DCG UE3 : Rupture du contrat et situations particulières

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La retraite de base et la retraite complémentaire

À retenir

Cadre programme : DCG, programme 2025 (arrêté du 4 août 2025, première session 2027), UE 3 « Droit social », partie 2 « Qualifier la situation juridique du client », sous-partie 2.3 « Accompagner l'employeur dans la rupture du contrat de travail ».

Pourquoi c'est central à l'examen : le programme demande de « vérifier les conditions d'attribution de la pension de retraite du régime général et d'identifier les éléments de calcul de la pension ». Le candidat doit lire un relevé de carrière, repérer l'âge et la durée d'assurance requis pour une génération donnée, et conseiller un salarié ou un employeur sur un départ.

À retenir

Limites du programme : aucun calcul complet de pension n'est exigé : on identifie les éléments (salaire annuel moyen, taux, durée). Le cumul emploi-retraite est exclu (hors programme UE 3). Le régime des fonctionnaires et des régimes spéciaux n'est pas étudié.

À retenir

Attention à l'actualité. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a suspendu le relèvement de l'âge et de la durée d'assurance de la réforme de 2023. Les tableaux ci-dessous en tiennent compte ; la suspension court jusqu'au 1er janvier 2028 et le sujet peut encore évoluer. Si l'énoncé donne d'autres chiffres, il fait foi.

01Les deux étages de la retraite d'un salarié

Un salarié du secteur privé est affilié à deux régimes obligatoires.

ÉtageRégimePrincipe
BaseRégime général de la sécurité sociale (assurance retraite)Pension proportionnelle au salaire moyen, au taux et à la durée d'assurance
ComplémentaireRégime de retraite complémentaire obligatoire des salariésFonctionnement par points : les cotisations achètent des points, convertis en pension à la liquidation

La pension de base est une prestation de la protection vieillesse (voir cours 02). Elle est financée par répartition : les cotisations des actifs paient les pensions des retraités.

02Les conditions d'attribution de la pension de base

Il varie selon la génération. Depuis la suspension décidée par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 :

GénérationÂge légalDurée d'assurance requise pour le taux plein
Nés de 1963 à mars 196562 ans et 9 mois170 trimestres (générations 1963 et 1964, nés de janvier à mars 1965)
Nés d'avril à décembre 196563 ans171 trimestres
Nés en 196663 ans et 3 mois172 trimestres
Nés en 196763 ans et 6 mois172 trimestres
Nés en 196863 ans et 9 mois172 trimestres
Nés à partir de 196964 ans172 trimestres

La durée requise est exprimée en trimestres d'assurance, tous régimes confondus. Une personne née à partir du 1er avril 1965 qui justifie d'au moins un trimestre de majoration de durée d'assurance au titre de l'éducation d'un enfant peut voir son âge minimal abaissé d'un an.

2.2 Le taux plein

Le taux plein s'obtient de deux façons :

  1. soit en justifiant de la durée d'assurance requise pour sa génération (170, 171 ou 172 trimestres selon le tableau) ;
  2. soit, quelle que soit la durée, en atteignant l'âge du taux plein automatique, soit 67 ans.

Si ces conditions ne sont pas remplies à l'âge de départ, la pension est calculée avec un taux minoré : c'est la décote, qui dépend du nombre de trimestres manquants. À l'inverse, celui qui poursuit son activité au-delà de l'âge légal et de la durée requise bénéficie d'une surcote. Les taux de décote et de surcote ne sont pas à retenir : l'énoncé les fournit.

2.3 Les trimestres d'assurance

Les trimestres sont validés par la cotisation (selon les salaires de l'année), et complétés par des périodes assimilées (maladie, maternité, chômage indemnisé, service national) et des majorations de durée d'assurance (notamment liées aux enfants). L'énoncé fournit le relevé de carrière : le candidat additionne les trimestres de chaque catégorie.

