DCG UE3 : Embauche et exécution du contrat de travail

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La formation professionnelle

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 3 « Droit social », partie 2 « Qualifier la situation juridique du client », sous-partie 2.2 « Accompagner l'employeur dans l'exécution du contrat de travail » : obligations de l'employeur en matière de formation, plan de développement des compétences, compte personnel de formation, projet de transition professionnelle, validation des acquis de l'expérience.

Pourquoi c'est central à l'examen : l'énoncé demande de vérifier si l'employeur a rempli ses obligations (adaptation, entretien) et de choisir le dispositif de formation adapté à une situation : initiative de l'employeur ou du salarié, sur ou hors temps de travail. La réforme de l'entretien, intervenue en 2025, est un piège classique des manuels anciens.

01Le cadre général

La formation professionnelle tout au long de la vie constitue une obligation nationale : elle vise à permettre à chaque personne d'acquérir et d'actualiser des connaissances et des compétences favorisant son évolution professionnelle (L6111-1). La formation professionnelle continue a pour objet de favoriser l'insertion ou la réinsertion, de permettre le maintien dans l'emploi, de favoriser le développement des compétences et l'accès aux différents niveaux de qualification (L6311-1).

Sont des actions concourant au développement des compétences (L6313-1) :

  1. les actions de formation ;
  2. les bilans de compétences ;
  3. les actions permettant de faire valider les acquis de l'expérience ;
  4. les actions de formation par apprentissage.

L'accès des salariés à des actions de formation est assuré (L6312-1) :

VoieInitiative
Plan de développement des compétencesDe l'employeur
Compte personnel de formation (CPF)Du salarié
Contrat de professionnalisationContrat conclu entre l'employeur et le salarié

02Les obligations de l'employeur

2.1 Financement de la formation

Les employeurs financent la formation professionnelle par une contribution assise sur la masse salariale, dont les taux et les modalités de versement dépendent de l'effectif : par exemple, l'employeur de moins de onze salariés s'en acquitte par un versement calculé sur le revenu d'activité retenu pour les cotisations sociales, selon la périodicité des cotisations (L6331-1). Le taux n'est pas à connaître : l'énoncé le fournit. Des opérateurs de compétences (OPCO) peuvent participer au financement ou au conseil.

2.2 L'adaptation au poste et le maintien de la capacité à occuper un emploi

L'employeur assure l'adaptation des salariés à leur poste de travail et veille au maintien de leur capacité à occuper un emploi, au regard notamment de l'évolution des emplois, des technologies et des organisations (L6321-1). Il peut proposer des formations de développement des compétences (y compris numériques), de lutte contre l'illettrisme ou de maîtrise de la langue pour les salariés allophones.

Le manquement à cette obligation peut engager la responsabilité de l'employeur.

2.3 Temps de formation et rémunération

Type d'actionRégime
Formation qui conditionne l'exercice d'une activité ou d'une fonction, en application d'une convention internationale ou de dispositions légales et réglementairesTemps de travail effectif, maintien de la rémunération (L6321-2)
Autres formations décidées par l'employeurTemps de travail effectif, maintien de la rémunération, sauf : accord collectif d'entreprise ou de branche permettant de les dérouler hors temps de travail dans une limite ; ou, en l'absence d'accord collectif, accord du salarié pour des actions hors temps de travail dans la limite de 30 heures par an et par salarié (L6321-6)

2.4 L'entretien de parcours professionnel

C'est l'entretien qui a remplacé l'« entretien professionnel » des anciens textes (L6315-1).

ÉlémentRègle
InformationÀ l'embauche, le salarié est informé qu'il bénéficie d'un entretien dans la première année suivant son embauche
PériodicitéTous les quatre ans (et non plus tous les deux ans)
ObjetCompétences et qualifications mobilisées, parcours et perspectives, besoins de formation, souhaits d'évolution, activation du CPF, conseil en évolution professionnelle
NatureNe porte pas sur l'évaluation du travail ; organisé par l'employeur, réalisé par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction, pendant le temps de travail, avec un document dont une copie est remise au salarié
Reprise d'activitéProposé systématiquement au salarié qui reprend après un congé de maternité ou d'adoption, un congé supplémentaire de naissance, un congé parental, de proche aidant ou sabbatique, un arrêt longue maladie ou un mandat syndical, notamment, s'il n'a eu aucun entretien dans les douze mois précédant la reprise
État des lieux récapitulatifTous les huit ans (et non plus six ans) : vérifie que le salarié a eu les entretiens et suivi au moins une action de formation, acquis une certification ou une validation des acquis, bénéficié d'une progression salariale ou professionnelle
Accord collectifPeut définir une périodicité différente, sans dépasser quatre ans, et d'autres critères d'appréciation

Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, si, pendant les huit ans, le salarié n'a pas bénéficié des entretiens prévus et d'au moins une formation autre que celle imposée par L6321-2, son compte personnel de formation est abondé par l'employeur (L6323-13) : un versement dont le montant, fixé par décret, ne peut excéder six fois le montant annuel de référence du CPF ; à défaut de versement ou en cas de versement insuffisant, l'entreprise est mise en demeure, puis verse au Trésor public une somme équivalente majorée de 100 %. La réforme est issue de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, en vigueur depuis le 26 octobre 2025 ; les accords existants doivent être mis en conformité avant le 1er octobre 2026.

À retenir

Ne plus écrire « entretien professionnel tous les 2 ans et état des lieux à 6 ans » : c'est l'ancien régime.

03Le plan de développement des compétences

Le plan de développement des compétences est l'ensemble des actions de formation décidées par l'employeur pour adapter les salariés à leur poste et développer leurs compétences (L6312-1, L6321-1). Son élaboration peut tenir compte des conclusions des entretiens de parcours professionnel (L6321-1). Le plan relève de l'initiative de l'employeur et, selon le régime ci-dessus, se déroule en principe sur le temps de travail avec maintien de la rémunération.

04Le compte personnel de formation (CPF)

4.1 Principe

Le CPF est ouvert et fermé dans les conditions de L5151-2 (L6323-1) ; il est attaché à la personne, non à l'emploi : le salarié le conserve en changeant d'employeur. Les droits permettent de financer une formation éligible ; le titulaire participe au financement dans les conditions fixées par la loi (L6323-4).

4.2 Abondements

Lorsque le coût de la formation dépasse les droits inscrits, le compte peut être abondé à la demande du titulaire par des droits complémentaires, financés notamment par : le titulaire lui-même, l'employeur, un opérateur de compétences, l'organisme gérant le compte professionnel de prévention, la branche accidents du travail et maladies professionnelles (L6323-4).

4.3 Formation pendant le temps de travail

Lorsqu'une formation financée par le CPF est suivie en tout ou partie pendant le temps de travail, le salarié demande une autorisation d'absence à l'employeur, qui notifie sa réponse dans un délai fixé par décret ; l'absence de réponse vaut acceptation (L6323-17). Suivie en dehors du temps de travail, la formation n'a pas besoin d'autorisation.

05Le projet de transition professionnelle

Tout salarié peut mobiliser les droits inscrits sur son CPF pour financer une action de formation certifiante destinée à lui permettre de changer de métier ou de profession dans le cadre d'un projet de transition professionnelle (L6323-17-1). Il bénéficie d'un positionnement préalable pour adapter la durée du parcours, et d'un congé spécifique lorsqu'il suit la formation en tout ou partie pendant son temps de travail. Une condition d'ancienneté fixée par décret est exigée ; le projet est présenté à la commission paritaire interprofessionnelle régionale, qui en apprécie la pertinence et autorise sa réalisation et son financement (L6323-17-2).

La loi n° 2025-989 a également créé la période de reconversion, qui a remplacé la promotion ou reconversion par l'alternance (Pro-A) et les transitions collectives à compter du 1er janvier 2026.

06La validation des acquis de l'expérience (VAE)

La VAE permet à toute personne justifiant d'une activité en rapport direct avec le contenu de la certification visée de faire valider les acquis de son expérience (L6411-1) ; les actions de validation sont des actions concourant au développement des compétences (L6313-1). Le service public de la VAE a pour mission d'orienter et d'accompagner le candidat. La VAE conduit à l'obtention, totale ou partielle, d'une certification.

