le statut choisi par celui-ci.
Seul le conjoint collaborateur est mentionné au registre du commerce et des sociétés (RCS) et au registre national des entreprises (RNE).
1.2 Les présomptions à défaut de déclaration
| Situation | Conséquence |
|---|---|
| Aucune déclaration d'activité professionnelle | Le conjoint qui a exercé régulièrement une activité est présumé l'avoir fait sous le statut de conjoint salarié |
| Activité déclarée, statut non précisé | Le chef d'entreprise est présumé avoir déclaré que le statut est celui de conjoint salarié |
Le statut de salarié est donc le statut par défaut.
02Les trois statuts
| Conjoint collaborateur | Conjoint salarié | Conjoint associé | |
|---|---|---|---|
| Condition | Activité professionnelle régulière dans l'entreprise, en principe sans rémunération ni qualité d'associé (l'énoncé précise) | Activité régulière exercée dans le cadre d'un contrat de travail | Détention de parts ou actions de la société qui exploite l'entreprise |
| Lien juridique | Mandat présumé du chef d'entreprise | Lien de subordination : contrat de travail | Contrat de société : statuts, apports |
| Pouvoirs | Lorsqu'il est mentionné au registre du commerce et des sociétés ou, pour une entreprise artisanale, au registre national des entreprises, réputé avoir reçu le mandat d'accomplir au nom du chef d'entreprise les actes d'administration concernant les besoins de l'entreprise (art. L121-6) | Il exécute les instructions de l'employeur ; il n'engage pas l'entreprise | Droits d'un associé : vote, dividendes, information, selon les statuts |
| Responsabilité | Les actes de gestion et d'administration accomplis pour les besoins de l'entreprise sont réputés l'être pour le compte du chef d'entreprise et n'entraînent aucune obligation personnelle à la charge du conjoint (art. L121-7) | Répond de ses fautes dans les conditions du droit du travail (UE 3) | Répond des dettes sociales selon la forme de la société (UE 2) |
| Publicité | Mentionné au RCS et au RNE | Non mentionné | Mentionné dans la société selon la forme |
2.1 Le conjoint collaborateur
- Le statut de collaborateur est possible pour le conjoint du chef d'une entreprise individuelle. Dans une société, il n'est ouvert qu'au conjoint du gérant associé unique ou majoritaire d'une société à responsabilité limitée (SARL) ou d'une société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL).
- Le mandat d'administration est présumé dès lors que le conjoint collaborateur est mentionné au registre (art. L121-6) : il peut accomplir pour l'entreprise des actes d'administration (commander des fournitures, régler des factures courantes) sans pouvoir spécial. Chaque époux peut mettre fin à cette présomption par une déclaration notariée, l'autre présent ou dûment appelé ; elle produit effet à l'égard des tiers trois mois après sa mention au registre.
- Les actes accomplis ne l'engagent pas personnellement : c'est le chef d'entreprise qui répond.
2.2 Le conjoint salarié
Le conjoint conclut un contrat de travail avec son époux, son partenaire ou le concubin chef d'entreprise. Il faut réunir les trois éléments du contrat de travail : une prestation, une rémunération et un lien de subordination (UE 3). Cette dernière condition est celle qui est la plus discutée dans le couple : le conjoint doit recevoir des directives réelles. Le statut s'accompagne du droit du travail et de la protection du salarié (UE 3).
2.3 Le conjoint associé
Le conjoint devient associé de la société qui exploite l'entreprise : il apporte des capitaux et reçoit des parts. Ce statut suppose une société : pour un entrepreneur individuel qui exerce en son nom propre, il faut d'abord créer une société (UE 2). Le conjoint associé a des droits dans les décisions collectives et dans les bénéfices, mais il partage aussi les pertes dans la limite que fixe la forme choisie (UE 2).