03Les éléments de calcul de la pension de base

La pension est le produit de trois éléments (le calcul chiffré n'est pas exigé) :

ÉlémentContenu
Salaire annuel moyen (SAM)Moyenne des salaires annuels bruts des meilleures années de la carrière (nombre d'années fixé par les textes), retenus dans la limite du plafond annuel de la sécurité sociale (48 060 € en 2026, soit 4 005 € par mois : ordre de grandeur)
TauxTaux plein ou taux minoré par la décote, majoré par la surcote
Durée d'assuranceRapport entre les trimestres validés (dans la limite de la durée requise) et la durée requise pour la génération

Formule d'identification : pension annuelle = SAM × taux × (durée d'assurance de l'assuré ÷ durée requise).

Le candidat doit aussi savoir qu'aucun employeur n'intervient dans le calcul : la pension est liquidée par la caisse de retraite sur la demande de l'assuré.

04La retraite complémentaire

Le régime complémentaire obligatoire fonctionne par points :

ÉlémentPrincipe
CotisationAssise sur la rémunération, partagée entre employeur et salarié, qui permet d'acquérir des points
Valeur d'achat du pointPrix de revient du point (« salaire de référence »)
Valeur de service du pointMontant annuel de pension que rapporte un point
PensionNombre de points acquis × valeur de service du point

Les taux de cotisation et les valeurs du point évoluent chaque année : ils ne sont pas à retenir (l'énoncé les fournit).

05Les prestations de vieillesse

PrestationNature
Pension de retraite de droit directVersée à l'assuré qui remplit les conditions, à vie
Pension de réversionVersée, sous conditions, au conjoint survivant : simplement citée au programme
Retraite complémentaireVersée en complément de la pension de base

La retraite se demande : la pension n'est jamais versée automatiquement. Elle prend effet le premier jour d'un mois choisi par l'assuré, au plus tôt le premier jour du mois qui suit l'âge légal.

06Retraite et rupture du contrat de travail

Il ne faut pas confondre le droit à pension et la rupture du contrat de travail :

  • le salarié qui part volontairement à la retraite rompt son contrat par un mode de rupture distinct de la démission (L1237-9, L1237-10) : il respecte un préavis et perçoit une indemnité de départ ;
  • l'employeur ne peut mettre à la retraite un salarié que s'il a atteint l'âge du taux plein automatique et au terme de la procédure d'interrogation (cours 24) ;
  • un salarié peut remplir les conditions de la retraite à taux plein sans que son employeur puisse le contraindre à partir.

Exemples corrigés

Cas 1 : à quel âge et avec quelle durée Mme Gauthier peut-elle partir ?

Faits. Mme Gauthier est née le 14 mai 1966 et ne bénéficie d'aucun trimestre de majoration pour enfant. Elle a validé 168 trimestres d'assurance et souhaite partir dès que possible avec le taux plein.

Problème de droit. À quelle date peut-elle prendre sa retraite, et le taux plein est-il acquis à cette date ?

Règle. Pour la génération 1966, l'âge légal est de 63 ans et 3 mois et la durée requise est de 172 trimestres (suspension de la réforme de 2023, pensions à effet à compter du 1er septembre 2026). Le taux plein est acquis avec la durée requise ou à 67 ans.

Application.

ÉlémentRésultat
Âge légal63 ans et 3 mois, soit le 14 août 2029
Trimestres validés (à la date de l'énoncé)168
Trimestres requis172
Trimestres manquants4
Âge du taux plein automatique67 ans, soit le 14 mai 2033

Solution. Mme Gauthier atteint l'âge légal le 14 août 2029 ; sa pension peut prendre effet au plus tôt le 1er septembre 2029 mais avec 168 trimestres, elle n'aura pas la durée requise de 172 trimestres si elle ne valide pas 4 trimestres supplémentaires : la pension de base serait minorée par une décote. Elle obtiendrait le taux plein soit en travaillant jusqu'à la validation des 4 trimestres manquants (environ 1 an), soit en attendant ses 67 ans (14 mai 2033). Il lui revient de comparer, avec l'énoncé qui fournit les taux, le coût de la décote et le gain d'une année supplémentaire.