07Synthèse des dispositifs

DispositifInitiativeTemps de travailFinalité
Plan de développement des compétencesEmployeurOui en principe (exceptions limitées)Adaptation, évolution du poste
CPFSalariéAutorisation d'absence si sur le temps de travailFormation éligible choisie
Projet de transition professionnelleSalariéCongé spécifiqueChanger de métier
VAESalariéSelon le casCertification par l'expérience

Exemples corrigés

Cas 1 : abondement correctif du CPF

Faits. La société Inovia compte 72 salariés. Mme Rey y est employée depuis le 1er septembre 2018. Lors de l'entretien de parcours du 15 mars 2027, il est constaté qu'elle n'a eu aucun entretien depuis son embauche et que sa seule formation a été une habilitation de sécurité imposée par la loi.

Problème de droit. L'employeur doit-il abonder le compte de Mme Rey ?

Règle. Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, si, au cours des huit ans, le salarié n'a pas bénéficié des entretiens prévus et d'au moins une formation autre que celle mentionnée à L6321-2, le CPF est abondé (L6315-1, II et L6323-13).

Application. L'entreprise a plus de 50 salariés. L'ancienneté de 8 ans est atteinte au 1er septembre 2026. Mme Rey n'a eu aucun entretien et sa seule formation est celle qui conditionne l'exercice de l'activité (L6321-2) : les deux conditions du manquement sont réunies. Le montant de l'abondement est fixé par décret et ne peut excéder six fois le montant annuel de référence.

Conclusion. L'employeur doit abonder le CPF de Mme Rey, l'informer du versement et, à défaut, il s'expose à la mise en demeure puis au versement au Trésor public majoré de 100 %.

À retenir

Note au dirigeant (extrait) : « Planifiez un entretien de parcours avec chaque salarié au plus tard à la première année, puis tous les quatre ans, et conservez les comptes rendus : ils prouvent l'absence de manquement. Faites suivre au moins une formation non obligatoire tous les huit ans à chaque salarié. »

Cas 2 : une formation d'adaptation de 40 heures en dehors du temps de travail

Faits. L'entreprise Logis (36 salariés), sans accord collectif sur la formation, veut faire suivre à M. Sylva une formation de 40 heures pour s'adapter à un nouveau logiciel de gestion de stocks, en partie le samedi. M. Sylva accepte de suivre la formation le samedi.

Problème de droit. Combien d'heures peuvent être effectuées hors temps de travail ?

Règle. Les actions autres que celles imposées par la loi constituent du temps de travail effectif avec maintien de la rémunération, sauf accord collectif ou, en l'absence d'accord et avec l'accord du salarié, dans la limite de trente heures par an et par salarié hors temps de travail (L6321-6).

Application. Même avec l'accord de M. Sylva, la limite est de 30 heures par an : 40 - 30 = 10 heures doivent être effectuées sur le temps de travail avec maintien de rémunération.

Conclusion. Au plus 30 heures sur les 40 peuvent avoir lieu le samedi, avec accord du salarié ; les 10 heures restantes sont du temps de travail effectif.

Cas 3 : la demande de CPF sur le temps de travail

Faits. Mme Tessier demande à son employeur une absence de trois semaines pour suivre une formation éligible au CPF pendant son temps de travail. L'employeur ne répond pas dans le délai réglementaire.

Problème de droit. Peut-elle suivre la formation ?

Règle. Le salarié demande une autorisation d'absence ; l'employeur notifie sa réponse dans un délai fixé par décret ; l'absence de réponse vaut acceptation (L6323-17).

Application. Le silence de l'employeur dans le délai vaut acceptation. L'énoncé précise le délai du décret ; ici, il est dépassé sans réponse.

Conclusion. L'absence est considérée comme autorisée, et Mme Tessier peut suivre la formation. L'employeur ne peut plus la refuser.

Cas 4 : un projet de reconversion

Faits. M. Alban, salarié depuis neuf ans, veut devenir infirmier. Il envisage de suivre une formation certifiante en grande partie sur son temps de travail. Quels dispositifs lui conviennent ?