Cas 2 : lire un relevé de carrière

Faits. M. Lambert est né le 10 novembre 1964. Son relevé de carrière fait apparaître :

CatégorieTrimestres
Trimestres validés par cotisation152
Trimestres assimilés (maladie, chômage indemnisé)8
Trimestres de majoration pour enfants4

Son SAM est de 31 000 € (donné par la caisse). Il envisage de partir à l'âge légal.

Problème de droit. À quel âge peut-il partir, a-t-il droit au taux plein, et quels éléments entrent dans le calcul de sa pension ?

Règle. Pour la génération 1964, l'âge légal est de 62 ans et 9 mois et la durée requise est de 170 trimestres (pensions à effet à compter du 1er septembre 2026). Les trimestres validés, assimilés et de majoration s'additionnent. La pension se calcule à partir du SAM, du taux et de la durée d'assurance.

Application.

ÉlémentCalculRésultat
Âge légal10 novembre 1964 + 62 ans et 9 mois10 août 2027
Total des trimestres152 + 8 + 4164
Durée requise
170
Trimestres manquants170 − 1646
Éléments de calculSAM, taux, durée31 000 € ; taux minoré par décote ; 164 / 170

Solution. M. Lambert atteint l'âge légal le 10 août 2027 et peut partir au plus tôt le 1er septembre 2027, mais il lui manque 6 trimestres pour la durée requise : sa pension serait minorée par une décote. Les trois éléments à identifier sont le SAM de 31 000 €, un taux minoré (et non le taux plein) et une durée d'assurance de 164 trimestres sur 170. Il obtiendrait le taux plein en cotisant 6 trimestres de plus ou à 67 ans. Aucun calcul chiffré de la pension n'est exigé.

Cas 3 : mise à la retraite refusée par un salarié

Faits. M. Rey, né le 2 mars 1960, est salarié de la société Tournon depuis 25 ans. Le 5 octobre 2026, à 66 ans, il informe son employeur qu'il ne souhaite pas partir. L'employeur lui notifie sa mise à la retraite.

Problème de droit. La mise à la retraite est-elle valable ?

Règle. L'employeur ne peut mettre un salarié à la retraite que s'il a atteint l'âge du taux plein automatique (67 ans) et sous réserve d'avoir interrogé le salarié par écrit avant cette date ; en cas de réponse négative, il ne peut pas utiliser cette faculté pendant l'année qui suit. Si les conditions de la mise à la retraite ne sont pas réunies, la rupture par l'employeur est un licenciement (L1237-5, L1237-8).

Application. M. Rey est né le 2 mars 1960 : il atteindra 67 ans le 2 mars 2027. À la date de la notification (octobre 2026), il n'a pas atteint l'âge requis. Il a de plus répondu négativement.

Solution. La mise à la retraite n'est pas valable. La rupture constitue un licenciement, sans cause réelle et sérieuse (le motif n'est pas économique ni disciplinaire) : l'employeur s'expose à l'indemnité du barème (25 ans d'ancienneté : de 3 à 18 mois de salaire en entreprise de 11 salariés et plus, selon le tableau de l'article L1235-3). Pour l'avenir, l'employeur doit l'interroger par écrit au moins 3 mois avant son 67e anniversaire, soit avant le 2 décembre 2026 (D1237-2-1). Si M. Rey répond non, la mise à la retraite est exclue pendant l'année qui suit, et la procédure est reprise chaque année jusqu'à son 69e anniversaire. Sans son accord, l'employeur ne pourra le mettre à la retraite qu'à partir de ses 70 ans, le 2 mars 2030 (L1237-5).

Écrit au dirigeant

À retenir

Objet : départs à la retraite et anticipation.

Vous ne pouvez pas mettre un salarié à la retraite avant 67 ans. Entre 67 et 70 ans, vous devez l'interroger par écrit chaque année et il peut refuser ; vous ne pouvez l'imposer qu'à partir de 70 ans. Pour piloter vos effectifs, interrogez vos salariés proches de l'âge légal et proposez-leur, s'ils le souhaitent, un départ volontaire, qui ouvre droit à une indemnité de départ à la retraite et à un préavis. Les règles d'âge et de durée évoluent : fondez vos prévisions sur les textes en vigueur à la date de la décision.