Application. Le changement de métier relève du projet de transition professionnelle (L6323-17-1) : il mobilise son CPF pour financer une formation certifiante, bénéficie d'un positionnement préalable pour adapter la durée, et d'un congé spécifique pour les périodes de formation sur le temps de travail. Son projet doit être présenté à la commission paritaire interprofessionnelle régionale, qui décide de sa prise en charge (L6323-17-2) ; il peut aussi solliciter un abondement de son employeur (L6323-4). Si sa pratique professionnelle correspond au contenu d'un diplôme, la VAE (L6411-1) est une voie complémentaire.

Conclusion. Le projet de transition professionnelle, financé par le CPF, est le dispositif adapté.

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
Plan de développement des compétencesActions de formation décidées par l'employeur
CPFCompte personnel de formation, attaché à la personne
AbondementComplément de droits inscrit sur le CPF
Entretien de parcours professionnelEntretien de suivi du parcours, tous les quatre ans
État des lieuxBilan récapitulatif tous les huit ans
Projet de transition professionnelleFormation certifiante pour changer de métier
VAEValidation des acquis de l'expérience
OPCOOpérateur de compétences

Points clés à retenir

  1. L'employeur doit assurer l'adaptation au poste et le maintien de la capacité à occuper un emploi (L6321-1).
  2. Entretien de parcours : première année, puis tous les quatre ans ; état des lieux tous les huit ans.
  3. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, l'absence d'entretiens et de formation non obligatoire en huit ans entraîne un abondement correctif.
  4. Formation d'adaptation : temps de travail effectif avec maintien de rémunération ; hors temps de travail seulement par accord collectif ou accord du salarié (30 h par an).
  5. Le CPF est attaché à la personne ; le salarié demande une autorisation d'absence ; silence vaut acceptation.
  6. Le projet de transition professionnelle permet de changer de métier, avec positionnement préalable et congé spécifique.
  7. La VAE valide une activité en rapport direct avec la certification.
  8. Le taux de la contribution n'est pas à connaître : l'énoncé le fournit.

Pièges fréquents

  1. Écrire « entretien professionnel tous les deux ans, bilan à six ans » : le régime est de quatre ans et huit ans depuis le 26 octobre 2025.
  2. Confondre entretien de parcours et évaluation : il ne porte pas sur l'évaluation du travail.
  3. Oublier le seuil de 50 salariés pour l'abondement correctif.
  4. Écrire que toute formation peut être imposée hors temps de travail : sauf accord collectif, il faut l'accord du salarié et la limite de trente heures.
  5. Confondre CPF et plan de développement : l'initiative n'est pas la même.
  6. Parler de Pro-A ou de transitions collectives comme de dispositifs en vigueur : remplacés par la période de reconversion au 1er janvier 2026.
  7. Oublier que le silence de l'employeur vaut acceptation de la demande d'absence CPF.
  8. Retenir un taux de contribution : il est fourni par l'énoncé.

Q&R pour le tuteur IA

Q : Quelle est la périodicité de l'entretien de parcours professionnel ? R : Un entretien dans la première année suivant l'embauche, puis tous les quatre ans (L6315-1) ; un état des lieux récapitulatif tous les huit ans.

Q : Que se passe-t-il si l'employeur n'organise pas les entretiens ni de formation en huit ans ? R : Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, il doit abonder le CPF du salarié (L6323-13) ; à défaut, il verse au Trésor une somme équivalente majorée de 100 %.

Q : Une formation d'adaptation au poste peut-elle avoir lieu hors temps de travail ? R : En principe non : c'est du temps de travail effectif avec maintien de rémunération, sauf accord collectif ou, à défaut, accord du salarié dans la limite de trente heures par an (L6321-6).

Q : Le salarié doit-il demander l'accord de l'employeur pour suivre une formation CPF ? R : Seulement si elle a lieu pendant le temps de travail : il demande une autorisation d'absence et le silence de l'employeur vaut acceptation (L6323-17).

Q : Qu'est-ce qu'un projet de transition professionnelle ? R : L'utilisation du CPF pour financer une formation certifiante permettant de changer de métier, avec positionnement préalable et congé spécifique (L6323-17-1).

Q : Qui peut demander une validation des acquis de l'expérience ? R : Toute personne justifiant d'une activité en rapport direct avec le contenu de la certification visée (L6411-1).

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