Vocabulaire essentiel

TermeDéfinition
Âge légalÂge minimal d'ouverture du droit à pension, variable selon la génération
Durée d'assuranceNombre de trimestres validés, assimilés ou majorés
Taux pleinTaux de calcul maximal, acquis avec la durée requise ou à 67 ans
DécoteMinoration du taux quand des trimestres manquent
SurcoteMajoration de la pension pour les trimestres au-delà de la durée requise, après l'âge légal
SAMSalaire annuel moyen des meilleures années, plafonné
PointUnité de la retraite complémentaire, acquise par les cotisations
RéversionPension versée au conjoint survivant, simplement citée

Points clés à retenir

  1. La retraite d'un salarié comprend un régime de base et un régime complémentaire par points.
  2. L'âge légal et la durée requise dépendent de la génération ; ils sont suspendus jusqu'au 1er janvier 2028 pour les pensions à effet à compter du 1er septembre 2026.
  3. Le taux plein s'obtient avec la durée requise ou à 67 ans.
  4. À défaut, la pension est minorée par une décote ; au-delà, elle est majorée par une surcote.
  5. Les éléments de calcul de la base sont le SAM, le taux et la durée d'assurance.
  6. Le calcul complet de la pension est hors programme ; le cumul emploi-retraite aussi.
  7. Pas de mise à la retraite avant l'âge du taux plein automatique ; au-delà, interrogation écrite préalable.
  8. La retraite se demande ; elle n'est pas versée d'office.

Pièges fréquents

  1. Écrire « 64 ans pour la génération 1968 » : la suspension de 2026 fixe 63 ans et 9 mois pour 1968 ; 64 ans s'applique à partir de la génération 1969.
  2. Écrire « 172 trimestres dès 1965 » : 170 pour 1964 et janvier à mars 1965, 171 pour avril à décembre 1965, 172 à partir de 1966.
  3. Oublier que la suspension est temporaire (jusqu'au 1er janvier 2028).
  4. Confondre âge légal et âge du taux plein automatique (67 ans).
  5. Calculer une pension alors que le programme exige seulement d'identifier les éléments.
  6. Oublier les trimestres assimilés et les majorations dans le décompte.
  7. Traiter le cumul emploi-retraite : il est exclu.
  8. Assimiler départ volontaire et mise à la retraite : l'initiative, la procédure et l'indemnité diffèrent (cours 24).

Q&R pour le tuteur IA

Q : Quels sont les éléments de calcul de la pension de base ? R : Le salaire annuel moyen des meilleures années (dans la limite du plafond de la sécurité sociale), le taux (plein, minoré ou majoré) et la durée d'assurance rapportée à la durée requise. La pension annuelle est le produit SAM × taux × durée d'assurance ÷ durée requise.

Q : Quel est l'âge légal pour une personne née en 1967 ? R : 63 ans et 6 mois, avec 172 trimestres requis, selon la suspension de la réforme prévue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (pensions à effet à compter du 1er septembre 2026).

Q : Comment obtient-on le taux plein sans avoir tous ses trimestres ? R : En attendant l'âge du taux plein automatique, soit 67 ans.

Q : Qu'est-ce que la décote ? R : Une minoration du taux de la pension de base quand l'assuré part avant la durée d'assurance requise (et avant l'âge du taux plein automatique). Son taux est fourni par l'énoncé.

Q : Comment fonctionne la retraite complémentaire ? R : Par points : les cotisations de l'employeur et du salarié permettent d'acquérir des points, qui sont convertis à la liquidation en une pension annuelle égale au nombre de points multiplié par la valeur de service du point.

Q : Un employeur peut-il mettre à la retraite un salarié de 65 ans ? R : Non : il faut que le salarié ait atteint l'âge du taux plein automatique (67 ans) et que l'employeur l'ait interrogé par écrit sur son intention de partir. Sinon, la rupture est un licenciement (article L1237-8).

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